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Référendum en Nouvelle-Calédonie : "Il n’y a ni perdant, ni gagnant", selon Alba Ventura

ÉDITO - La Nouvelle-Calédonie, territoire stratégique aux importantes réserves de nickel, a choisi dimanche de rester dans le giron français avec 56,4% des voix lors d'un scrutin historique.

Nouvelle-Calédonie : les habitants votaient dimanche 4 novembre 2018  lors d'un référendum d'autodétermination
Nouvelle-Calédonie : les habitants votaient dimanche 4 novembre 2018 lors d'un référendum d'autodétermination
Crédit : Blondet Eliot Pool/SIPA
Référendum en Nouvelle-Calédonie : "Il n'y a ni perdant, ni gagnant", selon Alba Ventura
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Référendum en Nouvelle-Calédonie : "Il n'y a ni perdant, ni gagnant", selon Alba Ventura
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Alba Ventura & Marie-Pierre Haddad

En Nouvelle-Calédonie, c'est donc le "non" à l'indépendance qui l'a emporté, dimanche 4 novembre. Un "non" qui recueille 56,4% des voix, contre 43,6% pour les partisans de l'indépendance. Emmanuel Macron a immédiatement dit "sa fierté de voir la majorité des Calédoniens choisir la France". Il a raison d'être fier ? 

La fierté, elle vient surtout du processus démocratique en Nouvelle Calédonie, c’est-à-dire qu’il faut se rappeler d’où l’on vient. Il faut se rappeler qu’en Nouvelle-Calédonie c’était la guerre civile.

Ceux qui ont vécu les violences des années 80, les affrontements, l’assaut dans la grotte d’Ouvéa, les morts, n’imaginaient pas à l’époque de ces tensions, que l’on pouvait en arriver là, après 30 ans de dialogue, de concertation, de calme. Trente ans de discussions, pendant lesquels on a mis autour de la table les représentants de l’État, de l’Église, de la franc-maçonnerie, dans le but d’accompagner les Kanaks et les Caldoches à vivre ensemble.

Un contexte pacifié

C’est ça qui est à saluer aujourd’hui : la fierté. Elle vient du fait que ce référendum ait pu se dérouler dans un contexte pacifié, dans un processus long. Tout le monde peut être fier d’y avoir participé. Et tout le monde peut être fier de la méthode initiée par Michel Rocard, parce que la réussite de ce processus démocratique s’est fondée sur plusieurs étapes, lancées d’abord au moment des accords de Matignon en 88 (Michel Rocard et Christian Blanc). Puis les accords de Nouméa 10 ans plus tard, c’était sous Jacques Chirac, Lionel Jospin était à la manœuvre.

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Jusqu’au référendum d’hier, donc 20 ans après, avec toujours à l’esprit la méthode Rocard et le souci d’avancer dans la paix. Mais, ce n'est pas pour autant la fin de l'histoire ? Non, parce que ce référendum ne clôt pas le processus dans les futures étapes. Il y a deux autres référendums prévus dans les 4 ans à venir et les Indépendantistes vont peser de tout leur poids pour qu'ils soient organisés. Ce qui veut dire qu’il y a encore des discussions à avoir, il y a encore des compromis à faire. 

Il va falloir continuer à discuter d’égalité, de solidarité, d’autonomie

Alba Ventura

D’ailleurs, le résultat du référendum d’hier dit nettement que le travail doit se poursuivre. Le "oui" à l’indépendance a fait bien plus que ce qui était attendu. Les partisans du "non" (qui l’ont emporté) étaient plus déçus que ceux du "oui". Et puis vous avez vu le taux de participation ? Il parle tout seul : plus de 80% des calédoniens se sont rendus aux urnes. Ça aussi c’est une fierté mais ce que dit ce taux de participation massif, c’est que chacun, dans chaque camp a voulu faire valoir son opinion, son histoire, son identité.

En réalité, il n’y a ni perdant, ni gagnant. Il y a des gens qui construisent leur réconciliation et qui construisent aussi leur développement. Ça veut dire qu’il va falloir continuer à discuter d’égalité, de solidarité, d’autonomie. Ça veut dire qu’après le référendum d'hier, plus équilibré que prévu, il va falloir poursuivre dans un dialogue toujours apaisé, parce que, personne n'a envie de revivre les horreurs d’il y a 30 ans. Ça veut dire que l'histoire n'est pas finie.

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