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Présidentielle 2022, 4ème vague, retraites : le chemin de croix qui attend Macron

DÉCRYPTAGE - Les derniers mois du quinquennat d'Emmanuel Macron ne seront pas de tout repos. Le président de la République doit jongler entre les enjeux sanitaires et économiques... sans oublier 2022.

Emmanuel Macron, le 30 juin 2021
Emmanuel Macron, le 30 juin 2021
Crédit : Ludovic MARIN / AFP
Marie-Pierre Haddad

Une fin de quinquennat digne d'un long fleuve tranquille ? Ce mirage semble s'éloigner à mesure qu'Emmanuel Macron entame les derniers mois de sa présidence avant l'élection présidentielle de 2022. Le président l'a déjà répété à plusieurs reprises : il remplira la mission confiée par les Français "jusqu'au dernier quart d'heure"

Et on peut déjà sentir que celui-ci ne sera pas de tout repos. Après des élections régionales catastrophiques pour le parti présidentiel et sa majorité, Emmanuel Macron a fait le choix de ne pas en tirer de conclusions nationales et de miser sur l'économie pour lancer sa campagne pour 2022.

Mais c'était sans compter le risque d'une quatrième vague de coronavirus qui resurgit et qui renvoie le gouvernement au cœur de la crise sanitaire. Fidèle à lui-même, Emmanuel Macron est sur plusieurs fronts : quid de la vaccination obligatoire des soignants, la réforme des retraites fait son grand retour, La République En Marche est en proie au doute et cherche à se réinventer, sans oublier l'élection présidentielle de 2022 qui s'approche à grands pas.

Une 4ème vague dès "fin juillet" ?

La vaccination contre le coronavirus devait être la solution pour éviter les rebonds de l'épidémie dans l'Hexagone. Après la légèreté des jours heureux qui ont accompagné les différentes phases de déconfinement, le ton se durcit et les mots s'aggravent dans la bouche des politiques. Invité du Grand Jury RTL, Le Figaro, LCI, François Bayrou a même alerté sur les variants. "Je vis avec une hantise en face de ce virus, c'est qu'un jour une mutation fasse que le virus devienne extrêmement nocif pour les enfants", a indiqué ce proche d'Emmanuel Macron. 

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Olivier Véran lui prépare les esprits à l'arrivée d'une quatrième vague avant septembre. "L'exemple anglais montre qu'une vague est possible dès la fin juillet. Nous pouvons la limiter et en limiter l'impact sanitaire : gestes barrières, vaccin,  tester/alerter/protéger", a-t-il mis en garde. Le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal dresse le constat que "depuis un peu moins d'une semaine, l'épidémie regagne du terrain, le variant Delta qui est particulièrement contagieux, particulièrement inquiétant, gagne du terrain très rapidement".

C'est le propre des situations de crise, les inquiétudes s'accumulent et les incendies à éteindre se multiplient. Le plafond de verre vaccinal est l'autre inquiétude de l'exécutif : comment convaincre les soignants de se faire vacciner ? Dans une tribune publiée dans Le Journal du Dimanche, 96 médecins, dont des chefs de service devenus des figures médiatiques de la pandémie, ont demandé au gouvernement "de prendre dès à présent la décision d'obligation vaccinale" pour tout salarié d'un Ehpad ou d'un hôpital "(s')exposant ou exposant les personnes dont elle est chargée à des risques de contamination" au coronavirus.

Le taux de vaccination des soignants plafonne à 57% dans les Ehpad et 64% à l'hôpital, selon les chiffres publiés par la Fédération hospitalière de France. Ce niveau "reste clairement insuffisant", selon le "Monsieur vaccin" du gouvernement, Alain Fischer. Ce dernier déclenche l'alarme : "Pour ces professionnels, on a atteint ce point de dernier recours" de l'obligation

Une réforme des retraites, mais pour quand ?

