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Législatives 2022 : comment Emmanuel Macron gère sa majorité, façon chef de clans

DÉCRYPTAGE - Afin d'étendre sa majorité présidentielle, Emmanuel Macron n'avait pas hésité à laisser des satellites prospérer autour de LaREM. Le chef de l'État veut désormais sonner le rapatriement des troupes sous un parti unique.

Emmanuel Macron, le 28 avril 2022
Emmanuel Macron, le 28 avril 2022
Crédit : CHRISTOPHE PETIT TESSON / POOL / AFP
Marie-Pierre Haddad

La majorité façon tribus. Pour son second quinquennat, Emmanuel Macron veut consolider sa galaxie de soutiens et de relais politiques. Ces cinq dernières années, le président de la République s'est attelé à nouer des alliances avec d'autres forces politiques, comme le MoDem ou Agir et a aspiré une partie des courants de droite, comme de gauche. Objectif atteint. 

Un quinquennat plus tard, la recomposition politique amorcée en 2017 a débouché sur le morcellement des Républicains et du Parti socialiste, en proie l'un comme l'autre à une crise existentielle. 

Pour la macronie, cela s'est traduit par une multitude de satellites qui gravitent autour d'Emmanuel Macron. Partis, mouvements, groupes, alliés, soutiens... La philosophie "et en même temps" du chef de l'État a donné naissance à plusieurs formes de macronisme. Avec l'arrivée des élections législatives, la question de leur pérennité se pose. Effet comète ou constellation en expansion ? 

Un grand parti ? Merci, mais non merci

Avec vous ? Le slogan d'Emmanuel Macron pendant la campagne électorale pourrait tout aussi bien s'adresser à ses soutiens dans la sphère politique. 2022 ne marquera pas seulement la réélection d'Emmanuel Macron mais surtout le regroupement sous une même bannière de toutes les nuances du macronisme. Traduction : un grand parti unique

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Première étape, pour ne pas dire obstacle à l'entente des macronistes : les élections législatives. Coalition ? Alliance ? Le poids des mots montre l'électricité qui règne en macronie, notamment du côté du parti d'Edouard Philippe, Horizons. Si dans la théorie, l'idée permet de simplifier l'organisation de la majorité avec un regroupement des idées et des forces, en pratique, le Président se heurte aux volontés des personnalités derrière les partis. 

Et pour répondre aux clans qui commencent à se positionner pour le scrutin des 12 et 19 juin, un parlementaire LaREM aime souligner que "le président a été très largement élu tout seul". "L'essentiel, c'est lui qui l'a fait. Est-ce que qu'il y a une personne qui a apporté quelque chose de significatif à sa campagne ? Personne ne pèse beaucoup", tranche-t-il.

Bayrou et Philippe veulent faire bande à part

Une façon de bien rappeler la hiérarchie qui sévit en macronie. Cela n'empêche pas que ce projet de parti unique n'est pas du goût de François Bayrou. À la tête de la chapelle MoDem, ce proche d'Emmanuel Macron veut conserver son influence auprès de son parti, du groupe à l'Assemblée et du président de la République. 

C'est là que son intérêt diverge par rapport à celui du parti présidentiel. Selon un ministre, cité par L'Opinion, "la peur de l’Élysée, c’est qu’on passe de trois à sept groupes. Mais ça serait compliqué de faire vivre un groupe qui irait de Christian Estrosi à François Rebsamen". 

Même réticence pour Edouard Philippe qui voit son appétit grandir depuis le soir de la réélection d'Emmanuel Macron. L'ancien premier ministre veut constituer un groupe à l'Assemblée nationale pour consolider son parti, Horizons. Il a ainsi besoin d'un accord avec LaREM pour les législatives, mais sans pour autant se fondre dans le parti présidentiel. De son côté, Emmanuel Macron préfère ne pas laisser trop d'amplitude au maire du Havre pour s'affranchir de la macronie.

Apaisement à l'horizon ?

Un député LaREM estime que ce grand parti fantasmé doit permettre "d'élargir la majorité". "Si on leur donne (aux élus Horizons, ndlr) ce qu'on a, c'est une répartition. Pas une extension", ajoute-t-il. 

Selon un autre élu En Marche, aussi partisan de l'élargissement, "si c'est pour se partager un gâteau d'élus sortants qui va diminuer... Quel est l'intérêt ? On filera droit aux bras de fer. Le PS et LR sont morts. C'est là qu'il faut aller chercher des circonscriptions à gagner", avec les soutiens d'Emmanuel Macron. 

"Il faut que les entourages arrêtent de se parler", préconise un élu macroniste qui voit les tensions s'ancrer peu à peu entre tous les clans. Afin d'y remédier, plusieurs représentants des différentes composantes de la majorité se sont réunis le 1er mai au soir à l'Élysée. Un objectif clair a été défini : négocier les investitures aux élections législatives, comme l'a indiqué l'entourage de plusieurs participants à l'AFP.

Le président LaREM de l'Assemblée nationale Richard Ferrand, Edouard Philippe et le ministre des Relations avec le Parlement, le MoDem Marc Fesneau ont notamment participé à cette réunion multilatérale. L'un des participants a expliqué à l'AFP qu'une première liste d'investitures de candidats aux législatives devrait être publiée "en milieu de semaine", avant une deuxième "en fin de semaine". Coalition ou absorption, il faut encore patienter quelques jours pour connaître la réponse.

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