3 min de lecture Travail dominical

Travail le dimanche : "Anne et Martine, même combat", dit Alba Ventura

REPLAY / ÉDITO - Anne Hidalgo et Martine Aubry font de la résistance contre le travail dominical : l'une pour défendre la capitale, l'autre contre ce qu'elle considère comme une dérive libérale.

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Travail le dimanche : "Anne et Martine, même combat", dit Alba Ventura Crédit Image : Alba Ventura | Crédit Média : RTL | Date :
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Alba Ventura Journaliste RTL

Après Anne Hidalgo, c'est au tour de Martine Aubry de déclarer la guerre à la loi Macron. Les maires de Paris et de Lille refusent l'idée d'un assouplissement du travail le dimanche, avec des mots particulièrement durs.

Le PS contre le PS

Martine Aubry parle de "régression". On croirait entendre Jean-Luc Mélenchon. Quand on dit "régression", quand on est de gauche, c'est plus souvent une attaque que l'on porte à la droite, à Nicolas Sarkozy ou au Medef. Là, c'est le PS contre le PS. En clair, Martine Aubry accuse François Hollande, Manuel Valls et Emmanuel Macron de vouloir en finir avec les acquis sociaux.


Ce n'est guère mieux du côté d'Anne Hidalgo. Elle parle d'"hystérie collective" sur le travail le dimanche. Elle les traite de fous

La résistance des dames de pique du PS s'organise

Alba Ventura
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L'une comme l'autre, n'ont pas l'intention de baisser les armes face au gouvernement. Même si elles ne sont pas députées, même si elles ne pourront pas elles-mêmes attaquer le texte au Parlement, inutile de vous dire qu'elles vont y envoyer quelques messagers, au premier rang desquels le "frondeur" Jean-Marc Germain, époux d'Anne Hidalgo et ancien collaborateur de Martine Aubry.

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Deux frondeuses

La loi sur le travail le dimanche, ce n'est franchement pas une "révolution. Ce n'est pas ce qui va changer radicalement la vie des Français. Jusque-là, on pouvait travailler cinq dimanches. Désormais, ce sera jusqu'à douze maximum. On n'est quand même pas en train de remettre en cause le modèle social français. 

Ce n'est pas une loi dangereusement libérale. D'autant qu'il y a des salariés qui sont d'accord. Les faits sont là : il y a 8 millions de Français qui travaillent déjà le dimanche. C'est beaucoup.
 
Maintenant si les Français ne veulent pas consommer le dimanche, ils n'iront pas dans les magasins. S'ils ne vont pas dans les magasins, ceux-ci reverront leur ouverture le dimanche. 

D'un côté, les partisans du travail le dimanche ne peuvent pas garantir que cela créera des emplois, ou en tout cas que cela fera reculer le chômage à grand pas. De l'autre, ceux qui s'y opposent ne peuvent pas dire qu'on va basculer dans la surconsommation alors qu'on y est déjà. 

Soyons un peu honnête : la loi Macron permet juste d'ouvrir une possibilité. Elle permet d'ajuster une situation qui existe, et sur laquelle bien des politiques ont échoué. 

Deux "frondeuses"

Ce n'est pas tout à fait le même combat qui se joue pour Anne Hidalgo et Martine Aubry. La première joue Paris contre l'État. C'est : "Moi je suis Maire de Paris, et vous ne ferez rien sans moi, il faut me consulter d'abord !"

Elle s'affirme donc sur le travail le dimanche, parce qu'elle sait que le gouvernement va tenter de la contourner. Elle décide toute seule qu'elle va interdire le diesel. Elle refuse de se laisser imposer les Jeux Olympiques par François Hollande. Anne Hidalgo est dans une revendication presque territoriale, sur le mode "ici c'est chez moi !"

Martine Aubry n'a toujours pas digéré que François Hollande l'emporte en 2012

Alba Ventura
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Pour Martine Aubry, c'est un peu différent. Bien sûr, elle joue sa ville de Lille. Mais quand elle monte au créneau sur l'encadrement des loyers ou le travail du dimanche, c'est aussi  pour contredire François Hollande au niveau national.

Elle rejoue toujours un peu la primaire socialiste. Elle n'a pas digéré que le chef de l'État l'emporte. En plus, elle pense qu'il n'est pas de gauche. 

Il y a désormais deux "frondeuses" : une "frondeuse" qui joue son pouvoir local et une "frondeuse" nationale.

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