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Présidentielle 2017 : après les Verts, Jean-Luc Mélenchon lorgne sur le PCF

ÉCLAIRAGE - Candidature unilatérale, division au sein de son propre parti, le leader du Parti de gauche veut être la seule alternative de gauche à François Hollande en vue de l'élection présidentielle.

Jean-Luc Mélenchon lors d'une manifestation pro-Syriza
Jean-Luc Mélenchon lors d'une manifestation pro-Syriza Crédit : LOIC VENANCE / AFP
Paul Véronique
Paul Véronique
et AFP

Mais à quoi joue Jean-Luc Mélenchon ? Le 2 février dernier, il annonçait avec fracas être candidat à l'élection présidentielle de 2017prenant de court un certain nombre d'observateurs politiques, y compris dans son propre camp. Dans la foulée, il lançait son site de campagne "www.jlm2017.fr" et son mouvement "La France insoumise".

"Le Front de gauche n'a pas été consulté ni informé. Cette candidature se fait en solo, sans aucune démarche collective", expliquait à cette époque Olivier Dartigolles, le porte-parole du PCF. S'il ne faisait aucun doute que Jean-Luc Mélenchon avait l'intention de se présenter à l'élection, pourquoi s'était-il précipité pour l'annoncer ? Le principal intéressé déclarait alors : "Je veux incarner la France insoumise, qui n'a pas de muselière ni de laisse. Et à ceux-là qui m'ont souvent accompagné et entouré, je leur dis : ouvrons la marche."

Les origines : la primaire à gauche

Pour mieux comprendre, il faut remonter en début d'année 2016, plus précisément le 11 janvier, lorsque était publié dans Libération, un appel pour une primaire à gauche en vue de 2017. Signée par des politiques et des intellectuels, de Daniel Cohn-Bendit à Thomas Piketty, l'initiative avait suscité l'enthousiasme d'une partie de la gauche, avant de se déliter progressivement. Pierre Laurent, le secrétaire national du PCF, membre du Front de gauche, s'était montré favorable à l'idée avant de rétropédaler. Et pour cause, tous les communistes n'avaient pas apprécié l'initiative. Potentiellement, elle aurait pu conduire le PCF à soutenir François Hollande, s'il en était sorti vainqueur. 

La primaire n'avait en tout cas jamais emballé le Parti de gauche, de Jean-Luc Mélenchon. Effrayé d'être évincé de l'élection présidentielle, il n'avait jamais caché sa méfiance vis-à-vis de ce processus de sélection des candidats. "À la primaire, les votes iront vers le candidat qui semblera le plus à même d’arriver au second tour", expliquait-il alors. Il confiait en outre dans le JDD, "Pierre Laurent ne m'avait jamais parlé de son intention d'aller à la primaire".

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Le risque d'être exclu d'une élection, pour laquelle il avait fait 11% de voix en 2012, l'aurait alors convaincu de présenter sa candidature en solo. Quitte à sortir de la logique collective du Front de gauche. Depuis le temps a passé, mais les tensions demeurent. Au PCF, plus divisé que jamais, se côtoient des soutiens du leader du Parti de gauche, et d'autres déçus par l'omnipotence d'un Mélenchon fort de ses 12% d'intentions de vote.

Il veut être la seule alternative à gauche de Hollande

S'il n'est plus question aujourd'hui de primaire, les communistes entendent lancer, à l'occasion du 37e congrès du Parti communiste à Aubervilliers qui débute ce jeudi 2 juin, un appel à la poursuite d'un processus de désignation commun. Pour ce faire, ils constitueront d'ici novembre "un socle politique commun avec les forces de gauche qui veulent une rupture avec la politique gouvernementale actuelle." Ledit "socle" sera ensuite proposé aux diverses composantes du Front de gauche, aux écologistes et à Jean-Luc Mélenchon.

En cas d'échec, les communistes souhaitent avoir la possibilité de proposer un de leurs candidats à la présidentielle. Une frange du PCF est déjà acquise à Mélenchon, à l'image de Francis Parny qui a démissionné en janvier du conseil exécutif pour le soutenir. Mais le tribun n'aura d'autre choix que de rallier tous les communistes à sa cause pour imposer son leadership à gauche. Sa présence au congrès communiste de ce jeudi était-elle un signe d'ouverture, après les hésitations de ces derniers jours ?

Dans le même temps, Jean-Luc Mélenchon ne cache pas son intention de s'imposer comme une des figures de proue de l'écologie. Avec la disparition du groupe écologiste à l'Assemblée, l'affaire Denis Baupin et les tensions internes, il est vrai qu'EELV est en difficulté. "Ils ne présentent plus trop d'intérêt, (...) les cabrioles de leurs dirigeants ont tout détruit", arguait-il dans une interview aux Inrockuptibles mercredi 25 mai. Le grand projet de Mélenchon est en fait d'être l'unique alternative de gauche à François Hollande. Dans une grande alliance fédérant les déçus du PS, les écologistes et le Front de gauche. Pour cela, il devra poursuivre le rassemblement d'une gauche en miettes, mais le premier pas, c'était d'être candidat.

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