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Légalisation du cannabis : le débat enfumé

ÉDITO - Dans le débat sur la légalisation du cannabis, il n'y a pas vraiment d'entre deux. Alors faut-il tout interdire ou tout autoriser ? Les politiques se déchirent.

Un fumeur de cannabis (illustration)
Un fumeur de cannabis (illustration)
Crédit : Martin BERNETTI / AFP
La légalisation ordonnée du cannabis, qu'est-ce que cela veut dire ?
05:54
La légalisation ordonnée du cannabis, qu'est-ce que cela veut dire ?
05:54
L'Edito Politique - Olivier Bost
Olivier Bost
Journaliste

Des parlementaires, de la majorité mais pas seulement, préconisent une légalisation régulée du cannabis. Mais est-ce bien dans l’air du temps ? Oui et non… Non parce que l’actualité nous rappelle bien les ravages des trafics de drogue : un policier a été tué mercredi à Avignon alors qu'il intervenait dans le cadre d'une opération antidrogue. Des habitants en sont venus à l’autodéfense pour chasser des dealers au pied de chez eux à Paris. L’an dernier, 100 tonnes de cannabis ont été saisies. 1.300 opérations ont été menées contre des points de deal.

Alors avec tout ça, est-ce bien dans l’air du temps ? Oui puisque la France reste la triste championne d’Europe de consommation de cannabis. Presque un million de fumeurs quotidien. Cinq millions de fumeurs occasionnels. Les points de deal démantelés réapparaissent juste à côté. La livraison à domicile explose. Les jeunes Français fument deux fois plus de joints que leurs voisins européens.

La répression et l’interdiction ont-elles le moindre impact sur la consommation de drogue et sur la délinquance que cela engendre ? Aucun ou quasiment aucun… C’est ce que disent ces députés dans leur rapport de 300 pages.

Faut-il capituler ou rester ferme ?

La question du cannabis ne souffrirait que de deux analyses : il y a ceux qui veulent tout interdire (et c’est normal) et ceux qui voudraient tout autoriser (et c’est complètement dingue). Les répressifs et les libertaires.

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La légalisation est assimilée immédiatement à une capitulation morale. On arrête d’interdire. On abdique face au mal. Cet interdit moral empêche tout autre hypothèse que la répression pure et dure. Même si cette interdiction est la plus bafouée de toutes les interdictions et qu’elle empêche toute prévention.

Quels seraient les bénéfices de la légalisation ? Pour en revenir au travail de ces députés, il y aurait des bénéfices réels, d'après eux, pour la sécurité, pour la prévention, la santé et même l’économie. Les produits qui circulent aujourd’hui sont ultra puissants, ce qui augmente considérablement le risque de maladies mentales chez les jeunes. Schizophrénie, anxiété, dépression, décrochage scolaire et social… Avec une légalisation, les produits seraient mieux contrôlés. C’est le raisonnement de ces députés qui prennent en exemple ce qui a été fait au Canada et dans plusieurs États américains.

Quelle est la position de Macron ?

Emmanuel Macron n’est pas du tout sur l’idée de légalisation. Il aurait pu. La légalisation, c’est disruptif, libéral et sociétal. Mais tous ces adjectifs collaient mieux au Emmanuel Macron de 2017. Celui des promesses. Les crises, son positionnement politique, et sans doute ce qu’il en pense vraiment, l’ont totalement écarté de ce que lui propose sa majorité aujourd’hui.

Le chef de l’État, il y a deux semaines, dans Le Figaro, parlait de l’éradication des trafics de stupéfiants comme de "la mère des batailles". En attendant l’éradication, Emmanuel Macron veut lancer un grand débat, un autre grand débat, sur la consommation de drogue et ses effets délétères. Gérald Darmanin, le ministre de l’intérieur, en a pourtant déjà donné la conclusion : la drogue, répète-t-il, "c’est de la merde".

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