1. Accueil
  2. Actu
  3. Politique
  4. ÉDITO - Burkini dans les piscines de Grenoble : pourquoi Piolle crée-t-il la polémique ?
3 min de lecture

ÉDITO - Burkini dans les piscines de Grenoble : pourquoi Piolle crée-t-il la polémique ?

À Grenoble, le maire veut lever l'interdiction du burkini dans les piscines. Une démarche provocante, qui est aussi électoraliste.

Eric Piolle, maire de Grenoble est aussi candidat à la primaire d'EELV
Eric Piolle, maire de Grenoble est aussi candidat à la primaire d'EELV
Crédit : MARTIN BUREAU / AFP
ÉDITO - Burkini dans les piscines de Grenoble : pourquoi Piolle crée-t-il la polémique ?
00:03:41
ÉDITO - Burkini dans les piscines de Grenoble : pourquoi Piolle crée-t-il la polémique ?
00:03:41
L'Edito Politique Olivier Bost
Olivier Bost

Le maire de Grenoble, l'écologiste Éric Piolle veut lever l'interdiction du burkini ce lundi dans les piscines de sa ville, lors d'un conseil municipal qui s'annonce tendu. Ça faisait longtemps qu'un sujet urticant comme ça n'avait plus émergé dans l'actualité. Rappelons-le, le burkini est la version baignade du voile. Le voile islamique est un objet religieux pour cacher les femmes de la tentation des hommes. Poser comme ça, ça semble simple mais si c'était si simple, les politiques ne replongeraient pas dedans aussi facilement. 

Ce n'est pas aussi simple parce que le droit, le communautarisme, l'électoralisme, la liberté et la provocation s'en mêlent. Ce qui fait beaucoup pour un sujet qui concerne quelques lieux et quelques personnes tout au plus. Notre pays est une exception mondiale, nous sommes encore capables d'y passer des heures. Le maire de Grenoble estime que les règlements des piscines ne doivent pas traiter une question religieuse sous des prétextes d’hygiène et de sécurité. Là où il a raison, c'est que la laïcité ce n'est pas ça.

La laïcité c'est d'abord une liberté, celle de croire et de pratiquer et elle impose une neutralité aux agents de l'État et dans les écoles. La laïcité n'impose pas de tenue dans la rue ou à la plage. C'est la loi et les tribunaux le disent et le rappellent. Tout ce qui déborde de ça est une instrumentalisation de la laïcité.

Le maire de Grenoble ne s'y trompe pas, mais il pousse un peu loin. Il parle lui avec l'autorisation du burkini dans les piscines publics de progrès social. Selon son argumentaire, tel qu'il l'a donné à Pascal Praud dans RTL Midi, permettre aux femmes de se baigner en burkini ne les privera plus de l'accès à cet espace public. C'est une question d'égalité. Et il rajoute une autre égalité, hasardeuse, pour appuyer sa démonstration : comme les hommes les femmes pourront aussi se baigner seins nus. Une liberté pour une liberté.

Une démarche électoraliste

À lire aussi

Sous couvert de légalisme et d'égalité Éric Piolle tombe surtout dans la provocation. Il aime ça, il le fait sciemment. Il a beau jeu de dénoncer sur RTL une Zemmourisation des esprits. Il utilise à sa façon les mêmes ficelles. Pour faire parler de soi, il faut provoquer un rejet suffisamment fort, c'est une nouvelle façon de faire de la politique. Au passage, Éric Piolle fait revivre une part du discours d'Éric Zemmour, qui lui voit des burkinis partout. 

Il y a bien d'autres urgences en matière de discriminations, bien réelles, que de pouvoir se baigner en burkini. Passons aussi sur le décalage qui devrait pousser à une certaine réserve, quand des femmes ailleurs dans le monde, se battent pour ne pas porter ces tenues islamistes. Éric Piolle fait tout ça sous l'influence d'une association proche de l'islamisme politique. La démarche du maire de Grenoble accompagne un communautarisme, un séparatisme qu'une loi a tenté d'endiguer.

La démarche d'Éric Piolle est aussi électoraliste. La France Insoumise considère que les musulmans de France sont stigmatisés dans le débat public. Cela a permis à Jean-Luc Mélenchon de capter cet électorat. Cette nouvelle affaire du burkini va se finir soit en crise politique locale, des élus de l'équipe d'Éric Piolle refusent ses idées sur le burkini et vont essayer de les contrer en conseil municipal. 

Cela peut aussi finir comme dans la ville de Rennes, dans l’indifférence générale, en passant sous les radars médiatiques et sans créer une épidémie de burkini. Troisième hypothèse, beaucoup plus embêtante, que cela finisse devant les tribunaux en application de la loi séparatisme ou d'une autre. D'appels en recours, ces jurisprudences ne nous sortiront pas du piège de ce débat totalement inutile.

La rédaction vous recommande
À écouter aussi

L’actualité par la rédaction de RTL dans votre boîte mail.

Grâce à votre compte RTL abonnez-vous à la newsletter RTL info pour suivre toute l'actualité au quotidien

S’abonner à la Newsletter RTL Info

Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires.
Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Signaler un commentaire

En Direct
/