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Enseignant assassiné : Macron promet des actions "concrètes", quelles sont les pistes ?

ÉCLAIRAGE - Après 2h30 de réunion lors du Conseil de défense, Emmanuel Macron a annoncé un "plan d'action" dès cette semaine contre "les structures, associations ou personnes proches des milieux radicalisés".

Emmanuel Macron, le 16 octobre 2020
Emmanuel Macron, le 16 octobre 2020
Crédit : ABDULMONAM EASSA / POOL / AFP
Marie-Pierre Haddad

"La peur va changer de camp". Ce sont les mots martelés par Emmanuel Macron lors du Conseil de défense qui s'est déroulé le 18 octobre. Trois jours après l'assassinat de l'enseignant Samuel Paty, l'exécutif souhaite apporter une réponse politique avec des mesures "à court et moyen terme".

"Les islamistes ne doivent pas pouvoir dormir tranquilles dans notre pays", a notamment déclaré le président de la République. Cette réunion a débouché sur un "plan d'action" qui doit débuter dès cette semaine contre "les structures, associations ou personnes proches des milieux radicalisés", a indiqué l'Élysée

Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a estimé, ce 19 octobre sur Europe 1, que le père d'une collégienne de Conflans Saint-Honorine et le militant islamiste radical Abdelhakim Sefrioui "ont manifestement lancé une fatwa" contre le professeur Samuel Paty pour avoir montré en classe des caricatures de Mahomet. Quelles sont les pistes sur lesquelles planchent Emmanuel Macron et le gouvernement ?

Une dissolution du CCIF et de BarakaCity ?

La mouvance islamiste et les réseaux sociaux sont au cœur des actions du gouvernement. Gérald Darmanin a annoncé vouloir "proposer la dissolution du Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF) et de BarakaCity, des associations ennemies de la République".

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Le CCIF "est une association qui touche des aides d'État, des déductions fiscales et dénonce l'islamophobie d'État", a précisé le locataire de la place Beauvau. "Il faut arrêter d’être naïfs et voir la vérité en face : il n’y a aucun accommodement possible avec l’islamisme radical. Tout compromis est une compromission", a ajouté le ministre de l'Intérieur. Une liste d'autres associations doit aussi faire l'objet de "mesures appropriées" après contrôles.

Lutter contre le financement du terrorisme

Sur France 3, Bruno Le Maire veut s'attaquer aux cryptomonnaies. "Il y a aujourd'hui un problème de financement d'un certain nombre d'associations islamistes ou de réseaux islamistes sur lesquels je pense que nous devons et nous pouvons mieux faire", a précisé le ministre de l'Économie.

Objectif : "Renforcer le contrôle des fonds financiers". Le patron de Bercy a ensuite détaillé ses propos à travers un exemple. "Vous pouvez aller demander 150 euros dans un bar-tabac, puis 150 euros dans un autre tabac et au bout du compte récolter une somme importante : 1.500 euros, qu'une association islamiste ou un combattant situé à l'étranger pourra retirer en liquide à l'étranger sans aucune trace".

Un "dispositif juridique contre la haine" en ligne

Emmanuel Macron souhaite aussi mettre en place un "contre-discours" aux propos inexacts ou à la propagande radicalisée, indique l'Élysée auprès de l'AFP. Autre axe : les réseaux sociaux. Depuis le 16 octobre, la plateforme de signalement Pharos a identifié 80 messages qui soutiennent l'action de l'agresseur. Ils donneront lieu dès ce lundi à des procédures diligentées par la police ou la gendarmerie", à savoir des convocations ou des perquisitions à domicile, a fait savoir la présidence. De façon plus générale, l'exécutif réfléchit à un renforcement de la plateforme de signalement. 

Le gouvernement souhaite aussi présenter un "dispositif juridique de lutte contre la haine sur les réseaux sociaux". Une tentative qui avait déjà été faite avec la loi Avia mais qui avait été censurée par le Conseil constitutionnel au nom de la liberté d'expression. La ministre déléguée à la Citoyenneté Marlène Schiappa, a d'ailleurs prévu de recevoir le 20 octobre les patrons de ces réseaux sociaux. 

La députée LaREM Laetitia Avia a indiqué dans un entretien au Parisien travailler "à la rédaction d'articles sur la modération des contenus haineux et la façon de mieux identifier leurs auteurs. Ils pourraient être examinés dans le cadre d'une proposition de loi". L'entourage d'Emmanuel Macron a fait savoir à l'AFP que ces mesures pourraient venir renforcer le projet de loi contre le séparatisme qui doit être présenté le 9 décembre prochain.

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