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Élections en Israël : pourquoi les partis arabes pourraient décider de l'avenir de Benjamin Netanyahu

En Israël, aucune majorité ne se dessine après les élections législatives marquées par une percée spectaculaire des partis arabes. Ces derniers pourraient devenir décisifs dans la formation d'une coalition et compliquer le retour au pouvoir de Benjamin Netanyahu.

Benjamin Netanyahu lors d'un rassemblement après les élections législatives en Israël, le 28 octobre 2026 à Jérusalem.

Crédit : Jalaa MAREY / AFP

Emilie Baujard & Juliette Vignaud & AFP

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Aucune majorité ne se dessine en Israël ce mercredi 28 octobre, après le dépouillement de trois quarts des suffrages exprimés lors des législatives. Avec 77,6% des bulletins comptabilisés, le Likoud (droite) de Benjamin Netanyahu et ses alliés ont une courte avance sur le bloc principal de l'opposition emmené par le centriste Gadi Eisenkot, avec un nombre de sièges estimé à 54 contre 49. Soit moins que les 61 nécessaires pour obtenir une majorité au Parlement. 

En revanche, les deux listes majoritairement arabes israéliennes, Raam (Liste arabe unie, islamiste modéré) et la Liste unifiée (extrême gauche), semblent en passe de rafler environ 17 sièges, un record. Ces résultats partiels sont susceptibles de changer au fur et à mesure du dépouillement. Plusieurs sondages à la sortie des urnes publiés mardi mettaient les deux principaux camps au coude-à-coude. 

Un paysage politique "transformé"

L'incapacité apparente des deux camps, à ce stade, à réunir un minimum de 61 députés augure d'intenses tractations dans les semaines à venir. Dans ce contexte, l'attention se porte sur d'éventuels signes d'alliance entre le bloc de Gadi Eisenkot et les partis arabes, deux forces farouchement hostiles à Benjamin Netanyahu qui, ensemble, pourraient former une majorité. 

Le chef de la Liste unifiée, Youssef Jabareen, a appelé à soutenir une coalition anti-Netanyahu, avec un "véritable partenariat judéo-arabe" pour l'écarter. Comme le dirigeant de Raam, il s'est dit ouvert à une alliance avec Gadi Eisenkot pour former une majorité - une idée que le centriste avait juré ne pas envisager pendant la campagne. Car un tel partenariat est loin d'être évident, dans un pays où la minorité arabe, 20% de la population, est fortement discriminée et où l'idée de travailler avec ses représentants est inacceptable pour une partie de la majorité juive. 

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"La participation arabe a augmenté de façon vraiment spectaculaire, au point de transformer le paysage" politique, analyse Gideon Rahat, politologue à l'Université hébraïque de Jérusalem, pour l'AFP. Mais le 7-Octobre a généré "beaucoup de suspicion et beaucoup de peur" au sein de la majorité juive envers la minorité arabe, ajoute-t-il. 

Le chef de la gauche Yaïr Golan, membre du bloc emmené par Gadi Eisenkot, a aussi appelé de ses vœux une telle alliance. "Nous ne devons plus accepter la division raciste de Netanyahu entre les voix juives et les voix arabes", a-t-il écrit mercredi sur X. "Nous avons une responsabilité. Et nous avons l'opportunité de former un gouvernement de changement en partenariat avec les citoyens arabes d'Israël". 

"Des citoyens à part entière"

Si cette alliance avec les partis arabes semble difficile, une électrice de gauche veut y croire : "Il faut tout faire pour créer un gouvernement d'opposition et changer de Premier ministre. Je suis heureuse que les partis arabes aient autant de voix. On doit les considérer comme des citoyens à part entière. Et dans ce cas, l'opposition a près de 70 voix et on est majoritaire", dit-elle au micro de RTL.

Sans une telle alliance, la situation a pour l'instant des airs d'impasse, estime Ilana Shpaizman, maîtresse de conférences en sciences politiques à l'université de Bar-Ilan, à l'AFP. "Netanyahu n'a aucun moyen de former un gouvernement" avec ses alliés actuels et le bloc de Gadi Eisenkot devra "soit former un gouvernement avec les partis arabes, soit établir un gouvernement minoritaire", deux options jusque-là rejetées par le camp de l'opposition, dit-elle. 

Les résultats définitifs sont attendus d'ici vendredi matin. Puis le président Isaac Herzog, au rôle habituellement largement honorifique, recevra les chefs des différents partis avant de désigner l'un d'eux pour tenter de former un gouvernement. En cas d'échec, les Israéliens devront retourner aux urnes. Benjamin Netanyahu restera, lui, Premier ministre par intérim. 

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