INÉDIT - Michel-Édouard Leclerc s'imagine-t-il un avenir politique ? "Je pense que je vais aller plus vite sur le terrain, que d'aller me coltiner les débats à l'Assemblée"
2 min de lecture
Michel-Édouard Leclerc, le 22 février 2026 sur M6
Crédit : M6
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"Je pense que c'est un propos qu'elle n'aurait pas dû tenir". Depuis le 1ᵉʳ décembre jusqu'au 1ᵉʳ mars, comme tous les ans, supermarchés et fournisseurs mènent des négociations, parfois brutales, qui déterminent in fine les prix en rayon des produits. Mais la semaine dernière, le climat s'est tendu et les distributeurs ont annoncé leur boycott du comité de suivi des négociations commerciales, dénonçant des déclarations "caricaturales" de la ministre de l'Agriculture, Annie Genevard.
Dans une interview accordée au Parisien, Annie Genevard a accusé la grande distribution d'exercer un "chantage mortifère" sur les industriels de l'agroalimentaire. "Les exigences de la grande distribution, en termes de tarifs, sont incompatibles avec les demandes des industriels", a-t-elle notamment déclaré, estimant qu'en cas de négociations violentes, "à l'arrivée, ce sont les agriculteurs qui vont trinquer".
Invité du 20.10 avec Anne-Sophie Lapix sur M6, ce dimanche 22 février, Michel-Édouard Leclerc, président du comité stratégique des centres E. Leclerc, est revenu sur ces propos, qu'il qualifie de "débiles". "J'apprécie la ministre de l'Agriculture. Je vois bien que c'est compliqué pour elle avec la surenchère entre syndicats agricoles et ministre de l'Agriculture aujourd'hui", détaille-t-il, assumant mener les négociations comme un bras de fer.
Les hommes politiques français, les décideurs économiques, le patronat aussi, ils ont l'air d'être du parti de l'inflation
Michel-Édouard Leclerc
"Quelquefois, l'administration ne fait pas le boulot. Elle achète ses papiers et ses crayons plus cher que ce que je vends dans les magasins. Donc la négociation, ce n'est pas un péché. Mais par contre, je pense que ça se passe plutôt bien sur le territoire français, notamment avec les petites entreprises (...) C'est plus les grandes multinationales. Et assez curieusement, les hommes politiques français, les décideurs économiques, le patronat aussi, ils ont l'air d'être du parti de l'inflation", avance Michel Édouard Leclerc, qui a fait du manque de "transparence" des "grandes multinationales" de l'agro-industrie son cheval de bataille.
"Ils n'arrêtent pas de dire 'tout augmente'. Et donc, Michel-Édouard, les centres Leclerc, vous devez répercuter aux consommateurs. En gros, à travers nous, les distributeurs, ils disent : 'le consommateur doit payer'. Mais le consommateur, ses salaires sont bloqués, on est dans la trappe à bas salaire, les retraites sont indexées ou pas. La négociation, ce n'est pas 'je travaille avec toi ou je ne travaille pas avec toi', c'est 'ok, tu as déjà pris 28 % (d'inflation sur les produits alimentaires, NDLR), on va essayer de lisser sur plusieurs années les augmentations'", plaide-t-il encore.
INÉDIT - Michel-Édouard Leclerc s'imagine-t-il un avenir politique ? "Je pense que je vais aller plus vite sur le terrain, que d'aller me coltiner les débats à l'Assemblée"
Le 20.10 d'Anne-Sophie Lapix
Découvrir l'émissionPour le président du comité stratégique des centres E.Leclerc, les négociations en cours ne concernent pas "les produits agricoles". "On parle de Coca-Cola, on parle de chocolat, on parle de Schweppes, on parle des détergents (...) Je pense qu'il faut assumer aussi qu'un produit, même s'ils veulent le vendre plus cher, si les consommateurs ne l'achètent pas, il n'y a pas de rémunération derrière", assure-t-il.
Et pour Michel-Édouard Leclerc, ce sont les distributeurs qui ont "fait baisser l'inflation et pas du tout ceux qui s'en attribue" les mérites. "Je pense que c'est la concurrence entre Leclerc, Carrefour, Système U, Intermarché, Lidl, Action. C'est cette concurrence qui est saine et qui est obligatoire de par la loi", conclut-il.
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