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"Je ne prends jamais mes cinq semaines de vacances" : une proposition de loi pour pouvoir transformer ses congés en salaire

Selon une étude Verian pour Airbnb, 20% des Français ne prennent pas l’intégralité de leurs cinq semaines de congés payés. Face à ce constat, des députés LR proposent d’autoriser, sur la base du volontariat, la monétisation d’une partie des jours non pris afin d’améliorer le pouvoir d’achat des salariés.

Une personne face à son clavier d'ordinateur (illustration)

Crédit : zan X JsI / Unsplash

"Je ne prends jamais mes cinq semaines de vacances" : faut-il pouvoir transformer ses congés en salaire ?

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Tom Froidefond & Yasmine Boutaba

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À un mois du début des vacances d’été, la question des congés payés revient dans le débat public. Si les Français restent attachés à leurs cinq semaines de repos annuelles, ils ne les utilisent pas toujours. D’après une étude Verian pour Airbnb, un salarié sur cinq ne solde pas l’ensemble de ses congés.

Face à cette réalité, plusieurs députés, notamment du groupe Les Républicains, souhaitent permettre aux salariés qui le désirent de transformer une partie de leurs congés non pris en rémunération supplémentaire. Une mesure qui relance le débat entre pouvoir d’achat et droit au repos.

Dans le quartier d’affaires de La Défense, certains salariés reconnaissent avoir du mal à décrocher. C’est le cas de Mani, juriste, qui admet ne plus prendre cinq semaines de vacances depuis longtemps. Même lorsqu’il s’absente, le travail le suit. 

"Sur la plage avec ma tablette en train de regarder les décisions récentes", raconte-t-il au micro de RTL. Au total, il estime ne prendre qu’environ trois semaines de congés par an. Une situation qu’il regrette lui-même : "Ça me manque. C’est un paradoxe".

Entre contraintes professionnelles et préoccupations financières

Pour d’autres salariés, la question des congés évolue avec l’âge et les priorités personnelles. Andrea, jeune mère de famille, veille désormais à utiliser l’ensemble de ses jours de repos. Une attitude bien différente de celle qu’elle avait au début de sa carrière.

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"Quand j’avais 20 ans, je trouvais ça normal de favoriser mon travail", explique-t-elle à RTL. Elle se montre toutefois favorable à la possibilité de monétiser certains congés pour les plus jeunes. "Ça permettrait de ne pas les prendre si on ne souhaite pas les prendre pour avoir l'argent à la place. Parce qu'en plus, les salaires ne sont pas les mêmes à 35 ans qu'à 20 ans. Et quand on a 20 ans, je pense qu'on a plus envie de sortir, etc. Et donc, on va avoir besoin d'argent".

Rayan, 26 ans, partage ce constat. Il affirme ne jamais prendre cinq semaines complètes de vacances. "Je prends toujours deux semaines, une semaine, trois jours. Je n’ai pas le temps de voyager. J’ai un peu trop de problèmes dans la vie de tous les jours. Du coup, je bosse, je bosse et je bosse", confie-t-il. S’il aimerait disposer de davantage de temps libre, il considère qu’à son âge, l’épargne reste une priorité.

L’étude met en lumière plusieurs raisons expliquant ce phénomène. Moins de six salariés sur dix estiment qu’il est facile de poser des congés. Chez les 18-30 ans, 45% déclarent rencontrer des freins. D’autres invoquent des difficultés financières, l’envie de conserver des jours pour faire face à un imprévu, ou encore des responsabilités professionnelles qui rendent leur absence compliquée.

Une proposition pour monétiser les jours non utilisés

Pour répondre à cette situation, le député LR des Alpes-Maritimes Eric Pauget propose d’autoriser les salariés à monétiser une partie de leurs congés non pris, sous réserve d’un accord avec leur employeur.

"On sait qu’il y a environ 20 à 30% de salariés qui perdent leur droit au congé payé chaque année", explique l’élu au micro de RTL ce mercredi 3 juin. Son objectif est de permettre à ceux qui le souhaitent de transformer ces jours en temps de travail rémunéré.

Selon sa proposition, les jours concernés seraient travaillés et payés en supplément. Le député souhaite également que cette rémunération soit défiscalisée et désocialisée afin d’augmenter son impact sur le pouvoir d’achat. "Cela permettra aussi d’éviter de perdre ce droit au congé payé", estime-t-il.

Une idée déjà évoquée mais contestée

L’idée n’est pas nouvelle. À l’été 2025, la ministre du Travail de l’époque, Astrid Panosyan-Bouvet, avait évoqué la possibilité de monétiser la cinquième semaine de congés payés. Une piste également soutenue alors par François Bayrou.

La proposition avait cependant suscité une vive opposition syndicale. La secrétaire générale de la CFDT, Marylise Léon, avait dénoncé une mesure revenant à demander aux salariés de sacrifier leurs congés pour améliorer leur niveau de vie.

Rapidement abandonnée, l’idée a refait surface au printemps avec une nouvelle proposition portée par Eric Pauget. Dans une tribune publiée dans L’Opinion, le député défend une mesure qu’il présente comme un moyen de "redonner à la valeur travail une traduction concrète" tout en laissant le choix aux salariés concernés.

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