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Primaire de la gauche : qu'est-ce que la "taxe robot", voulue par Hamon ?

ÉCLAIRAGE - Le candidat veut mettre en place cette mesure, qui servira à financer son projet phare, le revenu universel.

Benoît Hamon dans le studio de RTL, le 9 janvier 2017
Benoît Hamon dans le studio de RTL, le 9 janvier 2017 Crédit : Frédéric Bukajlo / Sipa Press / RTL
Léa Stassinet
Léa Stassinet
Journaliste

Invité de RTL ce lundi 9 janvier, Benoît Hamon a annoncé vouloir financer sa mesure phare, le revenu universel, par une "réforme de la fiscalité". Pour récolter les 300 milliards d'euros par an que nécessiterait, selon lui, le revenu universel, qui donnerait à chaque Français 535 euros par mois (avant de passer à 750 euros sur le long terme), le candidat propose d'instaurer une "taxe robot". 

"Pour financer le revenu universel d’existence, on pourrait imaginer demain un salaire fictif, virtuel, pour un robot et la manière dont on fait contribuer ce robot au financement de notre protection sociale", imagine Benoît Hamon sur BFM TV. Des robots qui financeraient donc notre protection sociale. L'ancien ministre de l'Éducation estime que la "révolution numérique est une formidable opportunité de nous libérer par rapport au travail. Les robots vont se substituer aux emplois qui étaient les nôtres". Se substituer, oui, mais pas sans contrepartie. Benoît Hamon souhaiterait que des cotisations soient prélevées sur les robots qui remplacent les emplois peu qualifiés. 

Qui est concerné ?

La mesure s'appliquerait aux entreprises qui ont remplacé leurs salariés par des machines. Benoît Hamon cite en exemple les grandes surfaces "où les caisses automatiques sont remplacées par des portiques sans caissiers". Ce qui est pour le moment une exception tend à se généraliser. L'an dernier, le Forum économique mondial de Davos avait estimé que d'ici à 2020, 5 millions d'emplois "humains" seront remplacés par des robots, dans 15 pays développés ou émergents dont la France. Des chiffres qui ont pu faire réfléchir Benoît Hamon. "Si le robot ne cotise pas, ce n'est pas possible, si le robot ne paye pas d'impôt ce n'est pas possible : pensons demain une fiscalité qui se fonde non pas sur le nombre de travailleurs qu'il y a dans notre entreprise, mais sur la richesse créée par l'entreprise", avait-il développé sur le plateau de l'Émission politique le 8 décembre dernier sur France 2. Concrètement, il propose de "transférer les cotisations patronales assises sur le travail vers une taxe sur la valeur ajoutée ou le chiffre d'affaires".

Une idée déjà évoquée au Parlement européen

Ce que propose Benoît Hamon n'est pas inédit. En juin dernier, un rapport du Parlement européen suggérait que les robots soient considérés comme des personnalités électroniques, en prônant la création d'une personnalité juridique. L'eurodéputée luxembourgeoise Mady Delvaux, qui signe le texte, proposait que les entreprises communiquent sur "les économies réalisées en cotisations de sécurité sociale grâce à l'utilisation de la robotique en lieu et place du personnel humain". Une façon de sous-entendre une possible taxation des entreprises sur les économies réalisées grâce aux machines.

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Si Benoît Hamon est élu, cette "taxe robot" devrait donc servir à soutenir le revenu universel mais elle ne sera pas sa seule source de financement. Le candidat envisage également de créer un nouvel impôt sur le patrimoine, qui ferait fusionner ISF et taxe foncière.

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