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Quand Jean-Luc Mélenchon défouraille

ÉDITO - Depuis plusieurs jours, Jean-Luc Mélenchon ne retient pas ses attaques contre la gauche. Une façon pour lui de masquer ses propres faiblesses.

Jean-Luc Mélenchon le 1 avril 2021 à l'Assemblée nationale.
Jean-Luc Mélenchon le 1 avril 2021 à l'Assemblée nationale.
Crédit : THOMAS COEX / AFP
Jean-Luc Mélenchon de plus en plus critique
02:32
Quand Jean-Luc Mélenchon défouraille
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Olivier Bost

Jean-Luc Mélenchon dézingue à tout va contre le reste de la gauche. Mais qu’est-ce qui lui prend ? Alors d’abord c’est l’un de ses interlocuteurs réguliers qui me l’a fait remarquer : "Jean-Luc Mélenchon n’a pas pété un câble, il est juste revenu à son état normal : agressif, désagréable, insultant…"

En quelques jours à peine, il a traité le PS et les écolos, sur BFM, de menteurs, d’hypocrites, de faux-jetons. Hier dans Le Monde, autre amabilité : "Les écologistes ont un avenir aussi longtemps qu’on ne les voit pas à l’œuvre".

Mais pourquoi tant de haine, quand même assez soudaine ? Comme me l’a confié un écologiste : "Jean-Luc Mélenchon est en train de se rendre compte que 2022 ne sera pas du tout 2017". Il y a 4 ans, le leader de la France insoumise avait recueilli plus de 7 millions de voix, 19,5%. Pour l’année prochaine, il attaque la bataille autour des 10%. Un sondage Ipsos, il y a un mois, l’a même donné à 8% derrière Yannick Jadot et Anne Hidalgo. D’où ces signes de nervosité récents.

Il risque, selon une expression qui vient du Parti socialiste, de se faire Hamoniser, d’être le Benoit Hamon à 6% de l’année prochaine. De devenir le vote totalement inutile à gauche. Il est même le repoussoir. Dans des seconds tours, aujourd’hui fantaisistes, face à Marine Le Pen il est le candidat qui ferait le plus mauvais score.

L'impossible union de la gauche

Deuxième explication : les tentatives d’union à gauche sans lui. Comme le résume un responsable socialiste, "il n’y aura jamais d’accord avec la France insoumise, jamais". Tout simplement parce que Jean-Luc Mélenchon n’envisage rien d’autre qu’un alignement derrière lui.

Ce que le député LFI Adrien Quatennens a résumé hier soir sur RTL. Jean-Luc Mélenchon a "une vocation de candidat commun. A gauche, il est le mieux placé et de loin". Comme je vous le disais ce n’est plus évident. "Personne n’est propriétaire de ses électrices et de ses électeurs", a promptement averti Yannick Jadot hier matin sur LCI.

Attaquer pour mieux masquer ses faiblesses

Donc, tout le monde se renvoie la responsabilité de la désunion. La France insoumise accuse les autres de jouer perdant l’année prochaine et de plomber les alliances pour les régionales le mois prochain.

En fait, LFI veut camoufler ses scores assez bas dans ceux des autres, disent plusieurs de ses partenaires. Et voilà comment Jean-Luc Mélenchon les traite d’hypocrites, de menteurs et de faux jetons. Comme toujours, ses attaques sont violentes pour cacher ses faiblesses.

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