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Darmanin a-t-il raison de qualifier le cannabis de "drogue dure" ?

FACT CHECKING - "Parler de drogues dures ou de drogues douces, ce n’est ni médical, ni scientifique. C’est un abus de langage", a souligné le psychiatre Nicolas Authier auprès de nos confrères de "20 Minutes".

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Darmanin a-t-il raison de qualifier le cannabis de "drogue dure" ? Crédit Image : Don MacKinnon / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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Jean-Mathieu Pernin édité par Marie Gingault

Gérald Darmanin a-t-il raison d’affirmer que le cannabis est devenu une drogue dure. Emmanuel Macron s’est déclaré contre sa dépénalisation et Gérald Darmanin dans une interview du Journal du Dimanche réitère son hostilité à la fumette en déclarant, "le cannabis est devenu une drogue dure. Tout le monde sait que le niveau de THC (la substance aux effets psychotropes) a augmenté de manière considérable et crée une dépendance très forte".

Ce qui donnerait plutôt raison au ministre de l’Intérieur c’est une note des services de lutte contre les trafics de stupéfiants, rendue publique par Le Parisien en 2019, qui explique en effet que la teneur en THC de la résine de cannabis est aujourd’hui de 26,5 %, quand ce taux affichait 11 % il y a encore huit ans. Une information corroborée par l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies. 

"Parler de drogues dures ou de drogues douces, ce n’est ni médical, ni scientifique. C’est un abus de langage", explique à 20 Minutes Nicolas Authier, médecin psychiatre et pharmacologue au CHU de Clermont-Ferrand, pour qui ces termes renvoient au militantisme pro ou anti-légalisation du cannabis. Selon lui, il est donc difficile de s’extraire des arguments militants.

1,3 million de consommateurs réguliers en France

Une des dernières catégorisations scientifiques des psychotropes en France remonte à 1998, avec le rapport Roques. Un tableau sur la dangerosité des produits, intégrant également l'alcool et le tabac, classait le cannabis comme "substance légère". Contrairement à l’héroïne, le tabac ou l’alcool qui peuvent provoquer des dépendances psychiques et physiques particulièrement fortes. Pourtant, on l’a vu, le cannabis est plus fort aujourd’hui. Alors, doit-il changer de catégorie ? 

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Pour l’addictologue Bernard Antoine interrogé par le Figaro, "on peut trouver sur le marché du cannabis qui peut engendrer des effets psychoactifs proches des drogues dures", mais le sevrage serait selon lui "tout de même plus simple que les autres drogues et même le tabac".

En 2016, Emmanuel Macron déclarait que la légalisation peut avoir une forme d’efficacité avant de durcir sa position. Le président veut désormais un débat sur "les effets délétères", alors que les députés avaient ouvert à l’Assemblée nationale en février une réflexion sur le cannabis récréatif. La France compterait 1,3 million de consommateurs réguliers mais la discussion reste difficile. 

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