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Présidentielle 2022 : comment Emmanuel Macron a fini d'achever Les Républicains

DÉCRYPTAGE - Aidé par le travail d'orfèvre opéré par Édouard Phillipe, Emmanuel Macron poursuit son travail de destruction de la droite. Le président veut rapatrier sous l'égide de son ancien premier ministre la droite modérée.

Emmanuel Macron, le 5 octobre 2021
Emmanuel Macron, le 5 octobre 2021
Crédit : Ludovic MARIN / AFP
Marie-Pierre Haddad

Un soutien "sans ambiguïté" à Emmanuel Macron. Les mots sont signés de Christian Estrosi, ce mercredi 6 octobre sur BFMTV. Le maire de Nice s'est définitivement affranchi de son ancienne famille politique. "Je suis gaulliste, je suis issu d'une famille, je suis issu d'une filiation de la droite et du centre voulue par Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et aujourd'hui c'est celui (Emmanuel Macron, ndlr) qui incarne le mieux cette filiation ne serait-ce que dans les réformes qui ont été faites", a-t-il expliqué. 

Si le soutien de cet ancien membre des Républicains au chef de l'État ne faisait guère de doute, il est surtout révélateur de l'état de la droite à six mois du premier tour de l'élection présidentielle. Après avoir tranché la question de la primaire, le parti dirigé par Christian Jacob est désormais empêtré dans les modalités d'organisation de son congrès. 

Doit-il prendre la forme d'une primaire fermée, comme le souhaitent Valérie Pécresse et Michel Barnier ? Ou un seul nom de candidat doit-il être soumis aux militants LR ? Cette dernière option est poussée par Xavier Bertrand. En attendant, la majorité présidentielle ne boude pas son plaisir face à la décomposition de son opposant.

Les deux tiers des Républicains sont déjà en contact avec nous

Un ministre

La majorité présidentielle s'estime en position de force face aux Républicains. "La droite est largement chez nous", affirme amusé un proche d'Emmanuel Macron. "Les deux tiers des Républicains sont déjà en contact avec nous, explique un ministre. Ils vont soutenir Emmanuel Macron. ils voient que LR c'est parti pour un naufrage".

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Et quand on demande aux macronistes quels élus LR sont dans leur ligne de mire, le discours est similaire : "Tous ! Sauf les fichés S pour radicalité", lance-t-on dans l'entourage du président. Traduction : exit la frange droitière des Républicains, tentée d'inclure Éric Zemmour dans le débat.

L'atout Édouard Philippe

C'est notamment le cas d'Édouard Philippe. Ancien bras droit d'Alain Juppé, devenu premier ministre d'Emmanuel Macron, le maire du Havre est en train de démanteler peu à peu son ancienne famille politique. L'ancien chef du gouvernement va lancer le 9 octobre prochain son parti. "Voir loin pour faire bien. Dépasser le court terme. Construire une stratégie pour la France. Participer à la constitution d’une nouvelle offre politique. Aider le Président pour permettre à la France de réussir", a-t-il tweeté afin de présenter les principales idées qu'il incarnera. 

Difficile de ne pas y avoir un affranchissement de la part de celui qui n'a jamais pris sa carte à La République En Marche. Mais pour l'instant, Édouard Philippe permettra à Emmanuel Macron d'attirer des membres des Républicains de droite centriste et qui ne se reconnaissent pas dans la ligne droitière dictée par Éric Zemmour. Sa force ? Briser le plafond de verre électoral. "Il va apporter à Emmanuel Macron des gens éloignés de la majorité présidentielle des gens", avance un proche d'Édouard Philippe. 

La création en grandes pompes du parti d'Édouard Philippe a le don d'en agacer certains dans la majorité présidentielle. Le président du groupe Agir, allié de la majorité, Olivier Becht estime qu'Édouard Philippe "va devoir se positionner". "Créer un mouvement est évidemment son droit. C'est même une bonne chose s'il parvient à accueillir des personnalités, notamment de l'UDI ou de LR, qui n'ont pas encore rejoint la majorité", explique-t-il à Libération

"Mais s'il n'y arrive pas, il sera sur le même positionnement qu'Agir (présidé par Franck Riester, ex-LR, ndlr), qui a déjà uni depuis le début du quinquennat les élus de centre droit et de droite prêts à travailler avec le président de la République. Avoir deux structures de même sensibilité qui font la même chose, ça n'a pas d'intérêt", tranche-t-il. 

La droite modérée rapatriée chez Édouard Philippe ?

Selon les informations de RTL, des "nouveaux" maires de la droite modérée pourront intégrer le parti d'Édouard Philippe : Christophe Béchu, le maire d'Angers et Frédéric Valletoux le maire de Fontainebleau. 

"Il y aura également des maires de communes plus petites, qui ne sont pas encore membres de la majorité, sans que l'entourage de l'ancien premier ministre ne donne pas de chiffres. Du côté des encartés LR, il y aura Arnaud Robinet, le maire de Reims mais pas Jean-Luc Moudenc, de Toulouse, qui ne se voit pas être adhérent LR et en même temps avec Édouard Philippe", explique Aurélie Herbemont, journaliste politique chez RTL.

Édouard Philippe posera ainsi les bases pour Emmanuel Macron en allant draguer des élus "qui aiment bien Édouard mais qui ne peuvent pas, ou ne souhaitent pas, soutenir Emmanuel Macron au premier tour" de la présidentielle, reconnaît un proche de l'ancien premier ministre Gilles Boyer. 

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