3 min de lecture Justice

Enseignant assassiné : qui est Abdelhakim Sefrioui, le militant islamiste en garde à vue ?

Abdelhakim Sefrioui, un militant islamiste dont le nom n'était pas inconnu, a été placé en garde à vue samedi 17 octobre dans le cadre de l'enquête sur l'assassinat de l'enseignant dans les Yvelines.

Abdelhakim Sefrioui
Abdelhakim Sefrioui Crédit : MIGUEL MEDINA / AFP
Aude Solente

L'enquête sur la décapitation du professeur d'histoire-géographie, au collège, vendredi 16 octobre, dans les Yvelines progresse. Et parmi les onze personnes mises en garde à vue se trouve un militant islamiste très actif : Abdelhakim Sefrioui . 

Interpellé ce samedi 17 octobre à Evry avec sa compagne, Abdelhakim Sefrioui entretenait des liens avec un parent d'élève, celui-là même qui avait demandé le renvoi du collège de Samuel Paty après que l'enseignant ait montré des caricatures de Mahomet en classe. En effet, Abdelhakim Sefrioui avait accompagné l'homme, début octobre au collège du Bois d'Aulne de Conflans-Sainte-Honorine pour faire part de son agacement. 

Il y a quelques jours ce militant dont le nom était déjà connu, avait diffusé sur YouTube une vidéo dans laquelle il dénonçait le professeur, en donnant son "titre" de "membre du Conseil des imans de France", une association qui n'a aucune existence légale selon BFMTV. 

"Macron a attisé la haine contre les musulmans"

Il y déclarait, tout en traitant l'enseignant de "voyou" : "Nous sommes partis de là-bas (la rencontre avec la principale du collège) avec la ferme intention de mobiliser pour une action devant l'établissement et devant l'Inspection académique. Mais, dans l'après-midi, l'Inspection académique a contacté le parent d'élève et lui a exprimé son étonnement et (...) qu'ils allaient sévir." Il y insistait aussi sur le fait que, selon lui, le chef de l’Etat "Emmanuel Macron a attisé la haine contre les musulmans".

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Selon des informations du Point, des agents locaux du service central du renseignement territorial avait rédigé une note le lendemain de la rencontre entre le père mécontent du cours de Samuel Paty, Abdelhakim Sefrioui et la principale du collège. Seulement voilà, la note ne serait parvenue aux responsables du renseignement qu'au milieu de la semaine.  

"Ça fait 12 ans que les services tentent d'accrocher judiciairement Abdelhakim Sefrioui en raison de ses activités séparatistes. Son implication dans cette polémique n'était pas anodine et aurait dû faire tiquer les agents et faire l'objet d'une remontée d'informations plus précise. Même si cela ne signifie évidemment pas que sa présence était annonciatrice d'un attentat", déclare ainsi un haut fonctionnaire au Parisien.  

Connu des services de renseignement

Abdelhakim Sefrioui n'était, en effet, pas inconnu des services antiterroristes français, qui le suivent depuis 15 ans. L'islamiste est même fiché S depuis plusieurs années et d'après Le Parisien son nom est répertorié dans le ficher des personne radicalisé

L'homme placé en garde à vu s'est fait connaître en 2010 mais est, comme le souligne L'Expressun militant islamiste actif en région parisienne depuis la fin des année 1980. À la tête du collectif pro-palestinien Cheikh Yassin (nommé d'après le fondateur du Hamas, tué par l'armée israélienne en 2004), il avait organisé, en 2010, durant des mois des manifestations devant la mosquée de Drancy, où officie Hassen Chalghoumi, l'imam de cette mosquée. 

En 2010, et 2011, on retrouve son nom dans deux affaires : l'une dans laquelle il s'opposait à une proviseur d'un lycée de Saint-Ouen qui désirait interdire le port de la jupe longue ; l'autre dans laquelle il défendait une femme qui, intégralement voilée, avait été exclue d'une procès public auquel elle assistait.

En juillet 2014, il avait également participé, à Paris, à des manifestations pro-Gaza, en scandant des slogans à la gloire du Hamas et du Jihad islamique.  Plus tôt, en 2004, il avait déjà mené des actions dans la rue Jean-Pierre Timbaud, réputée pour être un bastion de l'islam rigoriste, en faveur de "la liberté des femmes de porter le voile". Et en 2006, il avait également rejoint le bureau de campagne de Dieudonné en 2006, lorsque ce dernier préparait sa candidature à l’élection présidentielle.

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