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Gabriel Attal, Édouard Philippe, Gérald Darmanin, Élisabeth Borne et Bruno Retailleau
Crédit : AFP
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Cette fois, Gérald Darmanin fixe même une date butoir ! "Il faut absolument un seul candidat à l'été", a plaidé le garde des Sceaux ce mercredi 4 février sur RTL, s’inquiétant de la multiplication mortifère des ambitions au sein du bloc central. En privé, le ministre de la Justice va encore plus loin : "Si on est plusieurs candidats, on ne sera même pas l’opposition en 2027. L’opposition, ce sera Jean-Luc Mélenchon", prévient-il.
Il n’est pas le seul à s’en inquiéter. De Renaissance aux Républicains. Les ministres Maud Brégeon, Amélie de Montchalin ; le président du Sénat, Gérard Larcher... Tous ont récemment tiré la sonnette d’alarme. "À l’été, si on a encore cinq, six, sept, candidats en l’air, on sera vraiment ridicule", pousse un poids lourd du gouvernement.
Mais comment les départager ? Gérald Darmanin, même s’il est aujourd’hui moins tranché, plaide depuis longtemps pour une primaire de la droite et du centre. Comme la ministre Aurore Bergé, qui nourrit elle aussi des ambitions. "Ceux qui veulent la primaire sont ceux qui n’ont aucune chance et qui veulent exister", tacle en coulisses un prétendant, pas vraiment emballé.
"Déjà, il faudrait a minima que tout le monde se parle", note auprès de RTL l’ancienne Première ministre Élisabeth Borne, elle aussi partisane d’une candidature unique. Conviction partagée par le président du Sénat, Gérard Larcher qui depuis plusieurs mois tente de jouer les médiateurs. "Larcher, c’est l’un des rares à pouvoir parler à tout le monde", note un ténor du bloc central. Selon nos informations, il doit réunir prochainement à sa table Édouard Philippe (Horizons), Gabriel Attal (Renaissance), Bruno Retailleau (Les Républicains) François Bayrou (MoDem) et Hervé Marseille (UDI), comme il l’a déjà fait à deux reprises.
Mais qui pourrait participer à une éventuelle primaire ? Selon les interlocuteurs, la définition varie. Quand il parle de candidat unique, Gérald Darmanin l’imagine de Gabriel Attal à Bruno Retailleau. Or, hors de question pour le patron des LR de faire bannière commune avec Gabriel Attal. Et inversement. Quant à Laurent Wauquiez, lui, c’est jusqu’à l’eurodéputée Reconquête, Sarah Knafo qu’il imagine cette primaire. "Avant de parler de candidature unique, il faudrait commencer par se mettre d’accord sur une base commune, au moins des grandes thématiques, note un parlementaire. Pas certain que la vision de l’Europe de Sarah Knafo soit celle de Xavier Bertrand voir même de Laurent Wauquiez".
Autre difficulté majeure : embarquer Gabriel Attal et Édouard Philippe, qui disposent déjà des structures et des financements pour mener campagne. Tous deux parient sur une forme de sélection naturelle, avec le temps. "Ça va se décanter à l’automne. On commencera alors à avoir une idée de qui peut accéder au second tour et, surtout, de qui peut gagner", estime l’eurodéputé Horizons, Gilles Boyer, proche d’Édouard Philippe, pour qui "la pression sera très forte pour éviter un duel LFI/RN". "Un principe de responsabilité va s’appliquer s’il y a un risque ", veut-il croire.
Un principe de survie aussi. Ils sont nombreux à anticiper que celui qui provoquerait un second tour entre l’extrême gauche et l’extrême droite serait disqualifié à vie. Une fois n’est pas coutume, Gabriel Attal et Édouard Philippe sont sur la même longueur d’ondes ou presque. "Ce n’est pas un drame qu’il y ait plusieurs candidats pendant un moment. Il y aura des moments de responsabilité. Mais il n’y a pas d’urgence", jauge le secrétaire général de Renaissance, en petit comité.
"Tout cela est très bancal", regrette un acteur des discussions. "Quand vous regardez le calendrier. Ils n’auront pas fini… que la présidentielle sera déjà passée".
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