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Homéopathie : 3 questions sur le déremboursement, acté par Agnès Buzyn

ÉCLAIRAGE - La ministre des Solidarités et de la Santé a annoncé suivre l'avis de la Haute autorité de santé qui préconisait un déremboursement de l'homéopathie.

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Agnès Buzyn répond aux questions des auditeurs Crédit Image : Ludovic MARIN / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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La Curiosite´ - Sidonie Bonnec Thomas Hugues
Thomas Hugues et Marie-Pierre Haddad

La fin du remboursement de l'homéopathie. Dès le 1er janvier 2021, l'homéopathie ne sera plus remboursée par la Sécurité sociale. Cette décision a été tranchée mardi 9 juillet par le gouvernement. Agnès Buzyn s'est ainsi alignée sur l'avis de la Haute autorité de santé (HAS) qui avait conclu à l'absence d'efficacité avérée de ces produits pharmaceutiques. 

Dès le 1er janvier, les petites granules aujourd'hui remboursées à 30% ne le seront plus qu'à 15%, puis ce taux tombera à zéro en 2021, a indiqué la ministre des Solidarités et de la Santé. Une décision en deux temps qui ne satisfait ni les laboratoires, ni les "anti-homéopathie".

Cette "période de transition" permettra de "se laisser le temps de la pédagogie" auprès des patients et "laissera aussi le temps aux industriels de s'organiser", a plaidé la ministre des Solidarités et de la Santé sur RTL ce mercredi 10 juillet.  

1. Que vont devenir les homéopathes ?

Le déremboursement de l'homépathie induit-il la fin du remboursement des consultations chez des homéopathes ? Sur RTL, Agnès Buzyn rappelle que "les médecins homéopathes sont pour beaucoup d'entre eux des médecins généralistes. Ils ont la capacité de prescrire des médicaments, certains se spécialisent et ne font plus que ça". 

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Mais la grande majorité "a une pratique régulière de la médecine générale", précise la ministre des Solidarités et de la Santé. C'est ce qui se passe dans les autres pays. La France est le seul pays qui remboursait l'homéopathie. Tous les autres pays, en dehors du Luxembourg ou de la Suisse ne remboursent pas au plus l'homéopathie". 

La ministre des Solidarités et de la Santé assure donc que le déremboursement de l'homéopathie ne sera pas suivi d'un déremboursement des consultations. "Il y a toujours des médecins homéopathes, ils sont moins nombreux qu'en France. Les consultations sont celles de médecine générale", précise-t-elle.

2. Une médecine à deux vitesses ?

"Je ne souhaite pas une médecine à deux vitesses, au contraire, lance Agnès Buzyn à ses détracteurs. Je me bats pour l'accès aux soins pour tous. 

"Les médicaments homéopathiques ne sont pas tous remboursés, beaucoup d'entre eux sont achetés par les Français sans être remboursés et ils n'ont jamais demandé le remboursement. Certains sont remboursés et ils ne le seront plus à partir du 1er janvier 2021", indique la ministre qui précise qu'ils sont peu remboursés et nous avons fait des calculs".

Les 1% des Français qui consomment le plus d'homéopathie, des très gros consommateurs, "sont remboursés au plus fort de 25 euros par an, soit 2 euros par mois. Ça ne peut pas grever le budget des Français parce que ça coûte très, très peu cher", ajoute Agnès Buzyn.

3. Un choix politique ?

Face aux réactions de Xavier Bertrand, président de la région Hauts-de-France, mais aussi celle de Laurent Wauquiez, ancien patron des Républicains et Gérard Collomb, ancien ministre de l'Intérieur qui critiquaient la volonté de dérembourser l'homéopathie, Agnès Buzyn répond qu'il est nécessaire de rester "très vigilant à l'utilisation de l'argent de la Sécurité sociale". 

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"Je suis très vigilante à ce que des médicaments soient utilisés, ça ne peut pas être des pétitions qui décident de ce qui peut être remboursés au nom par la Sécurité sociale", explique la ministre. 

Agnès Buzyn rejette tous arguments visant à dire qu'il s'agit d'une mesure de "politique politicienne". Elle assure que "la politique n’a rien à faire dans le remboursement des médicaments. Ils doivent prouver leur utilité (...) On ne doit pas mêler la politique aux résultats scientifiques. Cependant, la ministre reconnaît avoir du faire face à "beaucoup de pressions"

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