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Rachat des RTT : 16 personnalités dénoncent "le cheval de Troie d'une régression sociale"

Les 16 signataires de la tribune parue samedi 30 juillet, dont Yannick Jadot et Éric Piolle, estiment que cette mesure "porte un coup sans précédent aux 35 heures".

L'Assemblée nationale (image d'illustration)
L'Assemblée nationale (image d'illustration)
Crédit : Christophe ARCHAMBAULT / AFP
Florine Boukhelifa & AFP

Les écologistes Yannick Jadot et Éric Piolle font partie des signataires. Dans une tribune publiée samedi 30 juillet sur le site internet du JDD, 16 personnalités dénoncent comme "un cheval de Troie de la régression sociale" la possibilité pour les entreprises de racheter aux salariés les jours de RTT, adoptée le 22 juillet à l'Assemblée.

Ils estiment que cette mesure, une proposition des députés LR dans le cadre du projet de loi de finances rectificatives, "porte un coup sans précédent aux 35 heures". Comme la gauche à l'Assemblée, ils fustigent une disposition qui "sert surtout à éviter de traiter le vrai sujet du pouvoir d'achat : les augmentations de salaires".

Ces personnalités, dont des représentants syndicaux de la CFE-CGC et de la CFDT Cadres, y voient "un puissant levier pour l'employeur, lui permettant de refuser l'attribution de jours de repos en arguant du paiement de ceux-ci, face à un salarié tiraillé entre son besoin de repos et l'amélioration de son pouvoir d'achat". Une "amélioration relative au demeurant, car proposer de payer des RTT majorés à 10% plutôt que des heures supplémentaires majorées à 25%, c'est offrir de travailler beaucoup plus pour gagner peu", écrivent-ils.

Le financement de la protection sociale affaibli, selon les signataires

Le dispositif de Réduction du temps de travail (RTT) alloue des journées ou demi-journées de repos aux salariés dont le temps de travail est supérieur à 35 heures par semaine, qui disparaissent actuellement si elles ne sont pas prises. Le rachat n'est possible que par accord d'entreprise ou de branche ou dans des cas précis.

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De plus, "la possibilité +encadrée+ de monétisation est soumise à cotisations, contribuant ainsi au financement de la protection sociale. La nouvelle disposition, elle, exonère l'employeur du versement de cotisations patronales, ce qui affaiblit ce financement", soulignent-ils.

Les projets de loi sur le pouvoir d'achat et de budget rectifié ont donné lieu à des débats acharnés entre la majorité et les oppositions à l'Assemblée. En particulier entre le gouvernement et les élus de gauche qui ont des visions économiques diamétralement opposées sur la façon de redonner du pouvoir d'achat aux Français face à une forte inflation.

Les sénateurs se lanceront lundi dans le budget rectificatif pour 2022, avec un débat sur une possible taxe sur les "superprofits" qui s'annonce houleux.

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