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Parti socialiste : qui sont les candidats déclarés pour la tête du parti ?

ÉCLAIRAGE - Cinq candidats pour un poste. Delphine Batho, Emmanuel Maurel, Olivier Faure, Stéphane Le Foll, et Luc Carvounas sont candidats pour le poste de premier secrétaire du Parti socialiste. Avec chacun leur style, ils recommandent tous de refonder le Parti socialiste.

Luc Carvounas, député socialiste du Val-de-Marne Crédits : Thomas SAMSON / AFP | Date : 15/01/2018
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Luc Carvounas, député socialiste du Val-de-Marne Crédits : Thomas SAMSON / AFP | Date : 15/01/2018
Stéphane Le Foll, ancien porte-parole du gouvernement lors du quinquennat de François Hollande Crédits : Thomas SAMSON / AFP | Date : 15/01/2018
Olivier Faure, chef du groupe "Nouvelle Gauche" à l'Assemblée nationale Crédits : Martin BUREAU / AFP | Date : 15/01/2018
Emmanuel Maurel, député européen Crédits : Zakaria ABDELKAFI / AFP | Date : 15/01/2018
Delphine Batho, députée des Deux-Sèvres Crédits : GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP | Date : 15/01/2018
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MariePierreHaddad75
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

La multiplication des candidats. En une semaine, plusieurs socialistes ont officialisé leur candidature pour le poste de premier secrétaire du Parti socialiste. Une accélération due au calendrier : le 29 janvier prochain, les candidats devront déposer leur "texte d'orientation", à l'occasion du Conseil national. Ensuite, les militants devront désigner leur chef le 29 mars prochain, avant la tenu du Congrès qui se déroulera les 7 et 8 avril prochain.

Luc Carvounas, Stéphane Le Foll, Olivier Faure, Emmanuel Maurel et Delphine Batho se voient à la tête du Parti socialiste. Ces adversaires politiques ont tous un point commun : le constat qu'ils font de leur parti. Les dernières élections présidentielle et législatives ont été dévastatrices et la reconstruction de la formation politique est indispensable. 

Luc Carvounas, l'ancien vallsiste

Il a été le premier à se lancer dans la course. Le 30 novembre dernier, Luc Carvounas a partagé, sur France 2, son souhait d'être "candidat pour emmener avec lui, rassembler une équipe de femmes et d'hommes, de visages nouveaux, proposer un projet clair aux militants, aux Français et faire en sorte que ce congrès qui nous attend, le congrès du mois de mars soit le congrès du commencement". Le député du Va-de-Marne assure que sa campagne sera "positive" : "Je vais faire des propositions, je vais tout mettre sur la table". Tout ceci dans l'objectif de "rassembler tout le monde dans la même maison".

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Cet ancien proche de Manuel Valls a "coupé les ponts" avec ce dernier, comme l'explique Libération. Pourquoi ? Le soutien de l'ancien de premier ministre à Emmanuel Macron lors de l'élection présidentielle a brisé leur relation. À ce sujet, Luc Carvounas confie avoir été "proche de Valls, et souvent, lorsque je sentais qu'il allait un peu trop loin, j'étais toujours présent pour le lui rappeler". C'est donc ainsi que le député est "passé de l'aile droite du parti à l'aile gauche", résume le journal. Il prône ainsi l'alliance "rose, rouge, verte", mais ne franchit pas la ligne de la France insoumise. 

Âgé de 46 ans, il se décrit comme "rassembleur" et se considère comme "un jeune socialiste". Mais lorsqu'il organise un déjeuner avec des journalistes, il n'hésite pas à "dézinguer" ses concurrents, rapporte Libération. Mais face à cette contradiction, Luc Cavournas choisit d'en rire", tout en continuant à distribuer les tacles. 

Stéphane Le Foll, le loyal

Figure phare du quinquennat de François Hollande, Stéphane Le Foll a déclaré au Maine Libre qu'il était "décidé à relever le défi, ou plutôt les défis qui sont face à nous, en présentant un projet devant les militants". Selon l'ancien ministre de l'Agriculture, la "refondation du Parti socialiste et de la gauche ne passera pas par des parcours individuels, mais par le retour du collectif et un vrai renouvellement. On ne bâtira pas l'avenir sur le passé. Chacun de ceux qui 'y pensent' devraient y songer avant de 'se lancer' seuls...", a-t-il ironisé sur Twitter.

Ce proche de François Hollande a déjà reçu le soutien d'un ancien collègue, François Rebsamen. L'ancien ministre du Travail sous le précédent quinquennat a indiqué au Journal du Dimanche qu'il faudra "de la persévérance, des convictions de gauche chevillées au corps, et rassembler toute une génération de jeunes élu-e-s qui demain poursuivront le combat pour un monde plus juste, plus écologique et donc plus fraternel". Et c'est donc "dans ce contexte, qu'il estime que Stéphane Le Foll est le mieux placé pour conduire le Parti socialiste vers la reconquête". 

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Le député de la Sarthe, qui n'a pas eu de candidat de La République En Marche face à lui aux dernières législatives est décrit par l'ancien président de la République comme "le fidèle des fidèles. Le loyal des loyaux. Un des plus proches, celui qui m'a accompagné pendant toutes ces années pour m'amener là où je suis"

Olivier Faure, "biberonné" au rocardisme

"Personne n'a remplacé le Parti socialiste", selon Olivier Faure. Au Monde, le chef de file des députés Nouvelle Gauche à l'Assemblée nationale expliqua avoir "envie de conduire la renaissance des socialistes". Et d'ajouter : "Qu'il s'agisse du libéralisme jupitérien de l'un, du populisme protestataire de l'autre ou du nationalisme identitaire de la troisième, aucune de ces visions ne se substitue aux objectifs et aux réponses socialistes (...) Il y a en ce moment un gouvernement qui n'est pas de gauche et une gauche qui n'est pas de gouvernement".

