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L'absence de climatisation "est une perte de chance pour les patients" : chef des urgences d'un hôpital en Seine-Saint-Denis, Mathias Wargon fustige sur RTL un manque d'adaptation

Alors que 54 départements sont placés en vigilance rouge, la question de la climatisation s'invite aussi dans les hôpitaux. Invité de RTL, ce mardi, le chef des urgences de l'hôpital Delafontaine juge que l'absence de climatisation pénalise directement la prise en charge des patients.

Mathias Wargon, chef du service des urgences du centre hospitalier Delafontaine en Seine-Saint-Denis et directeur de l'Observatoire régional des soins non programmés d'Île-de-France, dans RTL Matin le 23 juin 2026.

Crédit : RTL

L'absence de climatisation "est une perte de chance pour les patients" : chef des urgences d'un hôpital en Seine-Saint-Denis, Mathias Wargon fustige sur RTL un manque d'adaptation

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L'absence de climatisation "est une perte de chance pour les patients" : chef des urgences d'un hôpital en Seine-Saint-Denis, Mathias Wargon fustige sur RTL un manque d'adaptation

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Thomas Sotto & Jérémy Descours

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En pleine canicule, la question de la climatisation s'impose comme l'un des débats du moment, y compris dans les hôpitaux. Invité de RTL ce mardi 23 juin, Mathias Wargon, chef des urgences de l'hôpital Delafontaine en Seine-Saint-Denis, estime que l'absence de climatisation dans de nombreux établissements constitue "une perte de chance pour les patients".

Le médecin rappelle qu'en cas de coup de chaleur, "le seul traitement qui marche, c'est se refroidir". Faute d'équipements adaptés, les soignants doivent parfois recourir à des solutions de fortune, "comme les glaçons devant un ventilateur". Pour lui, le manque de climatisation ne relève donc pas seulement de l'inconfort. "Quand vous arrivez aux urgences et que vous avez un coup de chaleur, le seul traitement qui marche, c'est se refroidir. Donc si on ne peut pas vous refroidir (...), c'est une perte de chance." 

Selon lui, beaucoup d'établissements ne sont pas équipés, pour des raisons à la fois techniques, sanitaires et budgétaires. "C'est une question essentiellement d'argent", insiste-t-il, alors que les hôpitaux doivent parfois acheter ventilateurs et clims mobiles dans des structures "déjà fortement" endettées.

"On s'attend à ce que l'activité augmente"

À ce stade, le chef des urgences assure que la situation reste encore maîtrisée dans son établissement. "Pour l'instant, ça ne se passe pas si mal. Il fait très chaud aux urgences, mais ça ne se passe pas si mal", explique-t-il. 

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Mais il prévient : "On s'attend à ce que l'activité augmente les jours prochains". Il dit déjà observer "un peu plus de malaise, un peu plus de déshydratation", tandis que "l'activité des SAMU" est "bien plus importante que d'habitude".

Son principal sujet d'inquiétude reste "l'aval des urgences", c'est-à-dire la capacité à hospitaliser les patients après leur prise en charge. "On s'attend à ce qu'il y ait plus de monde qui vienne, plus de personnes âgées", souligne-t-il. Il décrit aussi des équipes qui continuent à travailler "malgré les tensions, malgré la chaleur, malgré certains arrêts de travail".

Des effets redoutés dans les prochains jours

Mathias Wargon redoute surtout les conséquences différées de la vague de chaleur. "Plus de malades et probablement plus de morts, et probablement à partir des jours qui viennent. C'est toujours décalé", affirme-t-il. 

Il rappelle que les fortes chaleurs ne provoquent pas seulement des déshydratations ou des coups de chaleur, mais aggravent aussi d'autres pathologies : "Les maladies cardiovasculaires augmentent. Les effets des médicaments aussi".

Une inégalité sociale face à la canicule

Le chef des urgences souligne aussi une inégalité sociale face à la canicule, particulièrement visible en Seine-Saint-Denis. "Moins vous avez d'air conditionné, plus c'est compliqué", résume-t-il. Et d'ajouter : "Les populations qui vivent à Saint-Denis n'ont pas les moyens d'aller dormir à l'hôtel ou de se faire installer la clim". Son constat est sans détour : "Plus on est pauvre, plus on a de problèmes".

Il note toutefois que la situation n'est pas comparable à celle de la canicule de 2003. "On ne peut pas dire qu'on se retrouve en 2003", estime-t-il, en rappelant les dispositifs désormais en place dans les Ehpad, les mairies et pour le suivi des personnes isolées. 

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