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Régionales 2021, présidentielle 2022 : le front républicain existe-t-il toujours ?

DÉCRYPTAGE - Selon un sondage Harris Interactive pour Commstrat, Emmanuel Macron l'emporterait au second tour en 2022 avec seulement 53% des voix, contre 47% pour Marine Le Pen. Un score plus serré qu'en 2017.

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Régionales 2021, présidentielle 2022 : le front républicain existe-t-il toujours ? Crédit Image : Christophe ARCHAMBAULT / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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Jacques Serais édité par Marie-Pierre Haddad

Le front républicain existe-t-il toujours pour faire barrage au Rassemblement national ? Un sondage Harris Interactive pour Commstrat, publié par L'Opinion, a fait beaucoup de bruit cette semaine. Il pronostique pour le second tour de l'élection présidentielle de 2022, une victoire d'Emmanuel Macron à seulement 53% des voix, contre 47% pour Marine Le Pen. Ce serait beaucoup plus serré qu'en 2017.

L'explication est simple : les électeurs de gauche et de droite refuseraient de reporter leur vote sur l'actuel président pour faire barrage au RN. Un sondage qui se constate sur le terrain. Direction Meaux, en Seine-et-Marne. Cette ville de 55.000 habitants avait voté pour Emmanuel Macron, lors du second tour de 2017 à 68%.

Mais aujourd'hui, si pour certains laisser le Rassemblement national accéder aux pouvoir est toujours une limite infranchissable, d'autres avouent avoir changé d'avis avec le temps. Corinne, 55 ans qui se dit écologiste : "Je me questionne. Je ne suis pas sûre que je voterai Macron pour faire barrage à Le Pen. C'est un ras-le-bol de la politique".

Des électeurs déçus de la politique

Une forme de résignation que partage également Louna. Si son candidat Jean Luc-Mélenchon n'est pas au second tour, elle ne se déplacera pas. "S'ils veulent absolument Marine Le Pen et bien ils verront ce que ça donne. Ma position, c'est que je n'irai pas voter et qu'ils se débrouillent", affirme-t-elle.

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Des propos qui illustrent parfaitement ce sondage. Les électeurs de Jean-Luc Mélenchon sont désormais divisés. À la dernière présidentielle, 52% avaient voté Macron. Aujourd'hui, ils sont 52% a indiqué leur intention de s'abstenir ou voter blanc en cas de duel Macron-Le Pen. Une petite musique souvent entendue auprès des habitants de Meaux.

Ces électeurs de gauche et de droite sont déçus de la politique et ne voient désormais plus l'extrême droite comme un danger pour la démocratie.

Quid du front républicain pour les régionales ?

Avant 2022, la question du front républicain va se poser pour les élections régionales et départementales de juin 2021. Si on entend bien que le front républicain n'est plus si clair chez électeurs, du côté des états-majors des différents partis, la questions divise aussi.

Surtout dans les rangs de La République En Marche qui est loin de partir favori pour ces élections : troisième dans les sondages et donc potentiellement à la place du faiseur de roi. Dans de nombreuses régions, au second tour, la question devrait inévitablement se poser pour le parti présidentiel. Soutenir ou pas, un candidat des Républicains, du PS ou des Verts face à une liste Rassemblement national.

En région Paca ou Île-de-France, la question semble plus ou moins tranchée. En Marche devrait soutenir au second tour les candidats de droite dite modérée Renaud Muselier ou Valérie Pécresse. Mais "c'est beaucoup moins clair pour deux autres régions", confesse un conseiller du parti. 

"Pas de règle automatique" chez LaREM ?

Le dilemme se pose pour l'Auvergne-Rhône-Alpes et le candidat Laurent Wauquiez tenant du droite dure, pas sur la ligne macroniste.

L'autre sujet de crispation est aussi au Nord, dans les Hauts-de-France avec Xavier Bertrand. En Marche pourrait être tenté de freiner les ardeurs de l'actuel président de région qui lorgne sur l'Élysée en se maintenant au second tour. Comme la gauche part unie dans cette région, tous ces facteurs réunis pourraient créer un boulevard pour l'extrême droite. Le front républicains serait alors un lointain souvenir. 

La semaine dernière, une petite phrase du patron des marcheurs Stanislas Guérini dans le JDD a semé le trouble. "Pas de règle automatique", disait-il. Du cas par cas donc. Les marcheurs seraient alors bien loin de la règle qui prévalait aux dernières municipales, à savoir tout faire pour empêcher le RN. Aujourd'hui, Roland Lescure, l'un des porte-parole du parti tempère. "Ce qui me gêne dans ce débat, c'est qu'on vende la peau de l'ours avant même qu'il ait commencé à courir. On est focalisé sur le premier tour. Les décisions prises pour le second tour se feront dans le respect du front républicain", a-t-il dit. Il est urgent d'attendre. En Marche ne veut pas donner l'impression de partir perdant.

Les consignes, ça n'a aucun poids

Jean-Luc Mélenchon
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Du côté de la gauche, au Parti socialiste il n'y a aucune ambiguïté, le front républicain avant tout. En revanche, chez les électeurs insoumis c'est beaucoup moins clair. Jean-Luc Mélenchon le sait. Comme pour la dernière présidentielle, il ne devrait pas donner de consigne de vote pour ces régionales. D'ailleurs il prépare les esprits : "Les consignes, ça n'a aucun poids", a-t-il déjà prévenu.

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