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La crainte d'une nouvelle épidémie en France : pourquoi l'hantavirus n'est-il pas comparable à la crise du Covid-19 ?

Alors qu'un cas d'hantavirus a été signalé en France ce lundi 11 mai, la peur d'une nouvelle épidémie sur le modèle du Covid-19 est dans toutes les têtes. Pathologie, transmission, risque de mortalité et éventualité de pandémie mondiale : RTL a sollicité plusieurs experts pour comparer les deux virus et, ainsi, trancher le débat.

Des passagers du MV Hondius en combinaison de protection à Ténérife (Espagne) pendant leur rapatriement dimanche 10 mai 2026.

Crédit : JORGE GUERRERO / AFP

La rédaction numérique de RTL

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La question est sur toutes les lèvres. Dans le sillon de l'affaire de l'hantavirus, ce virus qui s'est propagé à bord du bateau de croisière MV Hondius, des termes que l'on n'avait plus entendus depuis longtemps refont surface. Tests PCR, masques FFP2, incubation, cas contacts… De quoi rappeler de mauvais souvenirs, 6 ans jour pour jour après la levée du premier confinement, conséquence marquante de la pandémie du Covid-19.

Alors qu'un premier cas d'hantivirus a été détecté en France et que 22 cas contacts ont été signalés dans le pays, la peur de revivre une crise sanitaire peut être palpable. L'hantavirus est-il le nouveau Covid ? 

Deux virus bien différents sur le plan scientifique

Déjà, sur le plan scientifique, les deux virus sont totalement différents. "Ce n'est pas un virus respiratoire", rappelle l'infectiologue Karine Lacombe, invitée de RTL ce lundi 11 mai au matin. En effet, le mécanisme pathologique n'est pas le même : "Aujourd'hui, les personnes qui présentent des signes respiratoires, ce ne sont pas des pneumonies comme dans la Covid-19, c'est de l'œdème aigu pulmonaire", explique notre interlocutrice. En résumé, ce n'est pas la même maladie.

Le hantavirus présente néanmoins quelques points communs avec le virus du Covid-19 : les patients souffrent de symptômes semblables à un état grippal dès les premiers jours de contamination. "On a quelque chose qui ressemble à la grippe, c'est-à-dire de la fièvre, et c'est un signe qui est constant, des courbatures, des maux de tête, des douleurs musculaires, des douleurs abdominales, de la diarrhée, parfois des vomissements", éclaire le médecin Jimmy Mohamed à l'antenne. 

Plus mortel, moins transmissible

Mais ensuite, les choses se compliquent dans le cas de l'hantavirus. Toux, essoufflement, cœur qui bat vite, baisse de la tension… Et cela peut aboutir à un décès "dans les 6 à 7 jours qui suivent le début des symptômes", fait savoir notre chroniqueur. Avec un taux de mortalité entre 30 et 40%, voire 50%, on considère cette maladie comme une infection grave. C'est bien plus que pour le Covid-19.

"On fait face à une maladie beaucoup plus grave et bruyante, car plus mortelle, que le Covid", synthétise Antoine Flahault, interrogé par notre rédaction pour un précédent article. Avant d'ajouter : "Mais l'hantavirus est nettement moins transmissible."

En effet, si, dans le cas de la souche des Andes, l'hantavirus se transmet entre humains par l'air, il faut avoir des contacts "répétés et rapprochés", explique Jimmy Mohamed sur RTL. Bien plus que dans le cas du Covid. Par exemple, si vous dormez dans le même lit qu'une personne qui est contaminée, vous allez tomber malade. Si vous croisez quelqu'un dans la rue, vous êtes plus loin de la personne contaminée, les chances sont alors beaucoup plus faibles. 

Vers une nouvelle pandémie ? Les spécialistes se veulent rassurants

S'il n'y a jamais de certitudes en sciences, Karine Lacombe se veut rassurante : "À la différence du Covid, on connaît depuis très longtemps ce type de virus (…) on n'est pas en terrain inconnu comme on l'était en 2020", résume l'infectiologue, précisant que les spécialistes améliorent cependant toujours leurs connaissances à son sujet. 
 
Contacté par RTL.fr, Antonin Bal, directeur adjoint du CNR Virus Respiratoires des Hospices Civils de Lyon, abonde : "Il n'y a pas de risque de pandémie pour le hantavirus puisque la probabilité de transmission interhumaine reste limitée".

On laissera le mot de la fin à Tedros Adhanom Ghebreyesus, le directeur général de l'OMS, dont la parole fait évidemment particulièrement foi sur ce sujet. "Je sais que vous êtes inquiets… La douleur de 2020 est encore bien réelle, et je ne la minimise pas un seul instant. Mais je dois vous le dire clairement : il ne s’agit pas d’un nouveau Covid", peut-on lire dans un communiqué publié le 9 mai.

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