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"Il faut que ce soit zéro défaut" : le trio Macron, Lecornu, Nuñez sous pression avant la mobilisation du 24 octobre

À la veille d'un weekend de mobilisation, Emmanuel Macron, Sébastien Lecornu et Laurent Nuñez, placés sous observation, multiplient les rendez-vous et les déplacements.

Laurent Nuñez et Sébastien Lecornu, le 22 octobre 2026

Crédit : Teresa Suarez / POOL / AFP

Marie-Pierre Haddad

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À la manœuvre. Le gouvernement est attentivement scruté dans sa gestion du maintien de l'ordre, avant de nouvelles mobilisations prévues le samedi 24 octobre. Le weekend s'annonce déjà sous tension, avec la tenue du congrès du Rassemblement national. Une mise sous observation pour le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, mais aussi pour le duo à la tête de l'État. 

Après avoir présidé un nouveau conseil de défense ce vendredi 23 octobre, Emmanuel Macron va recevoir pour la première fois les organisations syndicales lycéennes, à la veille d'une nouvelle journée de mobilisation. Le chef de l'État a aussi prévu d'aller à la rencontre des forces de l'ordre. Le Premier ministre Sébastien Lecornu sera à Limoges, ville dont l'Hôtel de ville a été saccagé lors des violences du 17 octobre. Le ministre de l'Intérieur se rend à Orléans, ville qui accueille le congrès du RN.

La pression est forte pour le trio Emmanuel Macron-Sébastien Lecornu-Laurent Nuñez. Le président a été fermement critiqué pour avoir maintenu une tournée dans les pays du Golfe, au lendemain d'un weekend de violences, le Premier ministre a été fustigé pour son absence de réponses concrètes aux revendications lycéennes, et le locataire de la place Beauvau a reconnu avoir failli dans sa mission du maintien de l'ordre. 

"Une atmosphère de pré-guerre civile"

"Si ça continue, il y aura des morts", craint un candidat à l'élection présidentielle. "Il y a une atmosphère de pré-guerre civile, les gens veulent en découdre", alerte un proche d'un autre candidat situé au sein du bloc central. "Il y a une violence totale, une haine totale et un climat pré-insurectionnel", constate un ancien Premier ministre. "La situation est flippante", pour un élu RN.

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Un sentiment aussi partagé à gauche, notamment par Marine Tondelier, invitée de RTL. "Je crains le pire", a déclaré la candidate écologiste à l'élection présidentielle qui reproche au gouvernement de ne pas saisir la gravité de la situation. "Ils n'entendent rien, ils ne comprennent pas ce qui se passe (...) Chaque jour qui passe où ils ne répondent pas à la colère des lycéens, cela va leur coûter beaucoup plus cher", prévient-elle.

Et au gouvernement ? "Un chemin pavé de roses", ironise un membre du gouvernement lorsqu'il doit qualifier la situation au sein de l'exécutif. Avant d'ajouter : "On va tout faire pour que tout se passe bien". "Il faut que ce soit zéro défaut, samedi, assure un autre ministre. 

"Une fin de règne quasi crépusculaire"

Selon l'éditorialiste politique de RTL, Étienne Gernelle, "le chaos actuel montre" que la proposition d'Édouard Philippe concernant la démission d'Emmanuel Macron. "Premier bénéfice pour Emmanuel Macron, il se serait épargné le calvaire des six mois qui nous séparent de la présidentielle et qui s'annoncent pénibles pour tout le monde, dont lui. Le président devient une sorte de boule de flipper aujourd'hui, ballotté entre les crises sociales, sécuritaires et financières", estime-t-il. "C'est une fin de règne quasi crépusculaire qui se profile pour le président. Anticiper son départ lui aurait peut-être permis de préserver mieux son bilan", indique-t-il.

Au micro de RTL, l'éditorialiste Alain Duhamel met en garde sur la méthode du chef du gouvernement. "Il laisse un vide parce qu'il pense qu'expliquer ce qu'il veut faire ou expliquer ses raisons", analyse-t-il. Dans une situation compliquée, "son style personnel qui est vraiment à base de sobriété et de concision, ne lui donne pas un atout formidable", ajoute-t-il.

Quant à Laurent Nuñez, "la situation est tellement grave qu'il ne faut pas en rajouter", estime un député macroniste. Au sein du gouvernement, "tout le monde soutient Laurent Nuñez, ce n'est pas la course à la fusillade sur celui qui est en première ligne", ajoute un conseiller ministériel.

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