2 min de lecture Réforme des retraites

Retraites : le risque d'une réforme "perdant-perdant" pour tous, estime Bost

Le projet de loi sur la réforme retraites est présenté ce vendredi 24 janvier en Conseil des ministres. Après des semaines de mobilisation et d'opposition à celle-ci, le bilan risque d'être lourd.

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Retraites : "Une réforme perdant-perdant sur tous les plans", estime Bost Crédit Image : Thomas SAMSON / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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Olivier Bost
édité par Venantia Petillault

Cette réforme des retraites était à l'origine du "gagnant-gagnant" pour le gouvernement mais aussi pour les syndicats réformistes. De l'égalité d'une part et de la rigueur budgétaire d'autre part.

À la place de cela, tout s'est transformé en combat dès les premiers instants. L'un des amis d'Emmanuel Macron lui avait donné ce conseil : "plutôt que de faire de la boxe avec les partenaires sociaux, ce serait mieux que tu fasses du judo". Résultat des courses : il y a un très fort risque que tout cela se termine en "perdant-perdant" pour tout le monde et sur toute la ligne. 

Pour les syndicats réformistes, l'universalité du système est devenue pour eux illisible. Sa portée sociale réelle a été obstruée par des doutes qui persistent dans l'opinion. La CFDT et l'Unsa n'ont obtenu qu'un délai pour reparler de la question de l'âge de départ à la retraite. Sur la pénibilité, il n'y a pour l'instant, pas grand chose. 

Aucun syndicat n'en sortira renforcé

Puis, les syndicats contestataires comme la CGT et FO, se sont enfermés dans leur demande de retrait pur de la réforme. Ils ne l'auront jamais et ne tirent aucun gain de cette bataille. Leur base ultra politisée est dans un autre combat : aucun syndicat ne sortira renforcé de ces moments. 

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Le gouvernement, lui, a rendu incompréhensible sa réforme. C'est la réforme du ni-ni : ni satisfaisant pour ceux qui sont de sensibilité de gauche, ni pour ceux qui sont de sensibilité de droite. 

L'étude d'impact publiée ce vendredi 24 janvier va également rajouter quelques doutes. Les parlementaires vont, eux aussi, en tirer quelque chose : ils ont été jusqu'ici superbement ignorés. Même les députés de la majorité regrettent ouvertement de ne jamais avoir eu de simulation financière. Et ils n'auront, d'ailleurs, rien à dire sur le financement de l'ensemble. 

Une victoire du camp de l'amertume

Sur le plan politique, cette réforme des retraites n'aura même pas permis aux oppositions de se refaire une santé. Ils ne sont pas arrivés à enfoncer le gouvernement, qui l'a très bien fait tout seul. 

La violence s'est un peu plus installée. L'État, l'autorité et l'image de la police en sont affaiblis ou dégradés. La violence est devenue le seul moyen d'obtenir des choses. Ce "perdant-perdant", sur tous les plans, n'alimentera en fait que les amertumes. Le camp de l'amertume, politiquement, est lui le seul qui soit bien identifié. 

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