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Jihadistes : faut-il les faire revenir et les juger en France ?

ÉDITO - L’épineuse question du retour des jihadistes en France refait surface. La France devrait finalement en rapatrier 500 d’entre-eux. Allons-nous vers une série de procès en France ?

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Jihadisme : faut-il faire revenir et juger les jihadistes en France ? Crédit Image : Ludovic MARIN / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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Olivier Bost
édité par Marie-Pierre Haddad

Les jihadistes français en Irak et en Syrie vont-ils être rapatriés en France pour y être jugés ? La ministre de la Justice, Nicole Belloubet, a entrouvert cette solution ce week-end dans le quotidien Libération

C’est un vrai changement de doctrine. Jusqu’ici, tous les membres du gouvernement interrogés jusqu’aux Premier ministre et même le président de la République, n’avaient qu’une seule réponse : les Français qui ont commis des crimes de guerre doivent être jugés dans les pays où ils ont été arrêtés.

L’État français a demandé aux soldats kurdes de les garder dans les prisons ou dans des camps. Il a demandé à l’État irakien de les juger. Pour les enfants, quelques-uns ont été rapatriés ces derniers mois mais la plupart sont encore sur place. Là, les ministres expliquaient qu’il était difficile, voir impossible, de séparer les enfants de leurs parents.

Pourquoi ce changement de position ?

Et donc cette position a changée. Pour l’instant uniquement de la part de la ministre de la Justice. Pour 3 raisons : d’abord parce que l’Irak, dans les faits ne jugent pas ou a très peu jugé de jihadistes français. Moins d’une quinzaine.

Nous voulions sous-traiter la détention et le jugement de nos ressortissants. Beaucoup de diplomates et même les autorités irakiennes étaient septiques. Ils avaient raison. Ça ne marche pas ou c’est très aléatoire. Deuxième raison : la situation sanitaire dans les camps se dégradent. Il y a des combattants, des femmes de combattants et des enfants. Selon les estimations, il y a un peu près 200 adultes et 300 enfants aux mains des Kurdes.

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Troisième raison : l’instabilité générale dans la région. Il y a eu le lâchage des Kurdes par Donald Trump, l’offensive turque et maintenant les tensions en Irak. Le risque établi, c’est que ces jihadistes se retrouvent dans la nature un jour ou l’autre. Ce n’est pas une menace à prendre à la légère.

7 enfants de jihadistes rapatriés en France en 2019

Daesh commet des attentats en Irak et pourrait se réorganiser. C’est ce qui préoccupe le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian. Il nous l’a confié sur RTL. D’où l’hypothèse de rapatrier les jihadistes français pour les juger. Il y a déjà eu des enfants de jihadistes rapatriés en France : 7 au total l’an dernier. Ils ont tous moins de 5 ans.

Il n’y a pas eu de combattants de parents sauf ceux qui ont été interpellés lors de leur passage en Turquie. Le retour de tous les jihadistes présents dans la zone irako-syrienne avait bien été envisagé et préparé il y a un an. 2 avions avaient été affrétés, la liste des jihadistes établies, mais Emmanuel Macron avait tout annulé.

Il n’y a pas de bonnes solutions

Olivier Bost
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Pourquoi ? À cause de l’opinion ? Dans les sondages, les Français sont extrêmement hostiles à ces retours. C’est normal. L’idée que des jihadistes soient emprisonnés, puis jugés et qu’ils puissent un jour être libérés, fait peur. Or, c’est déjà ce qui se produit depuis quelques années. 450 djihadistes ou radicalisés condamnés pour avoir combattu en Irak ou en Syrie pour avoir projeté d’y aller pour apologie du terrorisme ont purgé leurs peines. 

Ils sont sortis de prison en France ces 2 dernières années. Le ministère de la Justice se veut rassurant, ils sont suivis dans des structures de déradicalisation et par les services de renseignements. Alors, remplir de nouveaux les prisons avec ceux qui sont aujourd’hui en Irak et en Syrie est bien évidemment un sujet compliqué. Se dire qu’il vaut mieux laisser ces terroristes le plus loin possible, qu’ils soient tuer sur place dans leur bourbier semble le plus simple.

Mais ça revient surtout à se masquer les yeux et se boucher les oreilles en se disant que cela nous protégera. Il n’y a pas de bonnes solutions, rien qui empêchera à 100% des attentats. Il n’y a que la moins mauvaise solution et pour la ministre de la Justice, c’est désormais de faire revenir sur notre sol ces jihadistes. C’est maintenant à Emmanuel Macron de le décider.

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