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"Sébastien Lecornu avance par phase de trois mois" : ce qui attend le Premier ministre dans les semaines à venir

L'épineux dossier du budget étant maintenant passé, Sébastien Lecornu se projette sur les mois à venir, marqués par les élections municipales et l'arrivée de textes urgents sur les pupitres des parlementaires.

Sébastien Lecornu, à Rosny-sous-Bois le 23 janvier 2026

Crédit : Thomas SAMSON / AFP

Marie-Pierre Haddad

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"Passer à autre chose". Voici l'état d'esprit qui anime Sébastien Lecornu. L'épisode houleux du budget a laissé des séquelles. Selon un baromètre Elabe pour Les Échos du 5 février, la cote de popularité du Premier ministre a baissé de trois points, pour atteindre 21%.

"Il paie le prix du compromis sur le budget", analyse Bernard Sananès, président d'Elabe cité par le journal. "Il y a eu trop de compromis et cela devient un reproche, une critique du budget et d'une absence de ligne".

C'est pourquoi Sébastien Lecornu souhaite tourner la page et vite. Selon un parlementaire, le chef du gouvernement a passé le cap le plus délicat de son mandat. "Maintenant que le budget est passé et qu'il va y avoir les élections municipales, la menace de la dissolution prend le large et le Premier ministre devrait se maintenir", prédit-il. "Sébastien Lecornu avance par phase de trois mois. Donc après les municipales, de mars à juin, il entamera une nouvelle séquence", décrypte-t-il.

Un remaniement pour tourner la page du budget

Et rien de tel que les bonnes vieilles recettes de la Ve République avec un remaniement, même de faible ampleur. En effet, les ministres candidats aux élections municipales devraient quitter leurs fonctions à l'approche du premier tour du scrutin. À cette occasion, le chef du gouvernement pourrait effectuer d'autres changements afin de marquer davantage son style et les engagements politiques des mois à venir. 

Reste la question de 2027. Depuis sa nomination à Matignon, Sébastien Lecornu a dénoncé les ambitions présidentielles de chacun, et a assuré qu'elles n'étaient pas compatibles avec une intégration dans son gouvernement. Mais qu'en est-il de Gérald Darmanin, ministre de la Justice ? Ce dernier ne se prive pas pour donner son analyse sur la multiplication des candidats à droite.

De même pour Aurore Bergé, ministre déléguée en charge de l'Égalité entre les femmes et les hommes, dont l'envie présidentielle n'est pas un secret. Mais le Premier ministre peut-il se priver de deux membres du gouvernement identifiés dans l'opinion publique ?

Préparer l'après-municipales

Afin de préparer au mieux cette nouvelle phase, l'entourage de Sébatien Lecornu assure que les mois à venir seront consacrés aux thématiques de l'agriculture, de la fin de vie, de la décentralisation mais aussi de la souveraineté et de l'énergie. Vendredi 6 février, le Premier ministre a reçu à Matignon les filières des énergies renouvelables et nucléaire, en amont de la possible publication ces prochains jours de la très attendue feuille de route énergétique de la France sur dix ans. 

Attendue depuis deux ans et demi, la sortie de ce document stratégique a été retardée en raison de divisions politiques sur le partage entre nucléaire et renouvelables, mais il devrait être dévoilé dans les prochains "jours". Roland Lescure avait mis en avant mardi le besoin d'"investissements majeurs dans le nucléaire", avec la construction de "six nouveaux réacteurs" et dans l'éolien marin, mais avec "sans doute moins qu'initialement prévu" d'électricité solaire et éolienne terrestre. Sébastien Lecornu avait confirmé le même jour qu'il n'y aurait cependant "pas de moratoire sur le renouvelable". 

Les "cinq ou six dossiers", ciblés par le chef du gouvernement, prendront la forme de textes de loi comme la publication de la programmation pluriannuelle de l’énergie, la loi de programmation militaire, un projet de loi sur l’agriculture et la réforme du système judiciaire. Des textes jugés "urgents". Mais la vision de Sébastien Lecornu pourrait être percutée par le calendrier parlementaire. Le Parlement effectuera une pause de plusieurs semaines en mars en raison des élections municipales. Ensuite, comme pour le budget, Sébastien Lecornu s'attèlera à trouver des compromis, point par point, texte par texte. 

Quant aux négociations à venir, le style Lecornu est désormais connu : "C’est quelqu’un qui fait des négociations cachées et pas transparentes. C'est sa façon de faire...", évoque un ancien ministre. 

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