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Fonds de soutien, chômage partiel, assurances... Ce que prévoit le gouvernement pour aider les commerçants face aux pillages

Au moins 3.000 commerces ont été touchés par des dégradations et des pillages ce week-end, en marge de la mobilisation du 17 octobre. L'Etat souhaite leur apporter son soutien à travers plusieurs mesures.

Une boutique Séphora pillée pendant la mobilisation du 17 octobre, à Lille.

Crédit : Sameer Al-Doumy / AFP

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"Il faut permettre aux commerçants de redémarrer très vite". Au lendemain des violences qui ont touché plusieurs villes françaises, le gouvernement a annoncé une série de mesures ce lundi 19 octobre pour venir en aide aux commerçants concernés par les violences et les pillages. Au moins 3.000 commerces ont été frappés, selon l'exécutif qui souhaite leur apporter un "soutien dédié". 

Les dommages s'élèvent à "des centaines de millions d'euros", a estimé dimanche le président du réseau des chambres de commerce et d'industrie en France, Alain Di Crescenzo, sur RTL. 

"On a décidé de déclencher le chômage partiel dès demain, on le fait tout de suite à 100%", a déclaré le Premier ministre Sébastien Lecornu, à l'issue d'une réunion de la cellule interministérielle de crise. Habituellement, cette mesure prévoit une indemnisation à hauteur de 60% du salaire brut pour les salariés, soit près de 72% du salaire net. 

"Il n'est pas question qu'il y ait de la casse sociale dans cette affaire", a justifié le chef du gouvernement. 

Un fonds de soutien spécifique

"Nous allons débloquer un fonds de soutien spécifique pour l'ensemble de ces commerces", a ajouté Sébastien Lecornu, car "bon nombre de commerçants avaient déjà fait leur stock, y compris pour Noël" et "il y a "un besoin de trésorerie". 

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"On va y répondre de manière évidemment très précise et très directe", a indiqué le Premier ministre. "On n'est pas sur (…) une délinquance générale classique, on est véritablement sur une délinquance générale très précise", a-t-il dit, évoquant du "pillage" et le fait "de revendre d'ailleurs un certain nombre de ces biens pillés". 

"Il faut permettre aux commerçants de redémarrer très vite. Redémarrer très vite, c'est ne pas abîmer évidemment les emplois", a souligné le chef du gouvernement. "On a un soutien qu'on est en train de travailler, un soutien dédié", a assuré le ministre du Commerce, Serge Papin, qui a réuni dans la matinée à Bercy les fédérations représentant les commerçants, les artisans, les restaurateurs et hôteliers, ainsi que les banques et assurances.

Le gouvernement veut accélérer les remboursements

Le gouvernement a aussi entamé des discussions avec les assurances, a indiqué Sébastien Lecornu, pour "accélérer les différentes expertises, éviter d'emmener nos amis commerçants dans des tracasseries de procédures qui n'en finiraient pas". 

Le Crédit agricole a annoncé de son côté la mise en place de mesures pour "soulager" les besoins de trésorerie des commerces concernés avec notamment un moratoire sur les remboursements de crédits et une ligne de crédit d'urgence à 2,5 %, pouvant aller jusqu'à 20.000 euros, déblocable sous 48 heures. 

Vers une coopération entre les plateformes de revente en ligne et le gouvernement ?

Le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, a souhaité lundi une coopération accrue entre l'Etat et les plateformes de revente en ligne comme Vinted, eBay ou Leboncoin afin "d'identifier les profils qui tenteraient de revendre les marchandises volées" lors des pillages de commerces ce week-end. 

Les fédérations des commerçants, enseignes, artisans, et restaurateurs ainsi que les représentants des banques et assurances ont été conviés à Bercy ce soir, à 19h, par Serge Papin, ministre du Commerce, et Anne Le Henanff, ministre déléguée au numérique, selon nos informations. 

Vinted a affirmé à RTL appliquer "une tolérance zéro" en la matière. "Depuis ce week-end, nos équipes ont agi immédiatement pour identifier et supprimer les annonces susceptibles de concerner des biens volés, et nous avons renforcé le contrôle des annonces suspectes", a réagi l'entreprise lituanienne, sans préciser l'ampleur du phénomène.  

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"En cas d'infraction à nos règles, nous prenons des mesures à l'encontre des comptes concernés, pouvant aller jusqu'au bannissement définitif", a-t-elle encore averti, précisant collaborer "activement avec les forces de l'ordre et les autorités françaises". 

Invité sur RTL, Gabriel Attal a formulé la même demande. "Quand on voit que vous avez des jeunes qui, sur les réseaux sociaux ou sur des plateformes de vente en ligne, s'affichent avec des biens qui ont été volés pour les revendre, on doit pouvoir en identifier un certain nombre", a estimé le candidat Renaissance à l'élection présidentielle.

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