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ÉDITO - Présidentielle 2022 : il y a bien des idées, mais il faut tendre l’oreille pour les entendre

Dans cette élection présidentielle, le débat sur les droits de succession avance, mais à bas bruits.

Emmanuel Macron le 4 décembre 2021 à Jeddah en Arabie Saoudite.
Emmanuel Macron le 4 décembre 2021 à Jeddah en Arabie Saoudite.
Crédit : Thomas SAMSON / AFP
Le débat sur les droits de succession: comme un petit air de lutte des classes!
03:14
Le débat sur les droits de succession: comme un petit air de lutte des classes!
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L'Edito Politique Olivier Bost
Olivier Bost

Au milieu des déclarations fracassantes il faut tendre l’oreille pour entendre des idées dans cette campagne présidentielle. Et des idées, contrairement à ce que l’on peut croire ou dire il y en a dans cette campagne présidentielle.

Sur les droits de succession, chaque candidat avance effectivement à bas bruit. Des pistes ou se positionne vis-à-vis des autres.  En une semaine, Valérie Pécresse, Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon en ont parlé et avant-eux Marine Le Pen et Eric Zemmour. 
Et ils disent des choses.

Mais de quoi parle-t-on exactement ? C'est là que le bât blesse. Les héritages, les donations dans notre pays c’est un sujet ultra-sensible à très haute valeur symbolique, politique et même intime.  Un sujet très largement méconnu et qui se nourrit de beaucoup d’idées reçus : nous détestons collectivement l’idée d’être taxé sur notre héritage parce nous considérons que c’est le travail d’une vie qu’il s’agit d’un patrimoine familial qui dépasse sa valeur financière ou que l’État n’a pas à s’immiscer dans ce que nous voulons donner à nos enfants. 

Ces taxes sont vues comme des impôts injustes sur ce qui a déjà été taxés ou ce sont les impôts sur la mort.

Pourquoi est-ce exagéré ?

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Parce qu’en fait, les Français sont très inégalement taxés sur les donations ou leurs héritages. Les classes moyennes supérieures payent souvent plein pot, effectivement, les plus riches et ultra-riches ont tout un tas de dispositifs pour payer proportionnellement beaucoup moins. Et surtout pour la grande masse, il n’y a pas d’héritage ou des sommes qui ne sont pas du tout taxé.

Tout ça pour vous dire que lorsqu’on l’on parle de taxer les héritages et les donations, tout le monde est d’accord, mais très peu de monde est concerné ou surestime complétement ce que ça va réellement coûter à ses héritiers.

Quelles sont les idées des candidats ?

Autant le dire tout de suite : aucune ne vient chambouler le système, elles sont même plutôt paresseuses. La droite et l’extrême droite veulent exonérer plus souvent les donations, ce n’est pas très originale. Valérie Pécresse voudrait même aller plus loin sur les droits de successions. Le souci à droite, c’est que ça ne correspond pas complétement à une approche libérale classique.

En privilégiant les gros héritages, ça revient un peu à défendre la rente plutôt que la valeur travail. À gauche, la boussole est toujours la même, Jean-Luc Mélenchon a dit le 9 janvier dernier au Grand Jury RTL qu’au delà de 12 millions d’euros, il prend tout, 100% de taxe, du confiscatoire assumé.

Et qu'en est-il d'Emmanuel Macron ?

Emmanuel Macron parlait aux lecteurs du Parisien la semaine dernière, d’aider à transmettre les patrimoines modestes. C’est un peu abstrait parce que les patrimoines modestes ne payent rien. 

Il y a en revanche un sujet qui a retenu l’attention de la majorité ce sont les filiations indirectes si vous héritez de votre tante  c’est 60% de taxation, c’est beaucoup et c’est d’ailleurs ce qui rapporte vraiment à l’État. Emmanuel Macron est quand même prudent sur ces sujets. En 2017, il avait abandonné son idée de casser les rentes en alourdissant les successions trop impopulaires, l’idée ne reviendra pas en 2022.

Ce débat sur les héritages, même altéré par beaucoup d’idées fausses, est intéressant. Il est le dernier sujet qui a des accents de lutte des classes à l’ancienne. Un bon vieux clivage comme on n’en fait plus dans une présidentielle un peu folle aux sujets autant inflammables qu’éphémères, ça nous fait au moins un repère connu.

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