3 min de lecture Élections municipales

Municipales au Havre : Édouard Philippe, l'homme qui joue le plus gros

ÉDITO - Direction Le Havre, premier port français, mais surtout lieu d’élection du premier ministre. Édouard Philippe est en position délicate à quelques jours du second tour. Son destin national se joue à l’échelle locale.

OlivierBost_245x300 L'Edito Politique Olivier Bost iTunes RSS
>
Municipales au Havre : Édouard Philippe, l'homme qui joue le plus Crédit Image : Lionel BONAVENTURE / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
La page de l'émission
L'Edito Politique - Olivier Bost
Olivier Bost
édité par Marie-Pierre Haddad

Un homme joue son avenir national aux élections municipales : Édouard Philippe au Havre. Il n'a pas été élu au premier tour. Le second tour est-il celui de tous les dangers pour le premier ministre ?

"Édouard Philippe est plus stressé pour cette élection que vous ne le pensez. Il n'est pas très serein". C'est ce que rapporte l'un de ses proches. Pourtant, le premier ministre est arrivé largement en tête au premier tour : un peu plus de 43% des voix. Son concurrent communiste a fait presque 36%

Mais en 2014, Édouard Philippe était passé au premier tour. Et pour le second tour à la fin du mois, il n'a pas de réserve de voix. Ce ne sont pas les électeurs du Rassemblement national, ni ceux d'Europe Écologie-Les Verts dont les candidats n'ont pas franchi le premier tour qui vont se mobiliser pour un premier ministre qui joue sa place à Matignon.

Élection locale, destin national

Nous allons de surprise en surprise dans la vie politique, mais pourriez-vous imaginer un premier ministre battu aux municipales, rester premier ministre ? Édouard Philippe joue bien sa place. Il y a bien un enjeu national dans cette élection locale. Le Havre est la seule ville où un homme joue son destin national. D'où cette petite inquiétude persistante. 

À lire aussi
La commune de la Balme-de-Sillingy a été un des premiers clusters de coronavirus en France, fin février 2020. décision de justice
Covid-19 : des élections municipales annulées, d'autres cas possibles ?

Une inquiétude un peu exagérée, selon un responsable politique local. "Édouard Philippe sait la jouer humble quand il le faut. Il sait que s'il s’affiche certain de gagner, il va perdre". Il y aurait donc un peu de posture et de stratégie. Et il y a donc encore un peu de suspens. C'est une élection. Après Édouard Philippe, sur le plan national, est en meilleur état qu'il y a 2 mois et demi. Je vous rappelle l'ambiance du premier tour : Édouard Philippe avait sur le dos la réforme des retraites, après les "gilets jaunes"

La CGT lui réservait des comités d'accueil pour chacun de ses passages au Havre. Et nous n'étions qu'au début de l'histoire du coronavirus... Dans la pandémie, c'est celui qui s'en est le mieux tiré au sein de l'exécutif. Aux yeux des Français, il est celui qui dit la vérité, qui explique les choses et qui gère. L'ambiance du second tour des élections municipales ne sera pas du tout celle du premier tour. C'est vrai qu'on se souvient qu'Édouard Philippe n'avait pas pu faire campagne quasiment. 

La très faible participation rend difficile les pronostics

Olivier Bost
Partager la citation

D'ici la fin du mois, va-t-il retourner au Havre ? Oui puisqu'il n'y a plus la règle des 100 kilomètres depuis ce matin. De l'hôtel Matignon, à l'hôtel de ville du Havre, il y a 195 kilomètres exactement. Édouard Philippe ira peut-être dès ce week-end.

Il faut qu'il mobilise les électeurs. À peine un électeur sur 4 s'est déplacé en mars dernier. Ça a fait seulement 3.000 voix de plus que son adversaire. 3.000 voix, c'est le score des écolos qui n'ont pas pu fusionner avec les communistes. Cette très faible participation rend difficile les pronostics.

À la fin du mois, il n'est pas sure que ce soit un grand succès de mobilisation. Les Havrais ont retrouvé ce week-end les plaisirs des plages. Mais ça vaut aussi pour son adversaire communiste. Ce qui inquiète le candidat communiste, Jean-Paul Lecoq, c'est le discours social tenu par le gouvernement depuis la crise du coronavirus, avec l'importance des services publics, le soutien à l'hôpital et le chômage partiel. "Avec Emmanuel Macron, ils ont communiqué comme des marxistes, dit-il à parler comme la gauche" et Jean-Paul Lecoq précise "et je m'y connais en marxisme". Au Havre, il y a un petit suspens et pas mal de répartie.

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Élections municipales Le Havre Édouard Philippe
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants