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Présidentielle 2022 : la féroce course aux parrainages des candidats d'extrême droite

ENQUÊTE - L'extrême droite a rarement eu autant de candidats potentiels à une élection présidentielle. Ils se livrent actuellement une bataille féroce pour rassembler les 500 signatures dont ils ont besoin.

Marine Le Pen et Eric Zemmour
Marine Le Pen et Eric Zemmour
Crédit : AFP
Présidentielle 2022 : les candidats d'extrême droite lancés dans une course aux parrainages
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Présidentielle 2022 : les candidats d'extrême droite lancés dans une course aux parrainages
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Marie Moley - édité par Nicolas Barreiro

À cinq mois de la présidentielle, les candidatures d'extrême-droite et souverainistes se multiplient : Marine Le Pen, Eric Zemmour, Nicolas Dupont-Aignan, Florian Philippot, François Asselineau… Tout autant de prétendants qui se divisent sur les plateaux télévisés mais qui se livrent aussi une autre bataille, plus discrète, celle des parrainages. Les fameuses 500 signatures indispensables pour se présenter dans la course à l'Élysée. Sur le terrain, la concurrence est rude.

"Le gâteau est petit et cette fois-ci, il y a trop de monde à dîner", selon un élu RN. Cinq candidats nationalistes pour un nombre limité de maires, car les élus qui signent verront leurs noms publiés, de quoi refroidir ceux qui craignent d'être ainsi diabolisés. Des centaines de militants battent donc le pavé pour arracher ces signatures. La chasse vire parfois au calvaire, "un boulot de chien", "ingrat", "une loterie", "c'est comme vendre un aspirateur". 

Ces candidats visent tous le même profil d'élus : des maires ruraux, sans étiquette et si possible, qui ont déjà parrainé un candidat de la droite souverainiste. C'est le cas par exemple de Michel Lepoivre, à Saint-Aubin-de-Courteraie, un village de 150 habitants dans l'Orne. Il a signé Marine Le Pen en 2017, ce qui fait de lui la cible idéale. Vendredi dernier, il a reçu deux visites de la part des émissaires d'Eric Zemmour puis du Rassemblement national. "Il y a de la concurrence", confie l'élu. "Il y a des discours qui se rapprochent, celui d'Eric Zemmour, Marine, Barnier, je ne m'y retrouve pas. Je ne retrouve pas avec le RN ce qu'il y avait avec le père Le Pen". 

"Ce qui m'ennuie avec Zemmour, c'est qu'il y a quatre personnes différentes qui m'ont contacté", poursuit Michel Lepoivre. "Qui fait quoi ? Qui est responsable ? Avant de donner ma voix à quelqu'un, j'aimerais bien qu'il y ait de l'ordre dans la maison. Si demain Zemmour est élu, ça va être catastrophique notre affaire. J'aimerais bien qu'il y ait quelqu'un qui défende nos communes. Si la position sur nos petites communes n'est pas claire, je ne donnerai ma signature à personne".

L'entourage très actif d'Eric Zemmour

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Les équipes de Zemmour sont très présentes. Les proches du polémiste revendiquent 600 ambassadeurs sur le terrain et des formations sont même organisées. La dernière date de samedi dernier, en visioconférence. En guise de professeurs, deux patrons d'une agence immobilière, spécialisés en viagers. Ils partagent leurs ficelles de commerciaux. 

"Comment faire pour passer le barrage de la secrétaire ? Vous remerciez, vous flattez, dans tous les cas ça fonctionne toujours bien. Je vous remercie pour votre efficacité et votre amabilité, j'ai rarement quelqu'un cas d'aussi agréable et professionnel que vous. Cependant, j'ai vraiment besoin d'échanger avec M. le maire, pourriez-vous faire une exception ?", conseille l'un des intervenants au cours de la visioconférence. "Sinon, entre vous et moi, connaissez-vous Eric Zemmour et que pensez-vous de lui ? En faisant ça, ce n'est plus un barrage mais un allié". Démarchage téléphonique ou mailing, les équipes d'Eric Zemmour sont passées à l'offensive. 

Quid des autres candidats

Les équipes de Marine Le Pen disposent de leur côté d'un avantage, ses élus. Ils sont près de 300 à lui offrir un matelas de signatures sauf qu'elle en a perdu beaucoup après la claque des régionales, près d'une centaine. "Nous aussi on se fait des cheveux blancs", lâche un élu. De plus, l'entourage de Philippot assure, fanfaron, avoir siphonné 20% des signatures accordées au RN en 2017, une déclaration à prendre avec des pincettes. 

Nicolas Dupont-Aignan a décidé de prendre ses adversaires de vitesse. Il a démarré la chasse aux parrainages avant tout le monde il y a un an et demi, déjà 26 déplacements à son compteur. Quant au leader de l'UPR, François Asselineau, il aurait fait appel à une célébrité des milieux souverainistes, Norbert Chetail. Parfois surnommé "le mercenaire", son gagne-pain depuis près de dix ans consiste à glaner des signatures contre argent.  

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