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Canicule : sans le changement climatique, les températures auraient été 2 à 4ºC plus fraiches

Selon une étude du CNRS publiée ce lundi 22 juin, le changement climatique a ajouté jusqu'à 4°C aux températures dans certaines régions d'Europe occidentale.

Une vague de canicule historique s'installe en France

Crédit : AFP

La rédaction numérique de RTL & AFP

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La vague de chaleur caniculaire qui frappe la France et une partie de l'Europe depuis plusieurs jours est "fortement aggravée par le changement climatique d'origine humaine", sans lequel les températures subies actuellement auraient été 2 à 4ºC plus fraîches, indique ce lundi 22 juin une étude scientifique. 

"Le schéma météorologique à l'origine de cette canicule n'a rien d'extraordinaire. Ce qui est extraordinaire, c'est que le changement climatique a ajouté jusqu'à 4°C aux températures dans certaines régions d'Europe occidentale", estime Davide Faranda, directeur de recherche CNRS en sciences du climat, à l'origine de la création de Climameter, outil de mesure de l'impact du réchauffement climatique. 

Fondé sur une méthodologie plus simple que les études de référence du World Weather Attribution (WWA), Climameter se fonde sur des données d'observation historiques comparées à celles d'aujourd'hui, plutôt qu'à des modèles climatiques de simulation, et a recours à l'intelligence artificielle pour obtenir des rapports d'attribution plus rapides. 

"Des niveaux records"

Les études d'attribution consistent généralement à mesurer le degré d'influence du changement climatique sur un événement météorologique extrême. 

Les analyses démontrent que le schéma de circulation atmosphérique à l'origine de la canicule en cours - zone de hautes pressions et remontée d'air chaud en provenance du sud - est un phénomène météorologique qui s'est déjà produit "à plusieurs reprises au cours des dernières décennies". Mais avec une planète déjà réchauffée d'environ 1,4°C par les émissions de gaz à effet de serre liées aux activités humaines, cela fait "basculer l'événement dans des niveaux records", indique l'étude. 

Ainsi, l'analyse pour la journée du 22 juin indique que les températures associées à ce schéma de circulation sont supérieures d'environ 2 à 4°C à ce qu'elles auraient été dans des conditions météorologiques identiques durant la seconde moitié du XXe siècle, est-il expliqué. À Paris par exemple, sans réchauffement climatique, "cette canicule aurait été plus fraîche de 2,4°C".  

Des apparitions de plus en plus précoce qui "dépassent parfois" les projections

"Les modèles climatiques prévoyaient une augmentation de la fréquence et de l'intensité des vagues de chaleur, mais leur apparition de plus en plus précoce dans l'année dépasse parfois nos projections", note Mathieu Vrac, climatologue au CNRS, cité dans le communiqué présentant l'étude. 

"La gravité des vagues de chaleur ne s'accroît pas de manière linéaire à mesure que le climat se réchauffe: elle s'accélère", ajoute l'étude. 

"Les caractéristiques des futures canicules continueront de s'intensifier à chaque nouvelle hausse de la température mondiale", explique Valérie Masson-Delmotte, climatologue à l'Institut Pierre-Simon Laplace, citée dans le communiqué 

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