Le député assure que "le cœur de notre identité, hier comme aujourd'hui, c'est la lutte contre les inégalités. Nous en avons fait reculer certaines pendant les années où nous avons gouverné. Mais dans le nouveau monde de la mondialisation et du numérique, en naissent de nouvelles qui appellent de nouvelles réponses. C'est le rôle du PS de les inventer".

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Olivier Faure est un "habitué" du Parti socialiste, "il le connaît comme sa poche, note Le Point. Il est de cette génération d'apparatchiks biberonnés au rocardisme au début des années 90, qui ont fait leurs armes et grimpé les échelons au sein de l'appareil, loin de Sciences Po et de l'ENA.

À l'image de Benoît Hamon, avec qui il partage un appartement dans le 10e arrondissement de Paris. Quand celui-ci prend le contrôle du Mouvement des jeunes socialistes, Faure devient secrétaire général des Jeunes Rocardiens à la suite de Manuel Valls".

Emmanuel Maurel, l'homme de la synthèse

Emmanuel Maurel et la "synthèse nouvelle". "Ma chance, c'est que je peux travailler avec tout le monde. Il y aura dans ma motion des gens qui ont un parcours très différent du mien et avec qui parfois, je me suis affronté", a déclaré le député européen lors d'une interview au groupe Ebra. Comme ses concurrents, il souhaite tourner la page au Parti socialiste, "y compris celle du quinquennat Hollande, on en revient aux fondamentaux qu'on n'aurait jamais dû abandonner, on se fixe des objectifs très clairs, à l'élaboration desquels les militants sont étroitement associé". 

Quelle est la ligne Maurel ? "Républicain, anti-libéral, écologiste : j'ai ma cohérence, ma constance et des propositions pour relever le Parti socialiste (...) Le partage des richesses au cœur de notre identité, reste d'actualité. Le PS redeviendra central à gauche s'il renoue avec les classes populaires et moyennes qui se sont détournées de lui", détaille-t-il.

En 2012, Libération dresse un portrait de ce candidat "socialo vintage". "J'ai un penchant nostalgique mais je me soigne", confiait-il alors au quotidien. "On sent chez Maurel un besoin de prendre du recul. L’accélération des temporalités politiques, infos en continu et tweets obligés, l’irrite. Charlotte Brun pointe aussi une autre de ses manières de ralentir la cadence : 'Il aime la marche en forêt. La notion de 'balade', la contemplation de la nature'", ajoute le quotidien. 

Delphine Batho, la révolution du système

"Je ne peux pas laisser faire ! Je suis candidate pour l'espérance et changer le système". C'est ainsi que Delphine Batho a officialisé sa candidature au poste de premier secrétaire du Parti socialiste. Dans un entretien au Parisien, la députée "conteste de A à Z les modalités d'organisation de ce congrès de confiscation, dans ce qui n'est plus un parti mais une petite mafia politique avec ses parrains, ses lieutenants, ses exécutants". 

À ses détracteurs, elle prévient : "Que les choses soient claires, j'irai jusqu'au bout. Les liquidateurs de l'espérance, le verrouillage de l'appareil ça suffit (...) Ma candidature vient de loin, des combats pour l'éducation, l'anti-racisme, l'écologie. Je ne suis pas candidate pour changer les individus, mais les règles du système. Il faut évidemment partir à la reconquête des catégories populaires, des territoires ruraux, de la jeunesse, sans laquelle il n'y a pas d'élan possible pour la gauche". 

Ministre de l'Écologie de François Hollande, Delphine Batho avait critiqué à l'antenne de RTL son "mauvais budget". En 2014, les crédits de son ministère avait baissé de 7%. Cette déclaration provoquera son limogeage et remplacement par Philippe Martin. Son mentor, Julien Dray, la décrit, dans Libération en 2014, comme "brillante", "très brillante", "travailleuse" et "bûcheuse". "Elle sait tout de ses dossiers. Avec elle, on est dans le sérieux, pas dans l'aventureux. Mais, elle n'a pas assez confiance en elle. Pour masquer ses fragilités, elle a durci son caractère. Et, comme elle est féministe jusqu'au bout des ongles, elle ne veut rien en dire et perd en humanité". 

Julien Dray, pas candidat... mais intéressé

Il reste le cas Julien Dray. Le socialiste n'a pas cédé à la vague de candidatures et a déclaré à BFMTV "prendre son temps" et "penser sérieusement" au poste de premier secrétaire du Parti socialiste. "Ce qui compte (...) c'est de savoir si on est en capacité d'assumer pleinement le défi gigantesque qui est d'éviter la marginalisation ou la groupuscularisation du parti socialiste qui est à l'oeuvre en ce moment", a-t-il précisé.  

Même s'il ne s'est pas encore lancé officiellement dans la bataille, Julien Dray a développé ses idées concernant la gouvernance. Il plaide pour une "co-présidence" du PS, "avec un homme et une femme", ce qui serait "l'antithèse du pouvoir jupitérien". Le socialiste propose également que le congrès se tienne désormais annuellement et non plus tous les trois ans, "avec droit de censure des militantes et des militants".

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