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Cancers, diabète : ces conservateurs alimentaires sont soupçonnés de faciliter l'apparition de pathologies

Deux études déterminent que certains additifs, très présents dans les aliments industriels, sont associés à un plus grand risque de maladies, comme le cancer ou le diabète.

Dans un rayon de supermarché (photo illustration).

Crédit : FRED DUFOUR / AFP

AFP - édité par Laurène Rocheteau

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Deux importantes études françaises montrent que certains additifs, souvent très présents dans les aliments industriels, sont associés à un plus grand risque de cancers et de diabète. Depuis des années, des conservateurs comme les sulfites, les nitrites ou encore les sorbates étaient soupçonnés de favoriser l'apparition de certaines pathologies.

"Ces résultats pourraient avoir des implications importantes en matière de santé publique, au vu de l'omniprésence des conservateurs dans une large gamme d'aliments et de boissons", conclut l'une des études, publiée dans Nature Communications, qui se concentre sur le risque de diabète.


Les deux études ont été menées auprès d'un panel de plus de 100.000 personnes, qui ont été suivies pendant plusieurs années avec des questionnaires très réguliers sur leur alimentation ainsi que des données précises sur la composition des produits consommés. Elles concluent que la consommation de plusieurs conservateurs est associée à une plus grande fréquence de cancers. L'association la plus forte concerne le nitrite de sodium (E250) et le cancer de la prostate, dont le risque est augmenté d'environ un tiers.

Pas de mécanisme direct de cause à effet

Les risques associés aux conservateurs apparaissent parfois plus marqués pour le diabète par rapport au cancer.  Ainsi, la consommation régulière de sorbate de potassium (E202) est associée à une fréquence deux fois plus élevée de diabète. Malgré ces résultats, ces études ne permettent pas de mettre en lumière un mécanisme direct de cause à effet entre ces problèmes de santé et la consommation des additifs concernés.

Les sulfites, l'un des additifs mis en cause dans cette étude, sont par exemple présents dans les boissons alcoolisées. Dans un commentaire publié auprès de l'une des revues où sont parues les études, des chercheurs extérieurs soulignent ainsi qu'il est difficile de faire la part des choses entre l'effet de ces conservateurs et celui de l'alcool lui-même.

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"Ce n'est pas parce qu'on va consommer des produits avec des conservateurs qu'on va avoir tout de suite un cancer, mais il faut limiter la fréquence de l'exposition à ces produits", estime quant à elle Mathilde Touvier, l'épidémiologiste qui a supervisé ces deux études. "Le message pour le grand public, c'est, face à un rayon de supermarché, de privilégier les aliments les moins transformés."

Mais les chercheurs notent que l'emploi de ces additifs est "très fréquent et souvent mal évalué", ce qui rend leurs effets à long terme "incertains". Les deux études en question ont été réalisées par la même équipe de l'Inserm s'inscrivent dans un contexte où les risques sanitaires de nombreux aliments industriels sont de mieux en mieux documentés. Mais leur régulation fait encore l'objet de divergences politiques, puisque la publication d'un plan stratégique sur l'alimentation et le climat a, en France, été bloquée à la dernière minute à l'automne, en raison de désaccords gouvernementaux sur les risques représentés par les aliments ultratransformés. En comparaison, le Royaume-Uni vient d'interdire en journée les publicités télévisées pour certains aliments industriels.

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