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Présidentielle 2022 : avec Horizons, Philippe reprend les recettes du Macron de 2016

DÉCRYPTAGE - Le nouveau parti Horizons doit, en théorie, bénéficier à Emmanuel Macron. Lancé par Édouard Philippe, ce mouvement présente d'étranges similitudes avec la formation présidentielle.

Emmanuel Macron le 19 janvier 2016 et Édouard Philippe, le 10 octobre 2021
Emmanuel Macron le 19 janvier 2016 et Édouard Philippe, le 10 octobre 2021
Crédit : AFP
Marie-Pierre Haddad

L'histoire, cet éternel recommencement ? Après s'être affranchi des Républicains, Édouard Philippe a lancé en grandes pompes son parti, Horizons, le 9 octobre. 160 maires, 600 élus locaux, des macronistes de la première heure... À six mois du premier tour de l'élection présidentielle, ce rassemblement n'a rien d'anodin. 

L'ancien premier ministre apporte ainsi sa pièce à l'édifice avec une nouvelle offre politique. L'objectif est affiché sans complexe : élargir la base électorale d'Emmanuel Macron en siphonnant la droite. "Très clairement mon objectif en 2022 est qu'Emmanuel Macron soit réélu", a indiqué Édouard Philippe depuis le Havre. Un commentaire évident pour le maire de la ville portuaire qui avait néanmoins besoin d'être dit à voix haute. 

Au sein de la macronie, certains observent d'un œil très méfiant l'initiative d'Édouard Philippe. Pour qui roule-t-il ? Ces intentions troublent et ces multiples interrogations rappellent un autre phénomène politique : le lancement de la candidature d'Emmanuel Macron en 2016. Cinq ans après, Édouard Philippe est-il en train de faire du Macron ? 

Des arguments similaires sur le courant politique

La méthode est la même. En avril 2016, Emmanuel Macron, qui est encore ministre de l'Économie, décide de créer et de lancer son parti depuis sa ville d'origine Amiens. C'est là qu'est né En Marche, ce mouvement évoqué comme étant "ni de droite, ni de gauche". Un mois plus tard, cette pièce maîtresse du gouvernement de François Hollande tiendra une phrase on ne peut plus énigmatique : "Ce mouvement, nous le porterons ensemble jusqu'en 2017 et jusqu'à la victoire". La suite de l'histoire est connue. 

À écouter aussi

Nous voici en 2021. L'ancien premier ministre d'Emmanuel Macron propose sa vision, à travers la création de son parti. Le lancement est fait au Havre, ville avec laquelle Édouard Philippe partage son histoire politique. Sa formation veut "participer à la constitution d'une nouvelle offre politique". "Je ne suis candidat à rien pour 2022", précise-t-il au Journal du DimancheIl y explique aussi avoir baptisé son parti Horizons, car "l'horizon est comme un cap, on ne l'atteint jamais, mais on en a besoin pour naviguer. Horizons doit nous servir à voir loin, à nous détacher du marigot politicien et à bâtir la France de demain. La vie politique française est trop souvent autocentrée, obsédée par l'actualité et les polémiques du jour. Notre parti vise à rompre avec cette tendance qui lasse les Français".

Cette définition d'Édouard Philippe s'adapte tout autant à En Marche dont le nom offre aussi une direction, sans point de chute précis. En 2016, Emmanuel Macron assurait qu'En Marche n'était "pas un mouvement pour avoir un énième candidat de plus à la présidentielle". "Ce n'est pas ma priorité aujourd'hui", défendait-il. Il voulait aussi sortir "des blocages politiques et sociaux qui préservent les privilèges de quelques-uns au détriment de tous les autres". Le député socialiste Pascal Terrasse expliquait à l'époque sur France inter que la création de ce parti permettait "d'élargir la majorité présidentielle".

Un diagnostic de fond identique

Sur le fond, là aussi, "c'est très Macron 2016, s'agace un macroniste de premier rang. Le diagnostic est le même. Même la charte graphique ressemble à celle des débuts d'En Marche". Édouard Philippe a évoqué le 9 octobre "quatre transformations extrêmement massives et signifiantes" qui attendent les Français. Des "vertiges" qui sont démographiques, environnementaux, géopolitiques et technologiques. L'ancien premier ministre a ainsi établi une "charte des valeurs" qui résume la ligne politique du parti, comme l'indiquait nos confrères du Parisien

"Nous croyons au dépassement des clivages artificiels et au rassemblement de toutes les bonnes volontés au service du pays. Nous travaillerons avec toutes celles et tous ceux qui consacrent leurs forces et leurs idées à imaginer de nouveaux horizons pour la France", peut-on lire. Un discours déjà porté par Emmanuel Macron en 2016


À l'époque, le candidat En Marche vantait sa volonté de "refonder" le pays "sur des valeurs et non sur une carte qui ne correspond plus au moment". Ce logiciel prenait forme autour de "nos libertés". "Je crois à la liberté économique, sociale, politique mais aussi à notre capacité à l'articuler avec la sécurité et la justice. Je crois dans l'Europe", indiquait-il. Les similitudes ne cessent de s'accumuler. Si Édouard Philippe marche dans les pas d'Emmanuel Macron, cela signifie-t-il que le président suit la trajectoire de François Hollande ?

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