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Offensive turque en Syrie : "Au secours, l'Europe !" lance Olivier Bost

ÉDITO - Face à l'offensive turque en Syrie et la désertion des grandes puissances, "la seule puissance qui peut dire quelque chose si elle arrive à avoir une voix diplomatique forte, c’est l’Europe", estime Olivier Bost.

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"Au secours, l'Europe !" lance Olivier Bost après l'offensive turque en Syrie Crédit Image : Delil SOULEIMAN / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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Olivier Bost
édité par Paul Turban

L’offensive turque en Syrie provoque une catastrophe humanitaire et une escalade très dangereuse dans la région. Emmanuel Macron a reçu la chancelière allemande Angela Merkel ce dimanche 13 octobre au soir pour évoquer cette situation. Face à tous ces événements, au secours l’Europe !


Il faut regarder la situation en face. C’est une région qui est en train de tomber dans le chaos avec des risques considérables. La Turquie de Recep Tayyip Erdogan attaque les Kurdes. La Syrie a décidé de répliquer sur son territoire. Les Américains, avec un Donald Trump pyromane, s’en vont. Les Russes ont décidé de laisser faire. L’Iran et la Chine ne disent rien.

La seule puissance qui peut dire quelque chose si elle arrive à avoir une voix diplomatique forte, c’est l’Europe. Les dirigeants européens sont mobilisés. Mais malheureusement, et comme d’habitude, c’est tardif et en ordre dispersé. La condamnation de l’offensive contre les Kurdes a été lente et l’Europe n’a pas encore parlée d’une seule voix.

"Erdogan avance tant qu'il pense qu'il peut avancer"

Il a fallu plusieurs jours avant que la France et l’Allemagne condamnent ces attaques, contre ceux, il faut sans cesse le rappeler, qui nous ont aidés contre Daesh, contre nos pires ennemis. Il a fallu encore un peu plus de temps pour que l’Allemagne puis la France prennent la décision quasi-symbolique de ne plus vendre d’arme au régime turc.

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L’Europe peut se montrer bien plus ferme. "Erdogan avance tant qu’il pense qu’il peut avancer, explique un responsable de la majorité. S’il n’y a pas de fermeté en face, il va continuer…" Être ferme, cela veut dire, par exemple, le menacer sur le plan économique et revoir les échanges commerciaux. L’Europe représente la moitié des exportations turques. L’Allemagne est le premier client de la Turquie.

Erdogan a malheureusement un autre moyen de pression. Il menace de laisser une partie des 3 millions et demi de migrants qui sont sur son sol rejoindre l’Europe. Faire pression sur Erdogan, cela ne veut donc pas dire que ça marchera. L’Europe sera bien seule, mais elle doit au moins tenter ça.

L'Europe, prochaine victime

Sinon, nos pays, après les massacres sur place, seront les prochaines victimes de ce qui se passe là-bas. Il y aura de nouveaux des attentats. Au-delà du drame humanitaire qui se déroule en ce moment, l’offensive turque risque, comme l’a dit hier-soir Emmanuel Macron, de permettre à Daesh de se réorganiser. C’est dans ses régions que les attentats de 2015 ont été commandités.


Hors micro, même au sein de l’exécutif, beaucoup reconnaissent qu’on a parlé beaucoup trop tôt d’une victoire militaire sur l’Etat islamique. L’organisation a été privée de territoire mais il y a toujours des combattants. Parmi ces combattants, il y a des Européens et notamment des Français.

Les Kurdes, sous-traitant sécurité de l'Europe

Les Kurdes syriens en détenaient en prison et ils avaient demandé à nos pays de les rapatrier. Personne n’a voulu le faire de peur d’affronter son opinion publique. 800 prisonniers liés à l’Etat islamique se sont évadés après les bombardements contre les Kurdes. Des terroristes sont en liberté.
Il faudra bien reparler aussi, à un moment, d’une Cour pénale internationale ou d’une manière de les juger s’ils sont de nouveau arrêtés. Nous avons trop sous-traité aux Kurdes syriens mais aussi aux Irakiens ce travail de police et de justice dans la région. Là encore, il n’y a que l’Europe, même si ce n’est pas gagné, qui peut-être à l’initiative.

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