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"On a du mal à comprendre..." : le clan Olivier Faure répond à Boris Vallaud et acte la déchirure au Parti socialiste sur la présidentielle

Vendredi 8 mai, Boris Vallaud, chef des députés socialistes, a claqué la porte de la direction du parti en raison notamment de différends sur la stratégie à adopter en vue de la présidentielle. Les soutiens d'Olivier Faure pointent du doigt une attitude "contre-productive".

Boris Vallaud et Olivier Faure

Crédit : AFP

"On a parfois du mal à comprendre.." : les proches d'Olivier Faure répondent à Boris Vallaud

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Arthur Bellier & AFP - édité par Justine Audollent

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Des divisions au Parti socialiste exacerbées. Vendredi 8 mai, Boris Vallaud, patron des députés PS à l'Assemblée nationale, et 24 membres de son courant, ont démissionné de la direction du parti. Ils reprochent au premier secrétaire, Olivier Faure, "une brutalisation du fonctionnement" au PS. 

Entre Vallaud et Faure, les tensions couvaient depuis plusieurs mois autour de la stratégie du parti pour la présidentielle. Les deux hommes sont notamment en désaccord sur la question de la primaire de la gauche, souhaitée par Olivier Faure mais refusée par Boris Vallaud qui plaide pour une désignation interne d'un candidat socialiste pour 2027.

"Ça fait plusieurs semaines qu'on essayait de faire avancer les choses, de proposer des votes, des solutions pour avancer sur le processus présidentiel. À chaque fois, il y a eu un refus d'Olivier [Faure, ndlr], donc on en a tiré les conséquences", explique à RTL le sénateur Alexandre Ouizille, mandataire du courant de Boris Vallaud. 

"On ne pouvait pas rester dans une direction qui a fait quelque part le choix d'une forme d'enlisement, ajoute-t-il. Nous, ce que nous demandons surtout, c'est que nos militants votent et qu'ils votent vite. On voit l'ensemble du spectre politique se mettre en ordre de bataille et on voit que le Parti socialiste est dans l'attente et a un rôle de spectateur. Donc, il faut avancer maintenant et c'est l'alerte que nous envoyons en quittant la direction."

"Rassembler toute la gauche, de François Ruffin à Raphaël Glucksmann"

Le sénateur évoque notamment les nombreuses tentatives pour obtenir au sein du bureau national du PS une délibération sur un vote des militants avant l'été afin de choisir leur candidat et la stratégie pour la présidentielle, ce que refuse la direction. Cette dernière a promis de son côté un vote sur le projet du parti d'ici juin. Le courrier, long de cinq pages, annonçant le départ de Boris Vallaud, accuse Olivier Faure d'avoir "préféré la fuite en avant au débat et au vote", et de "tenir à distance" ceux qui avaient fait le choix de (le) soutenir.  

La réponse des proches d'Olivier Faure ne s'est pas fait attendre. "Rien ne nous fera dévier de notre volonté de construire une solution de rassemblement crédible, solide et capable de gagner pour empêcher l'arrivée de l'extrême droite au pouvoir en 2027", a déclaré la direction du PS à l'AFP dans la soirée de vendredi. 

On défend la primaire. Apparemment, ça ne plaît pas à tout le monde, mais ce n'est pas pour autant qu'on va changer de braquet.

Arthur Delaporte, proche d'Olivier Faure, sur RTL

"Dans la période que traverse notre pays, notre seule responsabilité comme dirigeants politiques est d'être à la hauteur des attentes des Français. Tout le reste est à contretemps des urgences du moment", précise la direction, assurant que "tous ceux qui voudront poursuivre cet objectif de rassemblement et de victoire auront toute leur place dans cette démarche et y seront toujours associés". 

"Je ne vois pas ce que ça change, puisque sur la stratégie, Boris Vallaud n'était pas d'accord, ajoute sur RTL le député Arthur Delaporte, député socialiste et proche d'Olivier Faure.  Si c'est pour dire 'Retenez-moi ou je fais un malheur', je trouve ça plutôt contre-productif. Nous, on cherche à rassembler la gauche avec Olivier Faure, toute la gauche qui va de François Ruffin jusqu'à Raphaël Glucksmann". 

"À partir de là, on défend la primaire, ajoute-t-il. Apparemment, ça ne plaît pas à tout le monde, mais ce n'est pas pour autant qu'on va changer de braquet. Et derrière, c'est un vote sur la stratégie en vue de la présidentielle, ce que réclame par ailleurs Boris Vallaud. C'est pour ça qu'on a parfois du mal à comprendre certaines de ses annonces récentes."

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