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"Jusqu'à ce que ça se calme" : satisfait du bilan du 24 octobre, Emmanuel Macron veut maintenir les manifestations à l'écart des centres-villes

Après la forte baisse des dégradations constatée le 24 octobre, l'exécutif défend l'idée de manifestations organisées hors des centres-villes. Une doctrine de maintien de l'ordre présentée comme efficace, mais loin de faire l'unanimité.

Le président français Emmanuel Macron rencontre des gendarmes à Marseille, le 26 octobre 2026.

Crédit : Aurelien Morissard / POOL / AFP

Hors des centres-villes, la nouvelle doctrine voulue par Emmanuel Macron pour les manifestations

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Pauline Théveniaud & Jérémy Descours & AFP

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Emmanuel Macron veut-il faire des manifestations hors des centres-villes la nouvelle norme ? Le chef de l'État a en tout cas clairement assumé, ce lundi 26 octobre lors d'un déplacement à Marseille, son choix du week-end dernier. 

Selon lui, le dispositif mis en place du 24 octobre a permis de mieux protéger les commerces et les bâtiments publics, contrairement à ce qui a pu se passer le 17 octobre. "Samedi, les manifestations se sont tenues dans tout le pays et l'ordre aussi a été tenu", a-t-il déclaré.

Dans la foulée, le président a confirmé la ligne fixée par l'exécutif. Afin de garantir "le calme" ce week-end du 31 octobre, les tracés des manifestations demandés par les syndicats "se feront hors des centres-villes", a martelé le président Macron depuis la cité phocéenne. 

"La mesure la plus importante..."

À Paris, samedi dernier, ce choix s'est traduit par un changement de parcours au dernier moment. En effet, le cortège a dû renoncer à relier Bastille à Nation pour défiler finalement entre la porte d'Italie et la porte de Vincennes, en lisière de la capitale.

À l'Élysée, cette stratégie est présentée comme la principale leçon du week-end. Une source au sommet de l'État le résume ainsi à RTL : "Éloigner les cortèges des centres-villes, c'était la mesure la plus importante pour sécuriser les manifestations et éviter les pillages de magasins".

L'exécutif se dit d'ailleurs suffisamment satisfait pour envisager d'en faire une règle "jusqu'à ce que ça se calme".

2.488 commerces touchés

Une nouvelle doctrine du maintien de l'ordre qui s'appuie sur un constat chiffré. Selon le réseau des chambres de commerce CCI France, 2.488 commerces ont été touchés le 17 octobre et 50 le 24 octobre. Parmi eux, 1.161 ont été fortement dégradés par pillage, saccage ou incendie. Le réseau des chambres de commerce évoque aussi des pertes très lourdes pour les commerces de centre-ville avec jusqu'à 80% de baisse de chiffre d'affaires les samedis de manifestation.

"Il faut absolument relancer le commerce", a affirmé lors d'une conférence de presse en ligne le président de CCI France, Alain Di Crescenzo. Il demande une interdiction des manifestations jusqu'aux fêtes de fin d'année.

Ce mardi 27 octobre sur RTL, le ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez, a assuré lui aussi que ces mesures "ont montré leur efficacité samedi [24 octobre, NDLR]". Interrogé sur un possible recul du droit de manifester, il a répondu que les préfets ont simplement interdit certains cortèges déclarés dans les centres-villes là où justement existaient des risques de troubles à l'ordre public, sur un fondement juridique "tout à fait valable".

"C'est ce qui différencie une dictature d'une démocratie"

Mais cette doctrine est loin de faire consensus. La semaine dernière déjà, le changement tardif d'itinéraire à Paris avait provoqué la colère des syndicats. La CGT rejette frontalement cette méthode. 
Son secrétaire confédéral, Thomas Vacheron, accuse le gouvernement d'être "plus fort pour embêter les manifestants plutôt que de sécuriser les commerçants et les bâtiments publics". Et d'ajouter sur RTL : "Les droits syndicaux, c'est ce qui différencie une dictature d'une démocratie."

Au sein de l'exécutif, des réserves existent aussi. Un ministre s'interroge sur cette logique de déplacement systématique des cortèges : "Si chaque fois qu'il y a des appels à manifester, il faut anticiper ce barricadé. C'est quand même un drôle de truc". Reste maintenant à savoir si cette méthode peut véritablement s'installer dans la durée.

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