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"Gilets jaunes" : ce que pourrait annoncer Emmanuel Macron pour sortir de la crise

ÉCLAIRAGE - Après un long silence, le président devrait intervenir en début de semaine pour annoncer des mesures sociales fortes en réponse à la crise des "gilets jaunes".

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Ce que pourrait annoncer Macron pour calmer la colère des "gilets jaunes" Crédit Image : GONZALO FUENTES / POOL / AFP | Crédit Média : Christophe Ponzio | Durée : | Date :
Benjamin Hourcade
Benjamin Hourcade et AFP

Si à l'Élysée on admet qu'il est nécessaire de "changer de méthode", Emmanuel Macron ne veut pas changer de "cap". Son allocution à venir doit lui permettre de donner des réponses à la crise des "gilets jaunes" sans pour autant enterrer son ambition réformatrice.

Des "macronistes historiques" militent pourtant pour un "tournant social" face aux "orthodoxes" budgétaires de Matignon et Bercy. "Il faut réformer mais aussi accompagner les gens vulnérables. On doit leur faire sentir que les efforts sont partagés", réclame l'économiste Philippe Aghion, qui a travaillé sur le volet économique du programme présidentiel.

Le chef du groupe REM à l'Assemblée Gilles Le Gendre a mis en garde samedi contre l'idée de "faire n'importe quoi" au nom de la justice sociale car "la principale mesure de justice sociale et de pouvoir d'achat, c'est de pouvoir faire en sorte que les Français retrouvent du boulot. Le meilleur pouvoir d'achat c'est le salaire".

SMIC, minimum vieillesse, taxe d'habitation...

Selon les informations du Journal du Dimanche, Emmanuel Macron aurait dit devant des élus que les 80km/h et la baisse des APL étaient des "conneries". Le président de la République aurait ajouté, selon des propos rapporté par Le Parisien : "Vous n’imaginez pas comme je ne suis pas aidé…". 

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Afin de sortir de la crise des "gilets jaunes", plusieurs pistes seraient évoquées par l'Élysée. Parmi elles, figurent un coup de pouce au SMIC au delà des 1,8% prévus en 2019. Une piste démentie ce dimanche par Muriel Pénicaud, pour qui augmenter le SMIC "détruirait des emplois". "Si on augmente tous les salaires de façon automatique, il y a plein d'artisans et de commerçants qui vont mettre la clef sous la porte", a-t-elle déclaré sur le plateau de LCI.

Autre possibilité : une prime mobilité en 2019 "pour les sept Français sur dix qui se rendent à leur travail en voiture", comme l'a indiqué la ministre du Travail. 

En plus d'une hausse du SMIC, la piste d'une revalorisation du minimum vieillesse serait aussi évoquée à l'Élysée. Tout comme l'avancement de la "désocialisation" (exonération de charges sociales) des heures supplémentaires, prévue en principe pour septembre 2019.

Du côté de Bercy, Bruno Le Maire et Gérald Darmanin proposent aussi d'encourager les entreprises à verser à leurs salariés une prime exceptionnelle de fin d'année, qui serait exonérée d'impôt.

Le Journal du Dimanche ajoute une piste supplémentaire avec "la suppression de la taxe d'habitation qui devrait être plus rapide au lieu d'être échelonnée sur trois ans". Enfin, "le président de la République réfléchirait également à baisser l'impôt sur le revenu, comme il l'avait déclaré face à Marine Le Pen, pendant le débat de l'entre-deux-tour".

Édouard Philippe sur la sellette ?

Cible principale des "gilets jaunes", Emmanuel Macron est appelé à changer de style, ce qu'il a déjà esquissé avec une série de mea culpa ces derniers mois, mais sans effet sur sa popularité. "La Macronie a commencé à dire que la crise était de la faute du Premier ministre qui ne voulait rien lâcher. La bonne entente entre eux deux est terminée", affirme une source proche de la majorité. En revanche, une dissolution, réclamée par Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, semble exclue.

Les "gilets jaunes" ont bloqué les réformes à venir

Dans tous les cas, le gouvernement se refuse à revenir sur les réformes engagées. Emmanuel Macron a fixé mercredi sa ligne rouge en affirmant ne pas vouloir "détricoter" des réformes décidées depuis 18 mois, en premier lieu l'ISF, chiffon rouge pour les gilets jaunes et les oppositions de gauche. Elle pourrait être évaluée plus rapidement qu'initialement prévu à l'aune du retour des exilés fiscaux ou de l'utilisation des plus de trois milliards d'euros rendus aux ménages les plus aisés.

Ce qui est pour le moins sûr, c'est que les réformes à venir seront chamboulées. "L'agenda est caduc. Comment faire la révision constitutionnelle, la PMA, dans ces conditions ? Il faut tout reconstruire dans l'ordre", avertit un pilier de la majorité. "Je ne vois pas comment il pourra faire passer les réformes", s'inquiète un autre conseiller, alors qu'Emmanuel Macron veut lancer début 2019 des chantiers majeurs, comme la réforme des retraites et celle de la fonction publique.

Toute nouvelle mesure sociale, cumulée à l'abandon des hausses des taxes sur les carburants, creusera le déficit budgétaire au delà des 2,8% visés par le gouvernement en 2019.

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2018-12-09 15:56:00
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