La crise sanitaire a presque fait oublier l'un des grands chantiers du quinquennat d'Emmanuel Macron : les retraites. Le sujet fait son retour, à mesure que l'élection présidentielle de 2022 approche. Dans Le Figaro, Jean Castex avait résumé tout l'enjeu pour le président et l'exécutif : "Il faut la faire, mais il faut aussi choisir le bon moment". Et pour cibler la bonne fenêtre de tir, "il faut se poser la question de l'intérêt de la France, d'abord, mais aussi de la situation sociale et psychologique des Français en sortie de crise", estimait le premier ministre fin juin.

"La question n'est pas si, mais quand", avait indiqué le président de la République en Conseil des ministres. C'est là que les avis divergent dans l'entourage du chef de l'État. Selon François Bayrou, "la période électorale n'est pas favorable pour faire passer à la va-vite une réforme (...) J'ai toujours pensé qu'une réforme difficile comme la réforme des retraites, n'a qu'un moyen de passer sans bloquer le pays : il faut dire qu'au terme de sa préparation, c'est les Français qui choisiront par référendum".

Autre proche qui murmure à l'oreille d'Emmanuel Macron : Richard Ferrand. Le président de l'Assemblée nationale invite à la prudence sur la question des retraites. "Je veux toujours une réforme qui réduit les inégalités en mettant fin notamment aux régimes spéciaux et qui ouvre de nouveaux droits aux jeunes, aux femmes", affirmait-il dans Le Journal du Dimanche. Pour lui, "la réforme des retraites ne saurait être abandonnée (...) Réaffirmons clairement ce que nous voulons faire et engageons-nous à ce que ce soit notre première réforme du second quinquennat d'Emmanuel Macron".

Au gouvernement, Bruno Le Maire veut éviter tous conflits sur le sujet des retraites. "Dédramatisons ce sujet et faisons sereinement les avancées qui sont nécessaires pour garantir notre niveau de vie", a insisté le ministre de l'Économie sur LCI. "On peut faire sereinement une réforme des retraites, sans brutalité", "progressivement" et "en tenant compte de la situation individuelle de chacun", a-t-il expliqué, préconisant de "ne pas perdre de temps". Reste à savoir si Emmanuel Macron s'attaque à ce chantier colossal avant 2022.

Un parti présidentiel à refonder ?

Conséquence directe des élections régionales : La République En Marche est de plus en plus affaiblie. Les langues se délient et critiquent le manque d'ancrage territorial du parti et sa difficulté à exister depuis les élections législatives de 2017. Là encore, François Bayrou n'a pas hésité à mettre les pieds dans le plat : le président du MoDem a qualifié de "coup de semonce" des résultats du scrutin. 

Gérald Darmanin aussi a partagé son analyse. Sur Le Figaro, le ministre de l'Intérieur a appelé à "revoir la façon de faire fonctionner En Marche !". "Une des solutions serait moins de visios, plus de bistrot !". "Il faut être plus concret. Un mouvement politique doit être enraciné (...) Partout où le numérique a remplacé le contact physique, la sanction a été forte", a-t-il ajouté en pointant un "problème de culture politique"

Un autre ministre confie avoir peu d'espoir sur le rôle du parti pour la prochaine présidentielle. "LaREM n'a jamais été forte. C'est un des éléments qui composent la majorité présidentielle", balaye-t-il. Même sentiment pour un autre membre de l'exécutif qui estime qu'il ne s'agit en rien "de la colonne vertébrale" du président. Et de prédire : "Ce ne sera pas le cœur battant de la campagne".  

Mais La République En Marche pourrait bien renaître d'une façon... inattendue. Selon Le Monde, Emmanuel Macron envisagerait de créer un mouvement non partisan qui serait un agrégat de personnalités de tous horizons. Et qui en prendrait la tête ? Celui qui jongle le mieux avec le "et en même temps" : Édouard Philippe. "L’ancien premier ministre a donné rendez-vous à ses proches fin septembre, au Havre, afin de se 'structurer', selon ses termes, sur la base de l’association La République des maires, présidée par le maire d’Angers, Christophe Béchu. Cette hypothétique nouvelle formation pourrait faire la jonction entre la majorité et une partie de la droite restée dans l’opposition" souligne le journal.

Difficile de prioriser parmi tous ces chantiers. Chacun pourrait constituer une pierre centrale de l'hypothétique projet d'Emmanuel Macron pour se représenter en 2022.

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