3 min de lecture Élections européennes

Pourquoi Emmanuel Macron a besoin d'une "caution écolo"

DÉCRYPTAGE - Pascal Canfin, directeur sortant de WWF, devient numéro 2 sur la liste La République En Marche pour les élections européennes. Un choix qui crée la surprise mais qui est indispensable pour le chef de l'État.

Emmanuel Macron à Bruxelles, le 22 mars 2019
Emmanuel Macron à Bruxelles, le 22 mars 2019 Crédit : Ludovic MARIN / AFP
Marie-Pierre Haddad
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

En marche et en campagne. Pascal Canfin, l'ancien directeur de WWF a finalement accepté d'être le numéro 2 sur la la liste de La République En Marche pour les élections européennes. 

L'ancien ministre Europe Écologie-Les Verts de François Hollande a indiqué dans Le Monde, ce mardi 26 mars : "Les échanges que j'ai eus depuis dix jours avec le président de la République m'ont apporté les assurances nécessaires pour qu'aujourd'hui je prenne cette décision". Celui qui arrive en deuxième place, juste derrière Nathalie Loiseau tête de liste La République En Marche, assure que "l'écologie sera l'axe majeur, premier et transversal du projet" de la majorité pour les élections européennes.

"Avec Pascal Canfin, ils ont trouvé leur nouveau Nicolas Hulot, explique Alba Ventura. Pascal Canfin est loin d’être un inconnu dans le milieu écolo. C’est une figure de l’écologie". Un choix stratégique qui sera utile à la majorité lors de la campagne. 

Une campagne des européennes en faveur des Verts

La désignation de Pascal Canfin devrait avoir une résonance européenne. Le principal concerné explique à l'AFP que "les Verts allemands ont salué la lettre sur l'Europe qui présente le projet européen d'Emmanuel Macron. En m'engageant sur ce projet, je ne vois pas en quoi je trahirais les idéaux qui sont les miens. Au contraire, j'essaye de les rendre possibles". 

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Ainsi l'ancien directeur de WWF devrait jouer pleinement son rôle. "Il vient rééquilibrer. Et puis à un moment où tout le monde porte l’écologie en bandoulière, 'la social-écologie' pour le PS et Place Publique, 'l’écologie populaire' chez les Insoumis, Pascal Canfin apporte une véritable caution écolo", explique l'éditorialiste politique Alba Ventura.

Pascal Canfin, "c’est l’antidote à Yannick Jadot, le candidat d’Europe Écologie-Les Verts. Les Verts dont on sait que le scrutin européen leur réussit plutôt bien", ajoute-t-elle. Un choix "astucieux", selon Alain Duhamel, "parce qu'il est bon en débat, c'est un vrai écologiste et ça gauchit un mouvement qui en a besoin"

Une volonté écologiste écornée par la crise des "gilets jaunes"

Une caution toute trouvée donc, au moment où Emmanuel Macron cherche à redorer son image en matière d'écologie. En effet, l'époque de l'affrontement avec Donald Trump et du slogan "Make Our Planet Great Again" semble bien loin. Depuis, la crise des "gilets jaunes" est venue compliquer les plans du président de la République. 

L'élément déclencheur de la crise a été la hausse de la taxe carbone prévue le 1er janvier 2019. Le président de la République et le gouvernement d'Édouard Philippe se sont donc retrouvés face à un dilemme : annuler la hausse de la taxe carbone et envoyer un signal en faveur du pouvoir d'achat, ou maintenir la taxe carbone et prendre position pour la transition écologique. 

La première option sera retenue provoquant ainsi les foudres des associations et ouvrant la voie à l'opposition située à gauche de l'échiquier politique pour critiquer le gouvernement. 

Un combat à mener pour une partie de l'opinion publique

Depuis le départ fracassant de Nicolas Hulot du gouvernement, la question de l'écologie est devenue de plus en plus pressante pour le gouvernement. De nombreuses manifestations ont été organisées dans toute la France. Un mouvement relayé depuis par les lycéens qui marchent les vendredis, pour la transition écologique. 

Dernier élément en date, le 16 mars, la "Marche du siècle". Environ 140 organisations, de Greenpeace France à la Fondation Nicolas Hulot, avaient appelé à descendre dans la rue pour le climat, estimant qu'il était "temps de changer de système industriel, politique et économique". "Cet appel a été très suivi à travers le pays. Selon les préfectures concernées, 8.000 manifestants ont défilé à Montpellier, 6.000 à Rennes, 4.300 à Nancy, 4.100 à Strasbourg, 3.000 à Tours, 2.700 à Besançon ou 2.500 à Marseille", note l'AFP.  

Le gouvernement doit donc redorer son image, surtout depuis que l'État est poursuivi par quatre ONG, la Fondation Nicolas Hulot, Greenpeace France, Notre Affaire à Tous et Oxfam France, pour "manquements" à son obligation d'action contre le réchauffement. Elles sont à l'origine d'une pétition qui a récolté plus de deux millions de signatures en moins d'un mois

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