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Elisabeth Borne prononce un discours lors de la conférence « Choose Europe for Science » à Paris, le 5 mai 2025.
Crédit : Gonzalo Fuentes / POOL / AFP
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L'ancienne Première ministre Élisabeth Borne a annoncé mercredi 6 mai qu'elle se retirait de la direction de Renaissance, tout en restant membre du parti. Sur France Inter, elle a expliqué ne plus se reconnaître pleinement dans l'orientation défendue par Gabriel Attal. L'ancienne Première ministre lui aurait remis sa lettre de démission avant de rendre sa décision publique.
"Je ne me retrouve pas complètement dans la ligne, qui n'est pas forcément débattue au sein de Renaissance", a-t-elle dit sur France Inter. "Donc j'ai décidé de démissionner du Conseil national de Renaissance, de me mettre en retrait du bureau exécutif et de me consacrer à la structure que j'ai créée, 'Bâtissons ensemble'."
L'ancienne locataire publiera jeudi 6 mai un essai aux accents programmatiques intitulé "Réveillons-nous" aux éditions Robert Laffont. Elle a affirmé sur France Inter qu'elle resterait tout de même "simple adhérente" de Renaissance. "Je suis attachée aux militants et je suis attachée aux valeurs qu'on a portées en 2017, mais je ne souhaite pas participer aux instances."
Son annonce survient alors que Gabriel Attal s'active en vue de la présidentielle, multipliant les déplacements pour tenter de déloger Édouard Philippe de son rang de favori du bloc central pour la course à l'Élysée.
Élisabeth Borne avait tenté en 2024 de prendre la tête de Renaissance pour succéder à Stéphane Séjourné, nommé commissaire européen. Elle avait finalement renoncé à briguer la tête de Renaissance, laissant la voie libre à Gabriel Attal. Les deux anciens Premiers ministres étaient parvenus à un accord pour éviter une confrontation qui aurait fragilisé le parti. Gabriel Attal devait ainsi être le seul candidat au poste de secrétaire général de Renaissance, ex-En Marche, tandis qu’Élisabeth Borne devait prendre la présidence du Conseil national, sorte de Parlement interne du mouvement.
Interrogée sur une éventuelle candidature à la présidentielle de 2027, Élisabeth Borne a assuré que ce n’était "pas du tout le sens" de sa démarche, disant vouloir avant tout porter des propositions. Elle a également formulé une critique de la méthode d’Emmanuel Macron, en se disant opposée à un exercice du pouvoir "solitaire" et trop "vertical".
Quant à ses points de désaccord avec la ligne de Renaissance, elle a cité le "respect du droit international", du Conseil constitutionnel et de la Constitution. Ces divergences ne sont pas nouvelles. En septembre 2025, la députée du Calvados avait déjà marqué sa réserve en boycottant le discours de clôture de Gabriel Attal au meeting d’Arras, comme d’autres responsables du parti critiques de son éloignement vis-à-vis d’Emmanuel Macron. Elle n'était pas non plus présente lundi soir au bureau exécutif qui a examiné les propositions de désignation du candidat du parti à l'élection présidentielle.
De leur côté, les proches de Gabriel Attal minimisent l'événement. "On ne fait pas la Nouvelle République, son slogan, avec Élisabeth Borne", déclarait un de ses soutiens, à RTL. Pourtant, selon un ponte du macronisme, ce retrait envoie un signal négatif aux électeurs : pour être président, il faut être capable de rassembler.
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