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Crues en France : comment déclarer votre sinistre à votre assurance pour obtenir une indemnisation

Alors que quatre départements de l’ouest de la France sont toujours placés en vigilance rouge crues ce jeudi 19 février, les assurés s’interrogent sur les démarches à effectuer. Faut-il attendre la reconnaissance de catastrophe naturelle ? Comment déclarer un sinistre ? Que couvre réellement votre contrat ? Voici ce qu’il faut savoir pour agir au bon moment.

5 départements ont été placés en vigilance orange pour crues le 23 décembre 2025

Crédit : Maxime Fraisse / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Yasmine Boutaba & AFP

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Le risque de crues reste très élevé dans l’ouest de la France, dans le sillage de la tempête Nils et de nouvelles pluies associées à la dépression Pedro. Le Maine-et-Loire, la Gironde, le Lot-et-Garonne et la Charente-Maritime sont maintenus en vigilance rouge ce jeudi 19 février. De nombreux autres départements sont en vigilance orange pour crues ou pluie-inondation.

Les assureurs redoutent ces épisodes d’intempéries, synonymes de coûts massifs et de logements parfois inhabitables pendant plusieurs mois, notamment en raison du temps nécessaire au séchage des murs.

Avant et pendant la crue : protéger et documenter

Avant même de penser à l’indemnisation, le premier réflexe consiste à s’informer sur l’évolution de la situation, notamment via le service public Vigicrues et auprès de sa mairie.

Les assureurs recommandent de mettre à l’abri les objets de valeur et les documents importants, de préparer un kit d’urgence et d’éviter d’utiliser son véhicule pendant l’épisode de crue.

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Dès que le sinistre survient, il est essentiel de constituer des preuves : photographier les dégâts, dresser la liste des biens endommagés et rassembler les factures. Il ne faut ni jeter les objets abîmés ni engager de travaux avant le passage éventuel d’un expert mandaté par l’assureur.

Faut-il attendre la catastrophe naturelle pour prévenir son assureur ?

Mais faut-il attendre la publication d’un arrêté de catastrophe naturelle ? Sur RTL, le chroniqueur économique Martial You a été très clair, mardi 17 février : "Vous appelez dans les 48 heures qui suivent l’inondation. L’assureur, lui, va attendre ensuite la déclaration de catastrophe naturelle."

Autrement dit, la déclaration de sinistre doit être faite immédiatement, sans attendre la décision des pouvoirs publics. C’est ensuite l’assureur qui adaptera la procédure en fonction de la reconnaissance, ou non, de l’état de catastrophe naturelle.

Certains groupes, comme la Macif ou Covéa (Maaf, MMA, GMF), ont d’ailleurs étendu exceptionnellement les délais de déclaration pour leurs assurés face à l’ampleur des intempéries.

Êtes-vous automatiquement couvert ?

Tous les contrats d’assurance de biens, comme les multirisques habitation, comportent obligatoirement une garantie catastrophes naturelles, notamment pour les inondations. Si un arrêté est publié, l’indemnisation se fera dans ce cadre.

En revanche, les tempêtes ne relèvent pas automatiquement du régime "catnat", c'est même rare. Elles sont généralement couvertes au titre de la garantie événements climatiques (tempête, grêle, neige). La différence concerne surtout le mécanisme d’indemnisation entre assureurs et État.

Après la crue : expertise, indemnisation… et prévention

Une fois la déclaration effectuée, l’assureur peut mandater un expert pour évaluer les dommages. Les indemnisations peuvent être accélérées dans les zones les plus difficiles d’accès : la présidente de France Assureurs, Florence Lustman, a annoncé le lancement d’une "mission de reconnaissance commune", un dispositif rare destiné à faciliter les démarches.

Au-delà de la réparation, il est aussi possible d’anticiper. Comme l’a rappelé Martial You sur RTL, des travaux de protection contre les inondations peuvent être financés "à hauteur de 80 %" si vous habitez en zone inondable, via le "fonds Barnier" - ou Fonds de prévention des risques naturels majeurs.

Un point essentiel alors que les épisodes de pluies intenses se multiplient et que les sols, fragilisés par l’alternance sécheresse-pluies, accentuent les risques de fissures et de dégradations des habitations.

Dans ce contexte, prévenir rapidement son assureur, documenter les dégâts et connaître précisément ses garanties sont les clés pour limiter les conséquences financières d’une crue.

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