2 min de lecture La France insoumise

La colère de Jean-Luc Mélenchon : stratégie ou problème de tempérament ?

Le leader de la France insoumise a attaqué magistrats, policiers et journalistes après des perquisitions menées chez lui et dans son entourage. Sa colère est-elle une stratégie maîtrisée ou un problème de tempérament ?

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La colère de Jean-Luc Mélenchon : stratégie ou problème de tempérament ? Crédit Image : JACQUES DEMARTHON / AFP | Crédit Média : Philippe Robuchon,Olivier Mazerolle | Durée : | Date : La page de l'émission
Marie-Bénédicte Allaire
Marie-Bénédicte Allaire et Philippe Robuchon

Après des perquisitions menées chez lui, au siège de son parti et dans son entourage, Jean-Luc Mélenchon s'est emporté tour à tour contre les policiers, les magistrats et les journalistes. Le leader de la France insoumise a-t-il un problème de tempérament, ou suit-il une stratégie bien définie ?

La question est tellement sensible qu'il est difficile d'obtenir des réponses de ses proches. Ceux de la France insoumise l'évacuent vite et justifient ses emportements par son caractère "méditerranéen". Ceux qui le côtoient depuis le PS, quand ils acceptent d'en parler, le font hors micro. Un de ses amis socialistes nous confie : "Quand j'étais jeune militant, il nous disait 'ne vous laissez pas emporter par la colère, moi ça m'a fait perdre des années'".

Il y a pourtant toujours des chiffons rouges dans lesquels il fonce tête baissée. Des colères qui paraissent parfois très préparées. Jean-Luc Mélenchon a su en faire une arme politique, pour amener à lui la gauche protestataire.

"Le bruit et la fureur"

Rappelez-vous quand il préparait sa première candidature à la présidentielle, celle de 2012. "Je suis le bruit et la fureur, le tumulte et le fracas", scandait Jean-Luc Mélenchon. C'est une façon de se faire le porte-parole des électeurs qui se sentent hors jeu, oubliés des politiques.

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C'est aussi une référence à une tradition révolutionnaire : il y avait le même clin d’œil à l'extrême gauche dans l'affiche de la manifestation pot au feu de François Ruffin en mai dernier avec l'homme qui brandit un poireau comme si c'état un pavé. Ça a plutôt bien marché d'ailleurs : 7 millions de voix à la présidentielle.

Les phases de Jean-Luc Mélenchon

Mais ce qui est frappant chez Jean-Luc Mélenchon, c'est qu'il oscille entre des phases où il s'assagit, et ce qu'on a vu tout au long de la semaine. Un de ses compagnons de route avoue son incompréhension de le voir s'en prendre à des policiers : il est profondément républicain, or cette semaine, il met en cause la police et la justice. Lui qui il n'y a pas si longtemps critiquait François Fillon ou Marine Le Pen, pour exactement les mêmes raisons.

L'épisode de cette semaine arrive au moment où l'aile gauche du PS est en train de se rapprocher de Jean-Luc Mélenchon. C'est un moment clé pour lui, puisqu'il peut apparaître comme le rassembleur d'une gauche émiettée. Et ça se télescope avec les images de cette semaine.

Tout ça renvoie Jean-Luc Mélenchon au rôle de l'opposant, du protestataire. Ce n'est pas du tout ce qu'il recherche, lui qui se rêve en nouveau Mitterrand. Incarner le bruit et la fureur, c'est de la stratégie à un moment donné, plus quand c'est incontrôlé. Et c'est en train de devenir un vrai problème pour lui.

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