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Génération identitaire : le Conseil d'État confirme sa dissolution

L'institution a estimé lundi 3 mai que les actions du groupuscule d'extrême-droite tendent "à justifier ou encourager la discrimination, la haine ou la violence".

Une manifestation contre l'islamisme organisée par le groupe d'extrême droite Génération Identitaire (GI) à Paris, le 17 novembre 2019.
Une manifestation contre l'islamisme organisée par le groupe d'extrême droite Génération Identitaire (GI) à Paris, le 17 novembre 2019.
Crédit : Philippe LOPEZ / AFP
Florine Boukhelifa & AFP

L'association avait contesté sa dissolution via un référé-suspension. Le Conseil d'État a finalement estimé lundi 3 mai que la dissolution du groupuscule d'extrême droite Génération identitaire était "proportionnée à la gravité des risques pour l'ordre public". 

"Cette association, sous couvert de contribuer, selon ses dires, au débat public sur l'immigration et de lutte contre le terrorisme islamiste, propage, depuis plusieurs années, des idées (...) tendant à justifier ou encourager la discrimination, la haine ou la violence envers les étrangers et la religion musulmane", a estimé le Conseil d'État. "La dissolution de cette association est proportionnée à la gravité des risques pour l'ordre public et la sécurité publique résultant des activités de l'association", a-t-il poursuivi.

Vendredi dernier, Génération identitaire (GI) avait contesté devant le juge des référés sa dissolution, décrétée le 3 mars et justifiée selon le gouvernement par l'"incitation à la discrimination, à la haine et à la violence" et la "volonté d'agir en tant que milice privée". Lors de l'audience, la défense a estimé que l'association ne faisait que participer au débat public sur "le lien entre immigration et terrorisme, et plus globalement l'insécurité", en adoptant "une position ferme et dure" : "stopper l'immigration", selon Me Pierre Robillot.

De nombreuses opérations polémiques

La représentante du ministère de l'Intérieur, Pascale Léglise, avait en revanche défendu que Génération identitaire, par l'entretien d'un "amalgame entre les immigrés, les étrangers, les musulmans et les islamistes" mettait "de l'huile sur le feu". Dans son ordonnance, le Conseil d'État a abondé dans ce sens. "L'association organise en outre des évènements créant ou entretenant des sentiments xénophobes ou racistes", souligne la juridiction.

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Créée en 2012, l'association loi 1901, dont le nombre de militants et sympathisants était estimé avant la dissolution à 800 tout au plus par les spécialistes, s'est fait connaître en occupant le chantier d'une mosquée en construction à Poitiers. Elle avait alors déployé une banderole évoquant "732" lorsque "Charles Martel a battu les Arabes à Poitiers".

Une opération anti-migrants, menée dans les Pyrénées fin janvier, avait "scandalisé" le ministre de l'Intérieur. Gérald Darmanin avait alors engagé la procédure de dissolution. Le Conseil d'État a également estimé que l'association utilisait "une imagerie et une rhétorique guerrières" et a refusé de transmettre au Conseil constitutionnel la Question prioritaire de constitutionnalité (QPC) de l'association.

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