3 min de lecture Élections municipales

À la hausse ou à la baisse, quand les maires modifient leurs indemnités

ÉCLAIRAGE- Alors que Louis Aliot et d'autres élus ont augmenté leurs indemnités, des élus écologistes ont baissé les leurs. Attention toutefois, le cumul des mandats peut aussi peser dans la balance.

Louis Aliot a augmenté de 17% son indemnité de maire (illustration)
Louis Aliot a augmenté de 17% son indemnité de maire (illustration) Crédit : RAYMOND ROIG / AFP
Coline Daclin Journaliste

Un peu plus, ou un peu moins. Pour être plus à l'aise financièrement, par conscience professionnelle ou simplement pour faire un bon coup de communication, certains maires récemment élus ont modifié leurs indemnités.

Le salaire maximal des maires est défini en fonction du nombre d'habitants de sa commune. Par exemple, un maire d'une commune de moins de 500 habitants touchera 646 euros brut par mois d'indemnités. De 500 à 999 habitants, ce sera 1.178 euros. Si on prend le maire d'une ville moyenne de 50.000 habitants, il touchera 3.421 euros par mois et au-dessus de 100.000 habitants, il aura chaque mois 5.512 euros. À Paris, à Lyon et à Marseille, être maire est plus rentable : l'indemnité est de plus de 8.000 euros par mois. 

Mais quand on n'atteint pas le maximum autorisé, il est possible de s'arranger avec les chiffres. La loi de finances de 2018 autorise en effet certains élus à revaloriser leurs indemnités afin de les aligner sur la haute fonction publique. À Perpignan (Pyrénées-Orientales), Louis Aliot a ainsi fait voter une hausse de son indemnité de 17%. Le Canard Enchaîné a pourtant rappelé le 15 juillet dernier, que le maire RN avait signé en février 2016 une pétition intitulée "Scandale à Perpignan, les élus de la majorité augmentent leurs indemnités".

Le nouveau maire de Perpignan a expliqué sur Facebook qu'il ne comptait pas "cumuler les deux indemnités de maire de Perpignan et de président de l'agglomération". Finalement, il n'a pas remporté la présidence de l'agglomération, et doit se contenter du poste de vice-président

Perpignan, Douai, Mèze... Plus de revenus pour le maire

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De même à Douai (Nord), le maire PS Frédéric Chéreau a augmenté son indemnité de 1.800 euros brut par mois, signale 20 Minutes. À Mèze, dans l'Hérault, le maire sans étiquette a lui aussi rehaussé son indemnité de 30%. Généreux, il a aussi augmenté celle de ses adjoints de 25%. À chaque fois, un point commun : l'opposition s'indigne. Surtout dans une période de crise sanitaire et économique, il n'est pas bien vu de vouloir plus d'argent. Ainsi, la maire de Ducos, en Martinique, s'est vue refuser sa proposition d'augmentation de ses revenus de 15%.

Les écolos se serrent la ceinture

À l'inverse, certains maires ont décidé de réduire leur indemnité de maire. C'est notamment le cas de plusieurs élus écologistes. À Strasbourg, Jeanne Barseghian a baissé son indemnité d'un peu plus de 1.000 euros brut, pour atteindre un salaire de 4.861 euros brut par mois. "4.800 euros brut, c'est correct. Les élus doivent aussi s'inscrire dans une démarche de sobriété", a-t-elle indiqué à 20 Minutes.

À Poitiers, la nouvelle maire EELV a baissé son indemnité de 1.500 euros par mois pour "réduire l'écart entre les différents élus". "Le ratio entre l'indemnité la plus basse et celle la plus haute est donc à cinq, entre un élu conseiller municipal délégué et la maire", a-t-elle expliqué à France Bleu Poitou. Même chose à Besançon : Anne Vignot a baissé de 1.000 euros son indemnité le 15 juillet dernier. "La fonction d'élue est de monter une politique d'intérêt général et non pas de devenir un notable", a-t-elle déclaré à France 3 Bourgogne-Franche-Comté. Elle a annoncé que le plafond des salaires dans son cabinet serait aussi abaissé de 30 %

D'autres indemnités peuvent être cumulées

Rappelons toutefois que la situation des maires est différentes selon qu'ils cumulent leur mandat d'édile avec d'autres, ou pas. Depuis les dernières lois sur le cumul des mandats, qui ont pris effet en mars 2017, les maires ne peuvent pas être en même temps député, sénateur ou député européen, ni même président de conseil régional ou de conseil départemental. Néanmoins, certains maires peuvent être en même temps président de la métropole ou encore conseiller régional ou départemental. Dans ces cas là, ils peuvent toucher au maximum 8.434 euros brut mensuel

Dans les maires écologistes qui ont baissé leur indemnité, la maire de Poitiers, Léonore Moncond’huy touche par exemple aussi une indemnité pour son poste de vice-présidente de la communauté urbaine de Grand Poitiers, "autour de 1.000 euros" selon elle. La maire de Strasbourg est aussi première vice-présidente et présidente déléguée de l’agglomération, ce qui lui rapporte plus de 2.700 euros en plus selon 20 Minutes. Enfin, Anne Vignot, la maire de Besançon, Anne Vignot, a aussi été élue présidente de Grand Besançon Métropole. À ce titre, son prédécesseur Jean-Louis Fousseret gagnait plus de 2.600 euros par mois.

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