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"Gilets jaunes" : comment Emmanuel Macron a fait son mea culpa

DÉCRYPTAGE - Même si le cap reste le même en matière de transition écologique, Emmanuel Macron a changé de ton et de champs lexical pour s'adresser aux "gilets jaunes". Il reconnaît une erreur dans la méthode.

Emmanuel Macron a fixé le cap de la Transition écologique mardi 27 novembre 2018
Emmanuel Macron a fixé le cap de la Transition écologique mardi 27 novembre 2018 Crédit : Ian LANGSDON / POOL / AFP
MariePierreHaddad75
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

Un discours qui va dégonfler le mouvement des "gilets jaunes" ou lui redonner un second souffle ? Emmanuel Macron s'est livré à un exercice périlleux, ce mardi 27 novembre. Le président de la République s'est exprimé depuis l'Élysée afin de répondre à la grogne sociale et d'annoncer des mesures sur la trajectoire environnementale du quinquennat.

En un peu moins d'une heure, le chef de l'État a annoncé une série de mesures comme le fait que la fiscalité des carburants sera adaptée aux fluctuations des prix afin d'en limiter l'impact pour les Français qui utilisent beaucoup leur voiture. Il a aussi ajouté que la centrale nucléaire de Fessenheim sera fermée à l'été 2020.

Outre ces mesures, Emmanuel Macron s'est attelé à renouer le dialogue avec les Français. Plus question d'affirmer seulement que le cap gouvernemental serait maintenu. Désormais, le président de la République change ton, en entamant un mea culpa sur l'emploi d'une méthode qu'il juge maintenant inadaptée

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Un mea culpa envers les "gilets jaunes"

Hors de question de jeter de l'huile sur le feu et d'attiser la colère qui gronde déjà fortement dans le pays. Emmanuel Macron a humblement tenu à rappeler que le gouvernement doit "entendre les protestations d'alarme sociale" mais "sans renoncer à nos responsabilités" car "il y a aussi une alarme environnementale". 

Le président de la République a assuré qu'il ne "confondait pas les casseurs avec des concitoyens qui veulent faire passer un message. Mais je ne céderai rien à ceux qui veulent la destruction et le désordre, car la République, c'est à la fois l'ordre public et la libre expression des opinions", a-t-il insisté. 

Nous devons donc entendre les protestations d'alarme sociale

Emmanuel Macron
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Tout au long de son discours, Emmanuel Macron a expliqué avoir entendu la colère qu'il qualifie de "juste". Surtout, il a reconnu un problème dans la méthode qu'il a utilisée. "Ceux qui disent que ce sont, au fond, toujours les mêmes qui font les efforts ont raison (...) Depuis des années, le discours consiste à dire : 'Vous n'avez pas les moyens de vous loger dans les grandes villes, c'est pas grave, allez vous installer dans une ville périphérique'". 

Une main tendue

En signe de main tendue, à peine le discours d'Emmanuel Macron terminé, l'Élysée a annoncé que François de Rugy, le ministre de la Transition écologique et solidaire, rencontrera les représentants des "gilets jaunes", à la demande du président de la République

"Cette crainte je ne peux que la comprendre et la partager. Tout sera mis en oeuvre pour accompagner cette transition pour que l'écologie à la français soit une écologie populaire", a insisté Emmanuel Macron. 

Autre signe visant à désamorcer la crise des "gilets jaunes", la fiscalité des carburants sera adaptée aux fluctuations des prix afin d'en limiter l'impact pour les Français qui utilisent beaucoup leur voiture. "Je refuse que la transition écologique accentue les inégalités entre territoires et rendent plus difficile encore la situation de nos concitoyens qui habitent en zone rurale ou en zone périurbaine", a déclaré le chef de l'État.

Une prise de conscience de la "colère sourde"

Selon le président de la République, "on présente aux Français aujourd'hui la facture de quarante ans de petites décisions d'ajustement. Nous avons tous notre part de responsabilité sur ce sujet. Nous devons donc entendre les protestations d'alarme sociale mais nous ne devons pas le faire en renonçant à nos responsabilités pour aujourd'hui et pour demain parce qu'il y a aussi une alarme environnementale". 

Emmanuel Macron souhaite désormais éviter qu'une "France à deux vitesses" ne se créée en matière d'écologie. "Je crois profondément que nous pouvons transformer les colères en solutions", a-t-il dit en fin de discours. Un message plein d'espoirs qui vise à tourner la page de l'incompréhension entre les Français et lui. 

"Cette crise ne se limite pas au prix des carburants, il faut là-dessus être lucide et honnête. je suis déterminé à reconnaître mais à prendre en charge, tous les sentiments à mes yeux profonds qui se sont exprimés au cours de cette crise et que j'ai identifié. Je ne me déroberai pas (...) Je renonce à chercher ici toutes formes d'excuse, je crois comprendre cette colère sourde, ses rancunes et ses rancœurs qu'éprouvent les citoyens". Reste à savoir si cela suffira à calmer la colère

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