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Emmanuel Macron : retour sur le lancement millimétré du mouvement politique "En Marche"

Le ministre de l'Économie s'est déplacé à titre privé à Amiens, mercredi 6 avril. Il y a annoncé la création d'un mouvement, "ni de droite, ni de gauche".

Emmanuel Macron, le 4 avril 2016
Emmanuel Macron, le 4 avril 2016 Crédit : JEFF PACHOUD / AFP
Marie-Pierre Haddad
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

C'est un coup savamment orchestré. Emmanuel Macron a annoncé, mercredi 6 avril, la création d'un "mouvement politique nouveau". Son nom : "En Marche". Pour le ministre de l'Économie, pas question de choisir, son parti ne sera "pas à droite, pas à gauche". À la tête de Bercy depuis 18 mois, il jouit de l'image d'électron libre du gouvernement, n'hésitant pas à prendre position sur des sujets controversés, comme la déchéance de nationalité ou la crise des réfugiés.

Avec "En Marche", Emmanuel Macron se place un peu plus sur l'échiquier politique. Le ministre assure pourtant que "ce ne sera pas un mouvement pour avoir un énième candidat à la présidentielle, ce n'est pas (sa) priorité aujourd'hui". Il préfère ainsi "construire la majorité sur des idées neuves pour le pays et mettre en œuvre demain".

1. Un retour sur "ses terres"

Afin d'annoncer le lancement de son mouvement politique, Emmanuel Macron s'est rendu, à titre privé, à Amiens. "Ce n'est pas Bercy qui paie, ce n'est pas le ministre de l'Économie qui paie, et donc j'irai à titre privé", expliquait-il. Ce choix n'est pas anodin. Il s'agit de sa ville natale et de celle où il a fait ses études. Tel un élu de retour dans son fief, le patron de Bercy a multiplié les "rencontres citoyennes" avec les habitants de la région, à huis clos, au Palais des Congrès d'Amiens. Initialement, l'objet de sa visite portait sur le site industriel de Procter & Gamble, ainsi qu'une rencontre avec les salariés de Goodyear.

2. Un discours à huis clos mais retransmis sur YouTube

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À noter qu'Emmanuel Macron s'est déjà rendu "4 ou 5 fois" à ce type de rendez-vous, mais que c'était la première à être médiatisée. Des rumeurs circulaient déjà sur la possible création d'un mouvement ou d'un parti politique. Mais pas question pour Emmanuel Macron de faire ce discours devant les médias. L'homme politique souhaitait avoir "un temps d'échange avec la salle". La conférence était accessible en direct sur YouTube.

3. Une vidéo pour lancer le mouvement

Une vidéo a été mise en ligne afin de définir les premiers contours de ce mouvement politique. Les premières images montrent une ville active avec la circulation des voitures, puis des personnes marchants dans la campagne. "On entend partout la même chose. Il faudrait que ça bouge. Il faudrait essayer des idées neuves, aller plus loin, oser, en finir avec l'immobilisme", dit la voix off. La paix et la tranquilité des images laissent place à des images faisant écho aux points de tension subis pour le gouvernement : la crise des agriculteurs, les affrontements avec les forces de l'ordre, les chômage. "C'est le mal français. Le mal d'un pays sclérosé par les blocages. Des blocages politiques et sociaux qui préservent les privilèges de quelques-uns au détriment de millions d'autres", reprend dit la voix off. La vidéo se termine par : "Il est temps de se mettre en marche".

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En Marche

4. L'accord de François Hollande

L'Élysée explique que François Hollande était au courant de l'initiative politique de son ministre de l'Économie. Le chef de l'État a "une grande confiance" en lui, et "tout ce qui participe du succès de l'exécutif et de la politique que nous menons va dans le bon sens". Mais même le député PS réformateur Christophe Caresche, soutien de l'exécutif, s'est montré circonspect. "Ce n'est pas en alignant des stratégies contradictoires qu'on peut construire une ligne cohérente", a-t-il déclaré à l'AFP. 

Cependant, cette démarche ne fait pas l'unanimité auprès de la gauche. "Les gens qui ont mis en panne tout le système et l'économie du pays et qui font un truc qui s'appelle 'En Marche', ça me fait rire, a déclaré Jean-Luc Mélenchon. Il y a une ambiance de révolution de palais que tout le monde sent. On ne sait pas très bien qui manœuvre pour qui dans cette histoire. Mais on voit bien qu'ils sont en pleine préparation de la campagne présidentielle de François Hollande et que chacun des importants a une pièce sur chaque case du damier", en cas de victoire ou de défaite du président sortant. 

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