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Le PS au bord de l'enlisement à un an de la présidentielle : 4 questions pour comprendre la guerre interne entre Vallaud, Hollande et Faure

Le Parti socialiste peine à trancher la question du mode de désignation de son candidat. Chacun plaidant pour un moyen qui permette d'avantager sa propre écurie.

Boris Vallaud, François Hollande et Olivier Faure

Crédit : AFP

Marie-Pierre Haddad

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La gauche plurielle n'aura jamais aussi bien porté son nom. À un an de l'élection présidentielle, le Parti socialiste est à nouveau face à ses vieux démons et traverse une zone de turbulence. Invité de France inter ce lundi 11 mai, Boris Vallaud a fustigé la ligne du Premier secrétaire du parti, Olivier Faure, estimant qu'il a "la responsabilité de mettre ce parti en ordre de bataille". "Tout le monde est en campagne, mais pas nous", a-t-il critiqué.


Signe que les tensions ont atteint un point de non retour : Boris Vallaud a claqué la porte de la direction du parti le 8 mai. La raison ? Le mode de désignation du candidat socialiste pour la course à l'Élysée. 

Le patron des députés PS refuse de voir son parti participer à une primaire de la gauche, hors LFI, avec les Écologistes, François Ruffin ou encore Clémentine Autain. Tandis qu'Olivier Faure, lui, plaide pour cette option. 

1. Pourquoi Boris Vallaud a-t-il claqué la porte de la direction du PS ?

Si l'annonce du départ de Boris Vallaud de la direction du PS a été faite avec fracas, elle est néanmoins le résultat d'un désaccord, mis en scène depuis plusieurs semaines par le principal concerné. 

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Dans un courrier adressé à Olivier Faure, le mandataire du courant du député des Landes, le sénateur Alexandre Ouizille, a dénoncé une "collégialité bâclée", une "brutalisation du fonctionnement" des instances du parti, une "stratégie d'isolement et d'enlisement". Proche de Boris Vallaud, le sénateur accuse le numéro 1 du PS de "décider seul" et de refuser "dialogue et recherche de compromis", notamment sur la stratégie pour la présidentielle de 2027. Et plus précisément sur l'organisation d'une primaire.

Boris Vallaud s'y oppose et plaide à la place pour l'organisation "des rencontres de la gauche plurielle". Il souhaitait notamment un vote des militants avant l'été pour choisir leur candidat et la stratégie pour la présidentielle. "On est parfaitement capable de trouver quelque chose qui convienne à tout le monde", "une forme de consensus organisé après ce travail collectif", a-t-il plaidé. Le chef de file des députés s'est d'ailleurs rapproché de Raphaël Glucksmann, candidat potentiel à la présidentielle et qui a déjà indiqué qu'il ne participerait pas à une primaire.

2. Quelles conséquences ?

Avec le départ de Boris Vallaud de la direction du Parti socialiste, c'est aussi son courant qui s'en va, c'est-à-dire 24 membres dont 21 secrétaires nationaux. Cela représente environ un tiers de la direction, a indiqué l'entourage du député des Landes.

Cette décision fragilise ainsi Olivier Faure, réélu à la tête du Parti socialiste en juin 2025, qui se trouve isolé au sein de son propre parti. Le Premier secrétaire devait son élection à celui qui était arrivé troisième lors du congrès du PS : Boris Vallaud. Ce dernier avait choisi de se rallier à Olivier Faure, au détriment du maire de Rouen, Nicolas Mayer-Rossignol.   

3. Olivier Faure va-t-il démissionner ?

Même s'il est affaibli, Olivier Faure a exclu de démissionner de son poste et a appelé le PS à "avancer d'un même pas", martelant que "le congrès permanent, ce n'est pas possible". Imperturbable, le Premier secrétaire a assuré militer pour "une nouvelle gauche plurielle", sur France info. "Je veux un processus qui permette de se mettre d'accord sur la façon d'arriver à un candidat commun", a-t-il insisté. 

"Mais les partenaires disent : 'Attendez, on veut bien une coalition, à une condition, c'est qu'on ait la règle de départage qui permet d'arriver à un candidat'. C'est un peu trop facile de dire : 'On va faire entrer tout le monde dans l'entonnoir, et puis à la fin, on vous dira qui est le candidat'", a-t-il estimé. 

Partisan d'une primaire, à laquelle il pourrait candidater, le Premier secrétaire continue de croire en sa vision. "Les Français disent à 85% qu'ils veulent une primaire de la gauche et des écologistes", a rétorqué Olivier Faure. "La réalité, c'est que si je la proposais (la primaire) et que Raphaël Glucksmann, François Hollande, etc., n'y venaient pas, nous serions dans une situation où nous n'aurions pas trouvé une façon d'avancer", a-t-il défendu. 

4. Et François Hollande dans tout cela ?

Après la ligne Vallaud, celle de Faure, François Hollande aussi a sa vision de la stratégie à adopter en vue de l'élection présidentielle de 2027.

Jamais bien loin des tractations qui se déroulent en coulisses, François Hollande a enterré l'idée d'une primaire. Sur France 3, l'ancien président de la République qui se dit "prêt" pour la présidentielle, a jugé "qu'il n'y aura pas de primaire pour désigner un candidat avec la gauche au-delà du Parti socialiste". "C’est fini, que chacun le comprenne bien, c'est terminé, et cette décision (de Boris Vallaud) vient en donner toute la vérité", a-t-il indiqué.

Il plaide davantage pour une réunion des prétendants sociaux-démocrates, avec Bernard Cazeneuve ou encore Raphaël Glucksmann. Son objectif - à peine voilé - est de s'imposer comme le choix du PS pour le scrutin. 

En attendant que le PS ne tranche cette question et s'apaise, Jean-Luc Mélenchon lui se délecte : "Nous, c'est carré". 

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