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Marseille : Jean-Claude Gaudin, le Galabru de la politique

PORTRAIT - Le célèbre maire de Marseille est un véritable amoureux de sa ville. Personnage à part, il est presque "indétrônable".

Jean-Claude Gaudin à Marseille le 12 octobre 2017
Jean-Claude Gaudin à Marseille le 12 octobre 2017
Crédit : BORIS HORVAT / AFP
Marseille : Jean-Claude Gaudin, le Galabru de la politique
02:09
Isabelle Choquet

Arrêtez de le gonfler avec son âge. Certes Jean-Claude Gaudin a 79 ans, un tour de taille conséquent, des crises de goutte... Mais il assume. "Moi je ne me fais pas tirer la peau et je ne me teins pas les cheveux couleur violette impériale", dit-il.

Dans sa longue carrière, il a tout fait ou presque, même ministre. Mais son seul amour, c'est Marseille. Voilà plus d'un demi-siècle que le fils de maçon, jeune prof d'histoire, est entré à la mairie. "Cela reste le plus beau jour de ma vie", assure-il.

L'enfant des calanques connaît sa ville comme personne, il donne du pitchoun à tous les minots. Sa seule vraie lacune, c'est le ballon. "Quand il est devenu président de l'OM, raconte Renaud Muselier, il ne savait même pas qu'il y avait une mi-temps, il me demandait si les joueurs changeaient de camp à l'entracte". 

Avec lui, il n'y a pas de sang sur les murs. Il vous étouffe

Renaud Muselier à propos de Jean-Claude Gaudin

C'est derrière avec Renaud Muselier que Jean-Claude Gaudin a conquis la mairie en 95. À l'époque, il lui a dit : "J'ai eu ce que je voulais. Le prochain maire ce sera toi. Moi je ne ferai qu'un mandat". Tu parles. Jean-Claude Gaudin marche dans les pas de Gaston Defferre, son mentor.

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Comme lui, il commence tous ses conseils municipaux trois minutes avant l'heure. Et comme lui, il soigne ses réseaux. Force Ouvrière, la société des eaux, les hôpitaux... Il câline les francs maçons, les boulistes, et connait tous les curés de la ville. Pour durer, il louvoie, il se renie parfois, il flingue au besoin. "C'est un faux gentil", dit Gérard Larcher. Mais "globalement, personne ne lui en veut, ajoute Renaud Muselier. Avec lui, il n'y a pas de sang sur les murs. Il vous étouffe...C'est un édredon".

Un personnage à la Pagnol

Il faut dire qu'il cultive son personnage à la Pagnol. C'est en quelque sorte le Galabru de la politique. Un "papet" jovial à l'accent chantant qui s'en sort toujours par une galéjade. Jamais avare d'anecdotes, toujours les mêmes. Mais comme l'acteur est bon, le public reste.

Des histoires d'antan, loin du Marseille d'aujourd'hui. C'est bien ce que lui reprochent ses adversaires qui le disent usé, fini. "Je suis célibataire, répond-il. Je n'ai pas vu grandir les enfants et les petits enfants, je n'ai pas eu le sentiment de vieillir". Et d'ajouter : "J'ai passé l'âge d'être diacre. Si je ne suis plus maire, qu'est-ce que je fais ?".

S'il vient de lâcher la métropole et promet qu'il ne se représentera pas en 2020, la réalité sera-t-elle la même ? Rêvant sans doute de mourir sur scène, comme Gaston Defferre. "Ceux qui s'en vont, dit-il, ce sont ceux qui perdent".

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