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Jordan Bardella en tête, Édouard Philippe et Gabriel Attal au coude-à-coude : peut-on se fier aux sondages à 14 mois de la présidentielle 2027 ?

À plus d'un an de la présidentielle de 2027, les sondages placent Jordan Bardella en tête des intentions de vote, surpassant ses potentiels adversaires au second tour. Édouard Philippe et Gabriel Attal se disputent la représentation du centre. Des résultats à prendre avec beaucoup de précautions.

Gabriel Attal, Jordan Bardella et Edouard Philippe

Crédit : AFP

Pauline Théveniaud & Eléonore Aparicio

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À 14 mois de l'élection présidentielle, plusieurs personnalités politiques à gauche comme à droite se sont portées candidates pour succéder à Emmanuel Macron. La campagne commence à peine à prendre forme que les sondages sur l'issue du suffrage se multiplient. L'un des baromètres les plus commentés de cet automne formulé par Odoxa & Mascaret pour Public Sénat et la presse régionale, crédite Jordan Bardella d’un avantage net, y compris en projection de second tour. 

Bardella est en tête dans les intentions de vote testées (autour de 35% au 1ᵉʳ tour) et est donné gagnant dans plusieurs duels de second tour, notamment face à Édouard Philippe (53%) ou Gabriel Attal (56%) dans les scénarios testés. À ce niveau de calendrier, l’intérêt principal est moins le chiffre exact que la conclusion : le RN dispose d’un socle élevé et stable. 

Au centre, Édouard Philippe et Gabriel Attal sont au coude-à-coude. Les enquêtes les plus récentes montrent surtout une compétition de leadership. Dans l’étude Elabe pour BFMTV datant du 28 janvier 2026, à la question “qui serait le meilleur candidat pour représenter le bloc central ?”, Édouard Philippe (23%) et Gabriel Attal (23%) sont au même niveau auprès de l’ensemble des Français. Mais un autre chiffre attire l'attention : 48% répondent "aucune de ces personnalités". À droite, Bruno Retailleau (25%) est en tête pour représenter son camp, devant Xavier Bertrand (16%) et Laurent Wauquiez (12%).

Des résultats à considérer avec prudence

Ces études menées plus d'un an avant la présidentielle mesure davantage un état d’opinion, il ne s'agit pas de prédictions. Ils ne préfigurent pas encore l'évolution de plusieurs éléments clés : la composition définitive des candidats en lice, les éventuelles alliances entre le centre et la droite ou au sein de la gauche, l'impact de la campagne à travers les débats, la crédibilité des candidats et le phénomène du "vote utile". De plus, les événements politiques et économiques à venir pourraient également jouer un rôle déterminant dans le choix des électeurs.

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D'ailleurs, quatorze mois avant la présidentielle 2017, le gagnant dans les sondages n'était clairement pas l'actuel président de la République. Selon Christelle Craplet, directrice opinion chez BVA : "Ça dit à quel point il y a un écart avec la réalité puisque c'était Alain Juppé qu'on voyait comme le grand favori de l'élection et Emmanuel Macron n'était même pas encore testé", rappelle-t-elle. 

Quand vous faites des enquêtes à une telle échéance de l'élection, c'est quand même assez aléatoire.

Christelle Craplet, directrice opinion chez BVA

Une tendance se dégageait néanmoins, relève Jean-Daniel Lévy, directeur délégué de Toluna France. "On voyait très bien qu'il y avait la capacité du Rassemblement national, en l'occurrence Marine Le Pen, de pouvoir être qualifiée pour le deuxième tour. Et la fois d'après, 14 mois avant avril 2022, le duo de deuxième tour était déjà dessiné", précise-t-il. 

Le duo du second tour, Marine Le Pen et Emmanuel Macron, était certes déjà pressenti. Cependant, pour le reste, les prévisions étaient éloignées de la réalité. Xavier Bertrand était alors perçu comme le troisième homme potentiel, mais c'est finalement Valérie Pécresse qui a porté les couleurs des Républicains, obtenant moins de 5% des voix.

"Quand vous faites des enquêtes à une telle échéance de l'élection, c'est quand même assez aléatoire. Je rappelle quand même vraiment à quel point il faut prendre ces enquêtes-là avec prudence", explique Christelle Craplet. "On ne sait pas forcément toujours qui va être candidat. On ne connaît pas forcément les enjeux de campagne", ajoute Jean-Daniel Lévy. Ces sondages doivent être interprétés non pas comme des prédictions, mais plutôt comme une photographie de l'instant.

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