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À quoi ressemblerait le "Frexit" voulu par le Front national ?

INTERVIEW - Selon Florian Philippot, vice-président du Front national, la sortie de la France de l'Union européenne permettrait un "retour à la souveraineté nationale".

Marine Le Pen, présidente du Front nationale, le 29 janvier 2016
Marine Le Pen, présidente du Front nationale, le 29 janvier 2016
Crédit : GIUSEPPE CACACE / AFP
Clémence Bauduin
Clémence Bauduin

Valeurs actuelles a consacré 6 pages à l'interview de Marine Le Pen, jeudi 7 juillet. Cet entretien est l’occasion, pour la présidente du Front national, d’aborder certains points qui ont occupé - et préoccupé - les derniers mois du camp frontiste : son père, sa campagne présidentielle, ses propositions pour 2017, Marion Maréchal-Le Pen, le Brexit et… Le Frexit qu'elle espère tant.

Le Frexit, nom donné à la sortie de la France de l'Union européenne, obnubile la présidente du Front national, confortée par le référendum britannique du 23 juin qui enclenche la sortie du Royaume-Uni de l'UE. Marine Le Pen y voit "une réorganisation de la vie politique" parfaitement applicable au modèle français. "Il devra sanctionner une période de renégociation profonde de la nature de l'Union européenne", lance l'eurodéputée. Ce référendum arriverait "au bout de 6 mois", fin 2017, si Marine Le Pen entrait à l'Élysée, selon les précisions de Florian Philippot, joint par RTL.fr. 

Pour une "Europe des nations libres"

"Ces 6 mois seraient utilisés pour discuter avec Bruxelles, avec le Parlement, voir ce qu’il est possible de faire", détaille le vice-président du Front national. Mais pour faire quoi ? L'objectif du Front national est de parvenir, selon ses mots, à "un retour à la souveraineté nationale". Cela se décline en quatre points principaux : la souveraineté législative, "pour que nos droits soient supérieurs aux droits européens" explique Florian Philippot ; la souveraineté monétaire - la sortie de l'euro - ; la souveraineté budgétaire - que les pays ne dépendent pas du budget alloué par Bruxelles - et enfin de la souveraineté territoriale, qui concerne la "maîtrise de la politique migratoire". 

Cela n'implique pas nécessairement une sortie ferme et définitive de l'Union européenne, nuance-t-on toutefois à la tête du parti. Le FN souhaite une "Union des nations souveraines libres, telle qu’elle aurait dû l’être depuis le départ", explique Florian Philippot, faisant référence à une Union européenne "telle que la voulait De Gaulle". "Dans tous les cas, un référendum sur l'appartenance de la France à l’UE aura lieu. Soit nous pouvons récupérer ces quatre souverainetés et nous appellerons les Français à voter pour cette Europe des nations libres, soit cela n'aboutit pas et alors nous appellerons les Français à sortir de l'Union européenne", détaille-t-il.

Une Union européenne "à la carte"

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Pourtant, depuis sa sortie annoncée de l'Union européenne, le Royaume connait de nombreuses difficultés. Les ardents défenseurs du Brexit quittent le navirel'immobilier en pâtit et la City pourrait également accuser le coup. Le Royaume-Uni bénéficiait déjà d'un statut particulier au sein de l'UE. Pourtant, bien qu'elle ait gardé sa propre monnaie - la livre sterling -, elle devra patienter au moins deux ans avant d'être tout à fait désolidarisée de l'Union européenne, qu'elle avait intégrée en janvier 1973.

À Vienne (Autriche) en juin, à l’occasion d’une réunion du groupe des députés européens d’extrême droite, Marine Le Pen a pris la parole tandis que, quelques jours plus tard, le référendum britannique jouait en sa faveur avec la victoire du "leave". "La France a mille fois plus de raisons que les Anglais de vouloir sortir de l’Union européenne", avait-elle alors déclaré. Enthousiasmée par le choix britannique et la montée de son homologue d’extrême droite en Autriche, Marine Le Pen croit plus que jamais en un Frexit qui pourrait avoir lieu dans les premiers mois suivant son éventuelle élection. À Vienne, elle défendait son projet d’"Europe à la carte" : une Europe des Nations, loin, très loin, du fédéralisme qu'elle abhorre. L’idée : permettre à chaque État de négocier avec Bruxelles ses conditions individuelles d’adhésion.

Un "non" au Frexit et c'est la démission

Un tel constat laisse pronostiquer pour l'Hexagone, dans l'éventualité où les souhaits de Marine Le Pen se concrétiseraient, de vraies difficultés à sortir de cette instance supranationale dont la France est l'un des piliers historiques. "S'est-on posé cette question lors de la chute du mur de Berlin ? S'est-on dit 'ça va être compliqué' ? Non ! Ça s'est fait. Point", semble s'emporter la présidente du parti d'extrême droite.

En cas d'échec au référendum, Marine Le Pen le promet : elle démissionnerait. "Je ne pourrais mettre en place le projet pour lequel j'aurai été élue si je ne détiens pas les éléments essentiel de la souveraineté", affirme-t-elle. Cela implique que Marine Le Pen soit élue présidente. Pour l'heure, la cheffe de file du FN arrive au second tour dans les sondages mais serait battue par tous ses adversaires potentiels... à l'exception de François Hollande.

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